Les macaques mâles aussi préfèrent jouer aux petites voitures !

9444 lectures. Publié le 17 November 2012 par dans la catégorie Parentalité, Société

Les macaques mâles aussi préfèrent jouer aux petites voitures !

J’étais tranquillement en train d’offrir à mes oreilles un délice sensoriel en leur faisant écouter le dernier épisode de podcast science, quand j’entendis une de ces phrases qui ont le pouvoir de me faire sortir de ma torpeur auditive.

David je crois commence les hostilités :

“Mais sinon le problème [du peu de] femmes dans la vulgarisation scientifique, [...] j’ai peur que ce soit une construction malheureuse [...] qu’on est en train de changer c’est le fameux coup du garçon à qui on donne des legos et de la fille à qui on donne des barbies et on voit que toutes les filles à qui on donne des legos kiffent [ah mais quel langage décidément rien ne vaut la vulgarisation écrite] autant les legos qu’un mec.”

Un peu plus loin Florence renchérit qu’

“il n’y a aucune raison qu’il y ait cette différence de ratio hommes/femmes”

avant qu’Alan ? ne suggère qu’il y a

plein de recherche en psychologie sociale qui tend à montrer que c’est un conditionnement social.

(tout ça autour de 13:50).

Disons-le tout de suite, je n’entends pas dans ce billet expliquer la “vraie” origine des différences de ratio hommes/femmes en sciences et dans d’autres activités professionnelles, problème multifactoriel à coup sûr. Je veux juste remettre en question l’idée que des préférences d’activité différentes chez les hommes et chez les femmes devraient entièrement trouver leur source dans le conditionnement social et culturel. Je sais, ce serait pourtant l’explication politiquement correct, et moralement satisfaisante, l’explication qui nous arrange tous. Mais ne vous inquiétez pas, ma conclusion sera comme d’habitude nuancée.

Le sujet du jour, pour reprendre l’exemple de David, sera “les préférences de jouets pendant l’enfance”. Est-il vrai que si différences de jouets utilisés il y a, elles ne sont que le résultat de ce que les parents imposent à leurs enfants ?

Préférences de jouets chez les enfants

Il existe par exemple cette étude qui montre que chez des enfants de 12, 18 et 24 mois, les filles ont tendance à regarder plus longtemps des images de poupées qu’on leur présente que les garçons, et les garçons au contraire regardent plus longtemps des images de voitures que les filles (la couleur, la forme et la brillance des images étaient contrôlées). Attention néanmoins, première information qui montre que tout n’est pas tout noir/ tout blanc : à 12 mois, si les garçons préfèrent les voitures plus que les filles, ils préfèrent malgré tout les poupées aux voitures ! Ce n’est que plus tard, à 18 et 24 mois qu’ils se mettent à préférer les voitures.

jouets pour garcon et jouets pour filles

Très bien mais même à 12 mois, on pourrait toujours dire que la pression sociale s’est déjà exercée, et que les différentes préférences viennent de là. Le seul moyen d’être sûr qu’aucune pression sociale ne s’est exercée ce serait de faire des mesures avant la naissance. Et c’est possible grâce aux mesures hormonales : la quantité de testostérone présente dans le sang de 337 femmes enceintes s’est révélé être un bon prédicteur des préférences de leurs filles pour des jouets de garçons, à l’âge de trois ans et demi ! Ce même niveau de testostérone n’était par contre pas un bon prédicteur pour les activités des garçons. D’autres facteurs relevés comme le nombre de frères et soeurs à la maison, la présence d’un homme au foyer, l’adhésion à des valeurs traditionnelles sur l’éducation des enfants ne se sont pas révélés plus pertinents. Un premier argument donc qui semblerait montrer que le biologique a son mot à dire pour influencer les préférences de jouets chez les enfants.

Toujours à propos d’hormones, nous savons également maintenant que des jeunes filles atteintes d’hyperplasie congénitale des surrénales, trouble génétique dans lequel elles auront été en tant que foetus exposées à des concentrations anormalement élevées d’androgènes (des hormones masculinisantes), passeront plus de temps à jouer avec des jouets masculins et moins de temps à jouer avec des jouets féminins que les filles-contrôle, ne possédant pas cette maladie ! Et ce n’est pas un résultat anecdotique que je suis allé vous dénicher derrière les fagots mais un résultat extrêmement robuste et répliqué de nombreuses fois, dernière en date ici, qui montre à nouveau un rôle du biologique dans l’établissement de préférences pour les jouets.

