Mon avis sur Sapiens de Yuval Noah Harari

13205 lectures. Publié le 24 February 2017 par dans la catégorie Actu, Coopération, Société

Mon avis sur Sapiens de Yuval Noah Harari

Les éditions Albin Michel m’ont envoyé un exemplaire du bouquin “Sapiens, une brève histoire de l’humanité”, écrit par Yuval Noah Harari, pour que je dise ce que j’en pense – je leur ai demandé si ma revue pouvait être critique, ils m’ont dit pas de problème (si ça n’avait pas été possible, j’aurais quand même accepté, mais uniquement avec un gros chèque, vous connaissez mon éthique). Au passage, désolé Albin Michel, vous m’avez envoyé le bouquin il y a 18 mois et ma revue ne sort qu’aujourd’hui : l’année 2016 fut chargée mais chose promise chose due quand même ! C’est foutu pour le buzz Noël 2015 par contre.

Avertissement 1 : ya un truc à gagner, lis ce billet jusqu’au bout [edit: le jeu concours est maintenant terminé] !

Avertissement 2 :
j’ai pris le parti de ne pas résumer le livre, vous trouverez des résumés un peu partout sur le web, vous pouvez commencer par celui de Wikipédia.

Avertissement 3 : désolé si cet avis vous paraît condescendant, je n’ai fait que dire ce que je pensais

Le positif

Le bouquin Sapiens est un gros succès de librairie, il a été traduit dans plus de 30 langues, ce qui est assez incroyable pour un bouquin de science. Il faut dire qu’il traite d’un sujet qui fait rêver, puisqu’il retrace l’histoire de l’espèce humaine, depuis ses terrains de chasse et de cueillette du Paléolithique jusqu’aux terrains de foot du XXIe siècle, s’autorisant même quelques paragraphes prédictifs sur notre avenir. Le livre passe en revue et fait la synthèse d’une masse énorme de données et d’idées dans des disciplines diverses comme la biologie, l’anthropologie, l’économie, l’histoire, …

Je ne peux qu’applaudir une telle entreprise de synthèse interdisciplinaire : la science du XXIe siècle fera je pense ses plus grandes avancées par l’interdisciplinarité, qui plus est sur un sujet aussi complexe que l’humain. Évidemment, le sujet du livre me passionne aussi, puisque c’est là-dessus que j’ai fait mes études, et que c’est pour en parler que j’ai ouvert ce blog. Pour l’idée du livre : super, donc. J’aurais aimé l’écrire moi-même (d’ailleurs, toutes les critiques qui vont suivre peuvent être mises sur le compte de ma jalousie et ma déception de n’avoir pas écrit ce livre le premier).

Le négatif

Je suis par contre beaucoup moins convaincu par la réalisation. Je trouve ce livre très peu scientifique dans son ensemble, pour différentes raisons :

1/ où sont les références ??? Le bouquin fait 500 pages et il doit y avoir en tout et pour tout une cinquantaine de références, alors même que des idées nouvelles sont introduites toutes les 2 lignes. Les références sont en plus très souvent des livres, qui ne sont donc pas passés par le système d’évaluation par les pairs, et dans lesquels les chercheurs prennent parfois plus de libertés dans leurs interprétations des faits. Si Harari parle de certaines choses, il les a forcément lues quelque part : pourquoi ne pas les citer dans ce cas ? Quand on est habitué aux publications scientifiques où chaque mot utilisé doit être justifié, ça choque (je ne dis pas qu’il faut aller jusque là dans un livre de vulgarisation, mais il y a un juste milieu à trouver). L’impression que ça donne ici, c’est que Harari a écrit son bouquin d’une traite et s’est dit à la fin “tiens si on rajoutait des références par-ci par-là pour que ça ait l’air sérieux ?”

2/ Yuval Harari mélange des idées qui sont assez bien acceptées par la communauté scientifique avec des idées beaucoup plus débattues, sans évidemment faire la distinction entre les deux. Par exemple, une des idées centrales de Sapiens c’est qu’on a créé les religions pour pouvoir coopérer à large échelle, c’est l’idée des Big Gods, mais c’est une idée loin d’être acceptée par tout le monde. Mais ça, si ce n’est pas dit, faut être chercheur dans le domaine pour le savoir. Ailleurs, on apprend qu'”en période faste, les femelles arrivent à la puberté plus tôt”, ah bon, il me semblait que c’était plutôt l’inverse, mais si ce n’est pas le cas partout je veux bien les références. Yen a pas ? Pas grave dans 2 minutes j’aurai oublié ce que j’ai lu de toute façon.

