Le grand récap’ – naturaliser la morale – morale #8

187 lectures. Publié le 26 February 2020 par dans la catégorie Coopération, Psychologie évolutionnaire

Le grand récap’ – naturaliser la morale – morale #8

Pour ceux qui préfèrent le texte, transcription de la vidéo : 

Et c’est parti pour un grand résumé de tout ce qu’on a vu.

Bien que dans le langage courant le mot “morale” soit souvent associé à la religion, la culture
ou l’éducation, je vous ai présenté dans une première vidéo les données qui font penser
que l’humain pourrait déjà être à la naissance biologiquement pré-câblé pour devenir moral.
Des jugements moraux qui apparaissent très tôt chez l’enfant, des régularités morales universelles, des bases génétiques probables, une distinction entre normes conventionnelles et
normes morales, des jugements produits de manière rapide, automatique et inconsciente, font
penser qu’on pourrait bien avoir dans le cerveau un *sens* moral, un équivalent du sens du goût
ou de l’odorat mais pour la morale, qui nous permet de produire des jugements moraux intuitivement – c’est pour ça qu’on parle beaucoup d’intuitionnisme en ce moment en psychologie
morale.

Mais s’il existe un sens moral évolué biologiquement dans l’espèce humaine, et qu’il est
donc universel comme le sens du goût, comment expliquer que les jugements moraux soient
si variables de par le monde ? Dans la vidéo 3, je vous ai montré pourquoi la variabilité des
comportements moraux n’était pas un problème pour les biologistes. Je vous ai présenté deux
explications parmi d’autres. La première, c’est que le sens moral serait un algorithme, un
programme cognitif qui fonctionne à partir d’entrées pour produire des sorties, ce qui explique
qu’on puisse observer des sorties différentes quand les entrées qui sont fournies sont différentes, dans des cultures différentes par exemple. La deuxième, c’est que le sens moral n’est pas le
seul algorithme qu’on a dans la tête, le sens moral est en compétition avec tout un tas d’autres
algorithmes qui régulent le comportement humain. Supposer des bases biologiques à la morale
ne condamne donc pas à avoir une vision idéalisée et naïve du comportement humain.

L’importance des entrées du sens moral pour déterminer ses sorties explique aussi pourquoi
on a besoin de disciplines comme l’histoire, la sociologie et l’ethnologie pour expliquer le comportement humain. Le programme naturaliste n’est pas réductionniste, il a conscience qu’il se
passe des choses en-dehors du cerveau humain. Mais cela ne doit pas empêcher les biologistes
qui le veulent d’étudier uniquement ce qui se passe dans le cerveau, d’étudier l’algorithme moral
en lui-même, d’étudier la logique universelle du sens moral.

Ceux qui acceptent que la probabilité d’un sens moral évolué biologiquement est non nulle
doivent ensuite se poser la question de savoir comment un algorithme si coûteux aurait pu
être sélectionné au cours de l’évolution, les comportements moraux étant très souvent des
comportements qui vont à l’encontre de l’intérêt personnel. Dans la vidéo suivante, je vous ai
présenté les hypothèses des biologistes sur les origines évolutionnaires d’un sens moral.
Certains biologistes pensent que le sens moral serait coûteux aujourd’hui mais qu’il aurait été
bénéfique dans le passé, en particulier parce qu’il bénéficiait aux proches. D’autres biologistes
pensent qu’il n’existe pas vraiment de sens moral à part entière, et que ce qu’on appelle “morale” serait simplement la somme de dispositions cognitives telles que la sympathie, l’empathie, le dégoût, etc. D’autres encore pensent que la morale a évolué par sélection de groupe culturelle,
c’est à dire que les groupes les plus moraux dans le passé ont survécu plus facilement face aux
groupes les moins moraux. D’autres enfin pensent que la morale a été bénéfique non pas aux
groupes mais aux individus directement, car les individus les plus moraux se voyaient offrir
plus d’opportunités de coopération. Le débat sur les origines évolutionnaires de la morale fait
encore rage aujourd’hui et chaque théorie a des avantages et des inconvénients.