Préférences de jouets chez les primates

Allons encore plus loin pour essayer de s’extraire du conditionnement culturel humain ! Que se passe-t-il chez les primates non-humains, pour le coup complètement exempts de pressions sociales à utiliser un certain type de jouet, mais avec qui nous partageons tout de même une grande partie d’histoire évolutive ?

singe joue à la voiture

Une photo tirée de l’expérience

Chez le singe vervet, les mêmes préférences que chez les humains sont retrouvées. Le temps de contact avec une balle et une petite voiture est significativement plus élevé chez les mâles que chez les femelles, tandis que le temps de contact avec une poupée et un pot est significativement plus élevé chez les femelles que chez les mâles.

Cette première étude de 2002 fut accueillie avec scepticisme (à raison, à la lecture de l’article, plusieurs problèmes méthodologiques peuvent être soulevés) mais vla-t-y pas que six ans plus tard elle est reproduite plus rigoureusement sur des singes rhésus. A nouveau, les singes mâles montrent des préférences plus fortes pour les jouets à roues, tandis que les femelles montrent une plus grande variabilité dans leurs préférences (jouets à roues et peluches).

Une vidéo en anglais sur cette expérience : http://www.newscientist.com/video/1489847316-male-monkeys-prefer-boys-toys.html

Est-il possible d’expliquer ces différences d’intérêts dans des jouets ?

roue voiture

Une bonne vieille roue y’a pas à dire c’est quand même mieux qu’une poupée barbie.

Serait-ce que l’intérêt des femelles pour les voitures est restreint car elles seraient plus enclines naturellement à être sociales et maternelles ? Cette hypothèse, même s’il est politiquement incorrecte, doit être envisagée : nous faisons de la science et pas de la politique. Mais rassurez-vous, elle ne colle pas tellement avec les dernières données, dans lesquelles les femelles jouent autant avec des jouets mous et des jouets durs à roues, tandis que ce sont les mâles qui eux préfèrent uniquement les jouets durs à roues. Les femelles aiment de tout, les mâles ont des préférences plus restreintes.

Peut-être alors qu’il serait plus utile d’étudier les caractéristiques précises qui font qu’un jouet plaît plus aux mâles ? Par exemple, seuls les jouets à roues possèdent un mouvement interne, or un intérêt pour les objets en mouvements semble se développer très tôt chez les mâles, avec les garçons montrant une préférence pour le mouvement mécanique tandis que les filles préfèreraient le mouvement biologique.

Bref, on est encore dans le flou, et les explications de ces différences de préférences restent encore à trouver… Ce qui est sûr, c’est que le biologique a son rôle à jouer !

Et après…

Evidemment, par dessus ces préférences biologiques s’inscrit un processus de socialisation fort : depuis des dizaines d’années on sait que les pères ont tendance à donner moins de poupées à leurs fils qu’à leurs filles, que les environnements créés à la maison sont différents pour les garçons et les filles… Aucun scientifique sérieux ne contesterait cela. Mais si vous vous en tenez à ces explications, vous serez dans l’incapacité d’expliquer tous les résultats mentionnés ci-dessus… Pourquoi les hormones ont un pouvoir prédicteur si grand ? Pourquoi les macaques mâles préfèrent jouer aux petites voitures ? La société, si elle permet d’expliquer beaucoup de choses, ne permet pas d’expliquer cela !

Et si j’étais parvenu à vous faire changer d’avis cher lecteur, à vous convaincre de ces bases biologiques, je m’arrêterais là satisfait sans même chercher d’explications adaptatives à ces différences, c’est à dire de raisons qui permettraient de dire “ces différences de préférences pour des jouets ont pu procuré un avantage adaptatif à nos ancêtres au cours de notre histoire évolutive, pour telle ou telle raison”. Je ne parlerais pas non plus de l’importance du jeu dans le développement de l’enfant. Ni de l’importance évolutionnaire du jeu dans différentes espèces animales. Non non, je ne parlerais pas de tout ça.

père et fils jeux vidéos

Quelle responsabilité parentale dans les goûts des enfants ?

Voilà ce que j’avais à dire ! Et sinon : ce sujet a été traité très récemment par la bouffée d’oxygène Peggy Sastre et le renommé Pierre Barthélémy, mais vu le nombre de commentaires aigris sur le billet de ce dernier, je me suis dit que ça ne pourrait pas faire de mal d’en remettre une couche. Sans compter la provocation de l’équipe de Podcast Science, que je remercie de m’avoir motivé à écrire un article que je voulais faire depuis longtemps !