3/ Les explications sont assez souvent simplistes et très tranchées. Par exemple, p. 233, “L’évolution a fait de l’Homo sapiens, comme des autres mammifères sociaux, une créature xénophobe. Sapiens divise d’instinct l’humanité en deux : “Nous” et “Eux””. Au risque de me répéter : références ?

4/ Le livre est bourré de références religieuses là où on ne les attend pas, ce qui est très surprenant pour un livre scientifique. Ça m’a sauté aux yeux à la première lecture. Par exemple, p31 :

Ce piètre bilan a conduit certains chercheurs à spéculer que la structure interne du cerveau de ces Sapiens était probablement différente de la nôtre. […] Apprendre l’anglais à un ancien Sapiens, le persuader de la vérité du dogme chrétien, ou l’amener à comprendre la théorie de l’évolution eût probablement été sans résultat.

p29 :

Lirait-on dans le livre de la Genèse que les Néandertal descendent d’Adam et Ève ? Jésus serait-il mort pour les péchés des Denisoviens ?

et ça continue, ça continue, ces extraits pris séparément n’ont pas l’air gênants mais je peux vous assurer que leur répétition tout au long du livre rend sa lecture embarrassante. Un petit dernier, mon préféré de tous d’ailleurs, p40 :

Deux catholiques qui ne se sont jamais rencontrés peuvent néanmoins partir en croisade ensemble ou réunir des fonds pour construir un hôpital.

(c’est peut-être de l’humour, si c’est le cas c’est très drôle)

Généralement un style d’écriture particulier comme celui-ci trouve son explication dans la biographie de l’auteur : Wikipedia me murmure à l’oreille que le livre a été publié en Israel une première fois en 2011, avant d’être repris à l’international : peut-être qu’Harari avait écrit son livre avec en tête un public particulier à la base.

5/ Sapiens sombre parfois dans l’ésotérisme, et il faut se gratter la tête plusieurs fois avec une branche de houx pour comprendre ce que l’auteur a bien voulu dire. Par exemple, p. 136, quand l’auteur essaie de “traduire en langage biologique” le passage de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. La déclaration originale :

“Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.”

ce qui donnerait une fois traduite selon lui :

“Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes ont évolué différemment ; ils sont nés avec certaines caractéristiques muables ; parmi ces caractéristiques se trouvent la vie et la recherche du plaisir.”

???

6/ le livre se veut être une synthèse mais ressemble bien plus souvent à une collection d’anecdotes. Et vas-y que je saute du coq à l’âne, du saumon à la girafe, et du saucisson à l’ail. On se perd dans des digressions qui font oublier le sujet du chapitre (surtout dans la 4e partie). A-t-on besoin d’un paragraphe entier qui parle de femmes de ménage, d’éprouvettes, d’économistes et de fossiles pour illustrer simplement l’idée que “la science coûte de l’argent” (p.319) ? A-t-on besoin d’un paragraphe où on apprend que la masse de tous les animaux de ferme du monde est de 700 millions de tonne, qu’il existe 80 000 girafes et 200 000 loups gris dans le monde, pour illustrer l’idée que l’humain domine le monde (p.411) ? Je n’aime pas les gens qui parlent pour ne rien dire, et ces digressions incessantes m’ont rendu la lecture du livre très difficile en plus de me faire douter de l’objectif de l’auteur. Au lieu d’appeler son livre “Sapiens, une brève histoire de l’humanité”, Harari aurait pu choisir “Sapiens, une longue collection d’anecdotes sur l’humanité”.

Voilà !

C’est mon avis général sur ce livre : un livre sur un sujet passionnant et dont l’entreprise de synthèse était louable, mais un livre au final assez peu sérieux sur le plan scientifique. J’ai l’impression d’avoir lu le livre de quelqu’un de très curieux et qui aurait lu tous les livres qu’il pouvait sur un sujet, en essayant ensuite de coucher sur le papier ses souvenirs, donnant du sens à différentes anecdotes sans se préoccuper de vérité scientifique. Au fond, je n’ai lu nul part qu’il s’agissait d’un livre de vulgarisation scientifique : peut-être est-ce ainsi qu’il faut le classer, comme une fiction basée sur une histoire vraie.

Je ne suis pas rancunier néanmoins, puisque je vous fais gagner ce livre [edit: en fait non, le jeu concours est maintenant terminé], pour que vous puissiez vous faire votre avis par vous-même : laissez simplement un commentaire ci-dessous (pas avec une adresse email bidon) ou sur Facebook et je tirerai au sort le gagnant dans 7 jours (le livre est un peu abîmé, mais c’est parce qu’il a beaucoup voyagé avec moi – et oui, en 18 mois on en fait de la route).