On a vu aussi dans cette vidéo que l’idée d’une morale bénéfique au niveau évolutionnaire
est compatible avec l’idée d’une morale désintéressée au niveau psychologique. Adopter une
perspective évolutionnaire permet donc de ne pas avoir à choisir entre Hobbes et Rousseau,
la morale peut être à la fois désintéressée au niveau psychologique et intéressée au niveau
évolutionnaire.

Tout ça m’a amené à vous présenter l’hypothèse sur laquelle j’ai travaillé pendant ma thèse,
qui se classe parmi les hypothèses qui pensent qu’il existerait bien un sens moral à part entière, distinct de l’empathie / la sympathie / le dégoût etc, et un sens moral qui serait directement
bénéfique aux individus. En particulier, notre hypothèse postule que le sens moral serait un
algorithme dont la fonction évolutionnaire est de rembourser les coûts d’opportunités qu’on fait
payer aux autres quand ils coopèrent avec nous, et d’éviter que nos propres coûts d’opportunité
ne soient pas remboursés. Je vous ai montré comment un paquet d’expériences et de principes
classiques en philosophie morale pouvaient être réinterprétés en termes de coûts d’opportunités,
et comment cette théorie faisait le pont entre la biologie de l’évolution et le contractualisme en philosophie.

Je vous ai ensuite parlé du Big Boss de la philosophie morale, l’utilitarisme, et de ce qu’on
pouvait en dire d’un point de vue cognitif. L’utilitarisme, s’il est très satisfaisant sur le plan
théorique, devient vite contre-intuitif quand on essaie de le mettre en pratique. On a vu que
les jugements utilitaristes pouvait se comprendre comme des jugements réflexifs, par opposition
aux jugements intuitifs de notre morale de tous les jours. C’est là aussi où on a vu qu’il n’y a
en théorie aucune obligation d’obéir à notre morale intuitive, à la morale qui nous a été donnée
par l’évolution, et qu’il est parfaitement possible de suivre une morale réflexive qui entrerait
en conflit avec notre morale intuitive. On a quand même vu que suivre cette voie pouvait vite
amener à des comportements que la plupart des gens qualifient de monstrueux.

Enfin, on a vu ce que ces approches biologiques de la morale pouvaient dire de la question
du réalisme moral et de l’existence d’une morale objective dans l’univers. Il y a un sens à dire
qu’il existe une telle chose qu’une morale objective dans l’univers, dans le sens où les stimuli que
l’algorithme moral a évolué pour repérer dans l’univers continueront d’exister que cet algorithme
moral existe ou non, de la même façon que la longueur d’onde du rouge continuera d’exister
même si on supprimait d’un coup toutes les paires d’yeux de l’univers.
Et nous voilà maintenant arrivés au terme de cette série. Voilà comment des chercheurs
essaient aujourd’hui de naturaliser la morale, c’est à dire d’expliquer la morale avec les lois de la physique, de la chimie et de la biologie, et rien d’autre, pas de Dieu, pas de génie, pas d’essence surnaturelle.

On en a parcouru du chemin ensemble, mais malgré ça vous ne devez considérer
cette série que comme une introduction au sujet, et encore une introduction pas complètement
impartiale. Même si j’ai essayé de vous faire faire un tour d’horizon du sujet, et de ne pas vous
présenter que mes hypothèses de recherche, les divergences d’avis entre chercheurs sont telles à
ce jour qu’il est très difficile de faire une synthèse impartiale.

Si vous avez les idées moins claires sur la morale maintenant qu’au début de cette série,
ne vous inquiétez pas c’est tout à fait normal. Ce graphique humoristique reflète assez bien
les étapes par lesquelles on passe quand on découvre un nouveau sujet. Au début, on s’étonne
du fait qu’il y ait une question à se poser, qu’on puisse faire de la recherche sur un tel sujet.
Ensuite en se basant sur ses intuitions on a l’impression qu’on a déjà tout compris. Ensuite
en creusant un peu on commence à douter de ses certitudes. Ensuite on désespère de pouvoir
un jour y comprendre quelque chose. Et enfin, petit à petit, on commence à y voir plus clair
tout en reconnaissant la complexité du sujet. Y’a aussi des crevasses qui sont pas représentées,
parfois on tombe dans une crevasse et on a beaucoup de mal à en ressortir, faites gaffe de pas
vous retrouver piégé un jour, j’ai des amis qui ne sont jamais ressortis.