Anticipation de commentaires :

  • je ne suis pas machiste
  • rapporter des anecdotes de votre enfance de garçons voulant jouer avec des jouets de filles et vice-versa n’invalide pas les résultats ci-dessus. Je ne m’intéresse ici qu’aux moyennes, pas à la variabilité interindividuelle.
  • le fait que certaines préférences de garçons pour des jouets féminins semblent s’estomper avec le temps n’est pas forcément la preuve d’un processus de socialisation à l’oeuvre, comme on l’infère souvent. Il peut s’agir du développement biologique normal de ces préférences : ce n’est pas parce que les bébés n’ont pas toutes leurs dents à la naissance que vous pouvez conclure que l’acquisition des dents est un phénomène culturel.
  • même si le conditionnement social et culturel est avéré, il reste très difficile à interpréter du fait de nombreuses interactions gènes/environnement : et si les pères encourageaient leurs fils à jouer au mécano non pas parce qu’ils ont été formatés ainsi par la société, mais parce que les pères ont eux-mêmes de telles préférences biologiques ? Comment remonter à la vraie source de ces préférences ?

 

À emporter

  • Même chez les très jeunes enfants, pour lesquels la contamination culturelle est limitée, les garçons préfèrent jouer à des jeux typiquement décrits comme masculins.
  • Les hormones pré-natales auxquelles est en contact un foetus jouent un rôle important dans la détermination des préférences et activités post-natales.
  • Déjà deux types de primates non-humains sont connus pour avoir les mêmes préférences que les humains : les mâles préfèrent les jouets durs à roues aux jouets plus mous.
  • Ce qui ne veut pas dire que ces préférences sont entièrement déterminées biologiquement, mais le biologique a certainement un rôle à jouer...

Pour approfondir...

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16 réactions à “Les macaques mâles aussi préfèrent jouer aux petites voitures !”

  1. Sirtin

    18 Nov 2012

    à 14:26

    Donc les cuisinières à roue en plastique dur sont préférés par les garçons ?
    ;)

    Mouais pour l’indicateur des hormones, pas sûr que ce soit déterminant comme critère…

    Je reste méfiant sur tout ce qui touche au genre masculin/féminin car ça vire trop souvent au foutoir et interprétations personnelles. Il n’y a qu’à lire des livres comme “cerveau, sexe et pouvoir” pour s’en apercevoir que les études scientifiques n’échappent à la règle : http://www.sirtin.fr/2007/11/05/cerveau-sexe-et-pouvoir/

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    • Alexis Mandre

      19 Nov 2012

      à 14:26

      Je ne suis pas convaincu par Catherine Vidal. Bien que je n’ai pas lu son livre, j’ai assisté à certaines de ses conférences et j’ai l’impression qu’au contraire, c’est bien elle qui surfe sur un courant à la mode d’égalitarisme entre hommes et femmes pour vendre ses idées. Vrai, il existe des “neuromythes” largement répandus dans le public, notamment en ce qui concerne les différences hommes-femmes. Mais de là à récuser toute différence cognitive hommes-femmes… je serais bien curieux de savoir ce qu’elle pense des expériences de cette page, publiées dans de bons journaux scientifiques.

      Tu dis “pas sûr que ce soit déterminant”, si tu veux dire que la société joue un rôle en plus des hormones on est entièrement d’accord. N’empêche que les résultats sont là pour les hormones aussi, et il n’y a aucune “interprétation personnelle” là-dedans.

      Les gens sont facilement prêts à accepter des différences hommes/femmes en terme de physique ou physiologie, mais dès qu’on passe au cerveau alors là plus rien ? Et pour quelles bonnes raisons ? Le cerveau est un organe avec ses spécificités certes (notamment plasticité) mais tout de même soumis à sélection naturelle et donc possiblement formé de manière différente en fonction de pressions de sélections différentes !

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  2. Xochipilli

    18 Nov 2012

    à 14:26

    Ce n’est pas tellement l’explication hormonale qui me dérange (“the testosterone thing” que tous parents constatent très vite chez leurs garçons), ce sont plutôt les désespérantes tentatives d’explications psycho-évolutives, du genre “la sélection naturelle a privilégié les garçons ayant ce type de préférence parce que [mettez ici l'hypothèse la plus farfelue qui vous passe par la tête].”
    Il serait sans doute plus sage d’admettre que ce type de préférence serait simplement un effet collatéral des différences hormonales…

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    • Alexis Mandre

      19 Nov 2012

      à 14:26

      Pour les explications évolutionnaires intempestives, on est bien d’accord. Remarque que dans cet article je n’en ai pas avancé que je n’aie réfuté ensuite, et pour cause, les seules expés présentes sur cette page ne permettent pas de déterminer l’origine évolutionnaire, si elle existe, de ces comportements. Mais ce devrait être possible dans de nouvelles expériences ! C’est pourquoi ça ne me dérange pas d’avancer des hypothèses ainsi, dans les papiers scientifiques elles sont souvent présentes en discussion à la fin de l’article, et les médias font l’erreur de les présenter comme certaines.