En tout cas moi, si j’avais pu vous emmener à un de ces quatre points-là, j’aurais déjà
gagné mon pari. L’important pour moi était plus de vous montrer la complexité du sujet et
d’illustrer ce qu’est pour moi une théorie du comportement humain qui a de la gueule. Pour
moi, une théorie *descriptive* de la morale, ça ne peut pas venir d’un philosophe qui travaille
dans son coin, ou d’un sociologue, d’un anthropologue, d’un biologiste qui travaillent dans leur
coin. Pour moi, une théorie de la morale, et même n’importe quelle théorie descriptive du
comportement humain, ça devrait être une théorie multidisciplinaire, qui fait la synthèse de
résultats dans des domaines différents et qui essaie de voir comment les problèmes rencontrés
par certaines disciplines peuvent être résolus par d’autres disciplines. Vous avez vu qu’au
cours de cette série, on a été amenés à parler de philosophie, de biologie, d’anthropologie,
d’économie, de psychologie, de développement de l’enfant, de modélisation… On aurait pu
rajouter de l’éthologie, dont je n’ai pas parlé parce que j’ai déjà fait une vidéo sur la morale des
animaux, que je vous recommande en complément si vous ne l’avez pas déjà vue. On aurait pu
aussi parler de politique, ce que je n’ai pas fait pour ne pas perdre des militants en route. Et
on aurait pu rajouter des neurosciences ou de la théorie des jeux, dont je n’ai pas parlé parce
que ça devient vite technique. Au passage, on m’a reproché en commentaire que ces théories
manquaient de maths et d’un cadre formel, mais sachez que quasiment toutes les théories en
biologie de l’évolution sont basées sur des modèles mathématiques et de la théorie des jeux
en particulier. Je ne vous l’ai pas présenté parce que je trouvais pas ça intéressant dans une
perspective de vulgarisation, mais je mets des réfs en description pour ceux que ça intéresse.
Mais pour revenir à cette interdisciplinarité, je pense qu’on a grand besoin de synthèses
interdisciplinaires pour étudier le comportement humain, et cet esprit de synthèse interdisciplinaire,
il est assez dur à trouver. Je l’ai pas mal cherché pendant mes études, et là où je l’ai
le plus trouvé, c’est dans une école de pensée qu’on appelle la psychologie évolutionnaire, qui
essaie de faire la synthèse de plein de champs différents. Si vous avez trouvé mieux, laissez un
petit commentaire je suis curieux de savoir. En tout cas moi c’est pour cette interdisciplinarité
que j’ai décidé de consacrer trois ans de ma vie à cette école de pensée, et c’est pourquoi je
la conseille à tous les étudiants qui se destinent à la recherche sur le comportement humain.
J’aurai l’occasion de vous reparler de ça bientôt.

J’ai essayé aussi de vous montrer comment une discipline en particulier parmi toutes ces
disciplines, la biologie de l’évolution, pouvait nous aider à comprendre le comportement humain.
La biologie de l’évolution, c’est une discipline qui donne du sens, c’est une discipline qui donne
du sens à toute la biologie comme le dit la célèbre citation de x, et elle donne aussi du sens
au comportement humain en particulier. Pourquoi ? Parce que c’est une discipline qui a
un cadre théorique très bien en place, et c’est justement de ça qu’on manque en sciences
du comportement, on manque de théories cohérentes. On a vu par exemple que la biologie de
l’évolution nous permettait de comprendre comment la morale pouvait être à la fois désintéressée
et égoïste. On s’est servis de ce qu’on appelle la distinction entre causes ultimes et proximales
du comportement, qui est une distinction qui existe depuis des dizaines d’années en biologie
de l’évolution. Pour rappel, les causes proximales, c’est ce qui se passe dans le cerveau, et les
causes ultimes, c’est ce qui passe au niveau évolutionnaire. À la question “Pourquoi les humains
sont moraux?”, on peut répondre “parce qu’ils sont équipés d’un sens moral qui les pousse à se
comporter ainsi”, c’est l’explication proximale, ou on peut répondre “parce que se comporter
de façon morale a permis de ne pas se faire exclure de la coopération au cours de l’évolution”,
qui est une explication évolutionnaire. Ces deux explications sont toutes les deux valides et
complémentaires.