      On spécule couramment sur de possibles explications évolutionnaires de comportements en écologie évolutive et comportementale, et tant que cela porte sur des fourmis ou des moineaux cela ne pose pas de problèmes. Et voilà que dès que l’on passe à l’Homme des voix s’élèvent dans tous les sens…

      Pour ta dernière remarque, tu voudrais dire que l’association hormones mâles-préférences mâles n’est que le produit d’une dérive génétique ? Ca ne me semble pas l’explication la plus probable pour moi…
      Merci du com!

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  3. Xochipilli

    19 Nov 2012

    à 14:26

    @Alexis: ces explications psycho-évolutives me chiffonnent aussi bien pour les bébêtes que pour les hommes (voir par exemple ces amusantes tentatives d’expliquer par l’évolution de la polygénie des éléphants de mer, ici).
    Non, je ne suggère pas de dérive génétique, simplement que ces préférences de comportement sont des effets collatéraux des différences hormonales (qui elles, ont sans doute des origines évolutives plus évidentes).

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    • Alexis Mandre

      19 Nov 2012

      à 14:26

      Pourquoi pas, mais j’ai un peu de mal à voir comment tu distingues les effets des hormones qui ont été sélectionnés en tant que tels et les effets qui ne sont que des effets collatéraux.

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  4. Xochipilli

    19 Nov 2012

    à 14:26

    Un bon exemple: celui de la hyène sur lequel j’ai écrit un billet il y a longtemps (ici)

    On peut supposer que la sélection naturelle n’a fait que favoriser l’abondance de testostérone chez les tout premiers mammifères (puisqu’on retrouve ce trait aujourd’hui encore chez tous les mammifères) et rien de plus. Parce qu’elle rendait les mâles plus puissants? On n’en sait rien. Toujours est-il que cette particularité a pu favoriser des comportements très différents chez les mâles des différentes espèces de mammifères. Comportements qui n’ont donc rien de forcément très adaptatif, mais il a bien fallu faire avec…

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    • Alexis Mandre

      20 Nov 2012

      à 14:26

      Je vois mieux ce que tu veux dire, mais tout de même, pour l’exemple de la hyène, je ne vois pas pourquoi Gould peut dire que l’utilité du rituel de rencontre n’est qu’une “seconde adaptation” par rapport à d’autres “vraies” adaptations qui seraient apparues plus tôt. Quels critères à nouveau ?

      De plus, pourquoi la sélection naturelle aurait-elle lié testostérone et préférences pour jouets ? Evidemment il existe des contraintes développementales qui font que le vivant n’est pas entièrement flexible, mais dans le cas des préférences pour les jouets chez les mâles je me pose sérieusement la question de pourquoi ne pas avoir brisé ce lien avec les hormones s’il n’entraîne aucun avantage adaptatif (il ne resterait que la dérive).

      Enfin, je te trouve pessimiste sur nos capacités à tester les hypothèses évolutionnaires. Tu dis “Parce qu’elle rendait les mâles plus puissants? On n’en sait rien.”, mais il suffit de mesurer les taux de testostérone des mâles gagnants de combats pour s’apercevoir qu’ils ont un taux de testostérone plus élevé que les perdants. A partir de là, on peut être sûr que la testostérone possède cet avantage adaptatif pour le combat, et peu importe qu’elle ait été sélectionné pour ça en premier lieu ou pas. Ce sont deux questions différentes en fait, mais moi la question de l’avantage évolutif m’intéresse plus que la question du sélectionné pour ça ou pas à la base.

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      • Xochipilli

        20 Nov 2012

        à 14:26

        Pour répondre à ta question sur les hyènes, on constate que les rituels ne sont pas un critère évolutifs satisfaisants car les traits qu’ils sont censés expliquer existent aussi chez des populations n’ayant pas ce type de rituel. Et ce type d’exceptions existe toutes les fois qu’on essaie d’expliquer un trait par un comportement. Je t’invite à lire ou relire “le pouce du Panda” de Gould, qui détaille cette question des exaptions. Le principe de parcimonie incite donc à la prudence pour ce genre de démarche et ça répond aussi à ton troisième point.