La biologie ou les sciences cognitives nous permettent aussi d’expliquer pourquoi on a
l’impression que la morale nous est donnée, qu’elle est extérieure à nous : c’est parce qu’elle est
en grande partie intuitive, c’est à dire produite de manière automatique et inconsciente par un
sens moral qui ne nous fournit que le résultat de ses calculs, tout comme les sens du goût ou de
la vision ne nous disent pas quels calculs ils font pour traiter les stimuli qui leur parviennent.

On comprend mieux aussi pourquoi les jugements moraux peuvent varier parfois très rapidement
: c’est parce qu’ils sont probablement produits par un algorithme qui fait des calculs à
la volée à partir de données changeantes. Les jugements moraux ne sont très probablement pas
sortis tout beaux tout frais de notre mémoire, ni sortis d’un catalogue de règles internalisées
depuis longtemps.

On comprend aussi pourquoi chacun d’entre nous peut sentir à l’intérieur de lui une tension
entre différents types de morale, être attiré par différents types de morale : c’est parce que dans
notre cerveau peuvent coexister une morale intuitive avec une ou plusieurs morales réflexives,
qui sont produites par des algorithmes qui ont évolué pour différentes raisons.
À retenir aussi de cette série, très important, la distinction entre descriptif et normatif.
Quand dans un prochain débat alcoolisé de fin de soirée, quelqu’un vous dira “la morale, c’est
ça”, demandez-lui s’il est en train de décrire ce qu’il se passe dans la tête des gens, ou s’il décrit
comment les gens devraient se comporter. Vous verrez qu’en plus de clarifier les choses, vous
vous ferez beaucoup moins inviter en soirée par la suite.

Et puis n’oublions pas la distinction qu’on a faite entre différentes définitions de la morale,
est-ce que quand on utilise le mot “morale” on parle de l’algorithme moral en lui-même, ou des
calculs que fait l’algorithme, ou des jugments que produit l’algorithme, ou des comportements
basés sur ces jugements, ou des règles morales de notre culture ? Quand je vous disais que
vous aviez la même morale que Trump par exemple, rappelez-vous que je ne disais pas que
vous aviez les mêmes jugement moraux que Trump, mais que vous aviez le même algorithme,
le même sens moral.

J’insiste aussi sur le fait que toutes ces recherches ne vont pas forcément nous aider en
pratique à régler des questions morales. D’abord parce qu’on n’est pas obligés de suivre la
morale dont l’évolution nous a doté, mais aussi parce que même si un jour on décidait de
transformer une théorie descriptive en théorie normative, c’est à dire qu’on décrétait que ce
qui est moral de faire c’est ce que notre sens moral a évolué pour faire, on aura besoin de tous
avoir les mêmes informations et croyances sur le monde pour arriver à tomber d’accord. Ces
informations n’étant pas inclues dans une théorie de la morale, on n’est pas prêts d’arrêter de
se chamailler.

Prenez le coût de la vie par exemple. Comment évaluer les coûts d’opportunité d’un meurtre
? Combien ça vaut une vie humaine ? 100 000 euros ? 1 million ? 100 millions ? Les malheureux
qui ont dû s’essayer à ce calcul sont arrivés à des estimations qui varient de plusieurs ordres de
grandeur.

Ou prenez le désaccord sur l’origine de la pauvreté, dont je vous ai parlé dans l’épisode 2.
Comment savoir si un pauvre est pauvre parce qu’il est fainéant ou s’il est pauvre parce qu’il
n’a pas eu de chance dans la vie ? Bon courage pour répondre à cette question.

Ou prenez la date limite d’IVG. À partir de quel moment un foetus est un être vivant,
jusqu’à quand il reste un tas de cellules ? À nouveau, bon courage pour y répondre.