        Sur le second point (“pourquoi la sélection naturelle aurait-elle lié testostérone et préférences pour jouets”): la sélection naturelle n’a pas les pleins pouvoirs! Elle est soumise aux lois de la génétique, de la physique, de la biologie. Contrairement à ce que Dawkins pourrait laisser entendre, ce n’est donc pas un horloger minutieux qui ajusterait patiemment chacun des rouages de notre comportement/morphologie pour la bonne raison que beaucoup de ces rouages sont liés entre eux. En privilégiant un trait qui apporte un avantage vital, la sélection naturelle apporte avec ce trait tout un lot d’effets secondaires sur lesquels elle n’a pas la main. Et ces traits étant ce qu’ils sont (ni optimaux, ni délétères) les êtres vivants adaptent leur comportement pour en tirer parti au maximum… Cette “plasticité du vivant” est aux antipodes de la vision déterministe du néodarwinisme classique (j’ai écrit une série de billets sur le sujet ici)

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        • Alexis Mandre

          20 Nov 2012

          à 14:26

          Il faut qu’on continue cette conversation autour d’une bière. :) Je vois qu’on relance le débat Dawkins/Gould, ce qui n’était pas le but de ce billet. Le but de ce billet était simplement de montrer que les préférences pour les jouets ne sont pas entièrement déterminées par la culture, point sur lequel on est d’accord je crois. Le caractère adaptatif de ces préférences est une autre question. Mais d’où te vient cette confiance absolue en Gould, alors que son avis est loin d’être partagé par tout le monde ?

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  5. Xochipilli

    20 Nov 2012

    à 14:26

    Je crois que ma confiance en Gould est révélatrice d’une certaine idée que je me fais de la vie, faite de hasards et d’exaptions :-) Mais tu as raison, on se racontera ça plus à l’aise autour d’une bière.!

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  6. Sirtin

    22 Nov 2012

    à 14:26

    Je crois bien que je penche davantage du côté de Xochipilli.
    Bonne idée pour la bière sauf que ce sera du cidre pour moi !
    ;)

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  7. Xochipilli

    4 Dec 2012

    à 14:26

    Voilà, en attendant la bière et le cidre (on fait ça quand?), j’ai finalement opté pour un billet complet sur tout le bien que je pense de l’adaptationnisme. C’est ici!

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  8. Alexia

    5 Jan 2013

    à 14:26

    Merci pour cet article qui est une vraie bouffée d’oxygène. Il faut absolument se libérer du “politiquement correct”, qui étouffe tout discours intéressant sur les différences de genre.

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  9. Arthur

    18 Jan 2013

    à 14:26

    Salut à tous et merci pour vos discussions intéressantes.

    Je me permets de poster un article que j’ai écrit pour un blog collectif de réflexions en tout genre qui vient de s’ouvrir.

    Je parle de la psychologie évolutionniste, je défends son intérêt pour les sciences sociales. Je tente de la défendre contre les indignations éthiques et aussi contre d’autres formes d’incompréhension.

    Si ça vous intéresse (vous serez probablement plus intéressés par la troisième partie du texte qui parle des implications éthique du déterminisme biologique) :
    http://tlpl.over-blog.org/article-la-psychologie-evolutionniste-et-sa-caricature-113765548.html

    N’hésitez pas à me commenter, critiquer, ect …

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  10. laurent

    4 Sep 2014

    à 14:26

    bravo à l’auteur pour ces précisions. ancien biochimiste je suis aussi arrivé à vos conclusions.

    mais je vais alimenter votre moulin:

    “ce n’est pas parce que les bébés n’ont pas toutes leurs dents à la naissance que vous pouvez conclure que l’acquisition des dents est un phénomène culturel”

    on sait maintenant que le cerveau de la femme est “connecté” (en simplifiant) différement de celui de l’homme par des IRM sur des sujets de 8 à 17 Ans.
    ce à quoi répondent certains lobbys: c’est du à l’influence culturelle puisque le cerveau est encore plastique à cet age. mais oui bien sur. et meme un bébé de 7 jours, on dira qu’il a été conditionné.

    ce à quoi je répond dans la meme veine que vous:
    ce n’est pas parceque cette différence est constatée plus tard qu’elle n’est pas présente avant de manière plus subtile, masquée.
    en effet, on sait qu’il y des pics d’hormones sexuelles dans le fœtus, ce qui agit dans son cerveau et a des impacts importants. et ce processus suit son cours car comme tout mamifère évolué, l’homme continue son processus de dévt initié pendant la grossesse. puis avant l’adolescence, il y a à nouveau d’autres pics importants d’hormones (avec changements morphologiques importants, ce qui a EVIDEMMENT un effet psychique sur l’enfant) qui termine ce qui a été commencé dans le fœtus.

    tout votre exemple des dents: on ne les voit pas toutes à la naissance mais elle sont là potentiellement.

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