S’il y a bien une chose que j’ai apprise en étudiant la morale, c’est qu’il est facile de faire
varier les jugements moraux des gens en ne changeant que très peu les informations qu’on leur
donne. Et pourtant, ce qu’on a l’habitude de faire quand on est incapable de comprendre les
jugements moraux de nos interlocuteurs c’est de douter carrément de l’existence-même de leur
morale. Quand quelqu’un nous dit quelque chose d’inacceptable, on a tendance à en conclure
que cette personne est immorale. On a tendance à se dire qu’elle défend égoïstement les intérêts
de sa petite personne ou de son groupe. Et c’est vrai que c’est une possibilité, il y a des gens
qui n’en ont rien à foutre des autres et qui défendent leurs propores intérêts avant tout. Mais
avant de condamner ad eternam votre interlocuteur, pensez à ce bon vieux Homo Fabulus et
ses idées loufoques sur l’existence d’un sens moral universel, et considérez un instant que votre
interlocuteur puisse être réellement motivé par la même chose que vous, vivre dans un monde
plus juste. Peut-être que vous voulez tous les deux la même chose mais que vous n’avez pas
accès aux même informations que lui. Ni rire ni pleurer mais comprendre, ou plus exactement,
rire et pleurer, mais seulement après être sûr d’avoir compris.

Enfin, n’oubliez pas que ce n’est pas parce que j’ai beaucoup étudié le sujet de la morale
que mon avis a plus de valeur que celui d’un autre. Donc vous pouvez oublier tout ce que je
viens de dire.

Je m’arrête là. Pour finir, je vous avais dit dans la vidéo précédente que j’avais une question
à vous poser, et cette question la voici : on m’a donné l’opportunité d’écrire un petit livre
sur l’évolution de la morale, et je voulais savoir s’il y avait parmi vous de l’intérêt pour que
j’écrive un tel livre. Sachant que si j’écrivais ce livre son contenu serait quasiment le même
que celui de ces vidéos, vous apprendriez pas grand-chose. Sûrement que je développerais un
peu certains points, que j’en retravaillerais d’autres, mais vous pouvez vous attendre à 70-80
% de copier-coller, je préfère que ce soit clair entre nous. Le but pour moi ce serait surtout de
pouvoir toucher d’autres publics, que vous puissiez offrir ce bouquin à vos grands-parents ou
d’autres gens qui ne traînent pas sur Youtube. Donc voilà je suis curieux de savoir si ça vous
intéresse, parce que j’ai pas envie de passer plusieurs mois sur un livre qui finira par moisir
dans l’arrière-boutique d’un libraire, et si ça vous intéresse dites-moi s’il y a des points que vous
aimeriez voir aborder plus en détail dans le livre, des trucs dont je n’ai pas parlé dans les vidéos
ou sur lesquels je suis passé vite. Si jamais il y a assez de questions j’en ferai même peut-être
une vidéo FAQ, mais pas tout de suite, parce qu’il est temps de parler un peu d’autres sujets,
ras-le-bol de la morale.

Une réaction à “Le grand récap’ – naturaliser la morale – morale #8”

  1. Rimbaud

    29 Mar 2020

    à 17:48

    Rappelons encore qu’une morale est, comme le dit son étymologie, ce qui régit les moeurs. C’est à dire un ensemble de conventions sociales, constituant une doctrine propre au fonctionnement d’un groupe social. Il y a donc autant de morales que de sociétés.
    Il semble s’agir, à l’évidence, d’un trait évolutionnaire des espèces sociales, acquis par sélection de groupe. On peut postuler que la propension d’un individu à s’affranchir des règles de sa communauté réduit son potentiel reproductif.
    Se pose alors la question de savoir si l’évolution a conféré au genre humain un fondement génétique commun à toutes les morales, malgré leur surprenante diversité. Il semble bien que toutes les communautés humaines, aussi variées soient-elles, se réfèrent néanmoins à quelques valeurs fondamentales plus ou moins similaires et plus ou moins prépondérantes. Il s’agirait là d’un fondement anthropologique commun à toutes les morales, remontant à l’origine de la spéciation.
    Ce solide invariant de la pensée, qui transcende toutes les morales, serait ce qu’on peut appeler l’éthique humaine – elle-même un trait évolutionnaire (sinon le fruit d’une création divine !).
    Pierre Rimbaud

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