47 réactions à “Mon avis sur Sapiens de Yuval Noah Harari”

  1. The Ultimate Gibbon

    26 Feb 2017

    à 17:02

    Etre snob, il n’y a que ça de vrai.

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  2. berni

    28 Mar 2017

    à 17:02

    Cet avis me semble très injuste…. il passe sous silence les mérites de cette tentative unique à ma connaissance de créer un grand récit de l’aventure humaine depuis les origines. On apprend pleins de choses, et c’est ca qui importe, il m’en reste une certaine vision du chemin parcouru… alors j’ai tendance à être indulgent sur certains points un peu fumeux (et puis j’hésite pas à sauter ce qui m’intéresse moins)

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    • Stéphane

      14 Apr 2017

      à 17:02

      Mais je ne passe pas ça sous silence du tout ! C’est exactement ce dont je parle quand je dis “un livre sur un sujet passionnant et dont l’entreprise de synthèse était louable”.

      Après, pour ce qui est d’apprendre plein de choses… Si les choses sont fausses je préfèrerais ne pas les apprendre. Et si elles ne sont pas sûres je veux le savoir.

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      • wawa

        2 Oct 2017

        à 17:02

        Que voulez-vous? Plus on regarde loin dans le passé, plus la sociologie et la psychologie sont difficiles à étudier.
        Il faut accepter qu’il y a une part de vrai et une part de faux… sinon on s’arrête au moyen age !

        Je trouve ce livre très intéressant, au delà du fait que je le trouve bien écrit, car il permet d’imaginer bon nombre de situations et de se replacer loin de notre univers aujourd’hui.
        Ce que peut de document font par peur d’être dans le “faux”…
        Bien sûr ce n’est pas un livre scientifique mais plus une synthèse de plusieurs domaines mis bout à bout.

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  3. Chanchan

    31 May 2017

    à 17:02

    Il y a le sapiens de Pascal Picq qui est la référence et pas un roman de gare!

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  4. Bernard Vanommeslaghe

    8 Jun 2017

    à 17:02

    Les critiques formulées me semblent très fondées. Un livre de vulgarisation qui se veut sérieux ne peut prendre de telles libertés avec la science.
    De plus, ce côté anecdotique et décousu enlève beaucoup de l’intérêt de ce livre.
    Encore heureux que ce pot pourri au spectre si large puisse apprendre quelque chose sur le plan de certains faits historiques.

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  5. Rigal-jouet

    13 Jun 2017

    à 17:02

    Clairement Harari n’écrit pas pour vous ni pour vos semblables.
    Restent les millions de lecteurs dépourvus de prétentions en matière de rigueur scientifique pour lesquels il y a un avant et un après.

    Je serais assez curieux de lire ce que vous pourriez bien écrire sur “Homo Deus”…

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    • Stéphane

      13 Jun 2017

      à 17:02

      Si je lisais le même genre de livre mais dans un domaine où je n’y connais rien, je serais écoeuré d’apprendre que la moitié des choses que j’y ai lues sont fausses (ou pas prouvées). Si on me dit que je lis un livre de vulgarisation, je veux lire des choses vraies, sinon j’aurais choisi de lire un livre de fiction. Et je ne vois pas pourquoi cette envie de ne pas être trompé serait limitée à “moi et mes semblables”.

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      • Rigal-jouet

        14 Jun 2017

        à 17:02

        merci pour votre réponse.

        Si vous lisez un sujet dans un domaine où vous ne connaissez rien, comment pouvez vous “apprendre” que la moitié en est fausse ?

        Et quand bien même…De l’oeuvre de Carlos Castaneda, autre colossal succès de librairie, on (je ne me rappelle plus qui, désolé pour les sources !) a dit : “si tout ou presque est faux -ce qui est fort probable- c’est encore plus beau.

        J’avoue humblement ne pas m’être posé la question de savoir quelle était dans Sapiens la part de “vrai” et donc de faux à l’aune du consensus universitaire s’il en est un.
        Me la serais-je posé que je ne me satisferais pas de votre critique. J’évoque un seul point, celui des “références religieuses” incongrues dans un “ouvrage scientifique”.
        Ainsi religion et science seraient incompatibles ? On ne pourrait pas tenter d’étudier la religion comme on étudie n’importe quoi d’autre ? Il ne vous a pas échappé que la thèse de Harari c’est que c’est l’adhésion à des imaginations partagées, à des mythes au premier rang desquels se trouve la religion qui permis à Sapiens d’agir de façon coordonnée à grande échelle avec les résultats que l’on connait. N’est-il pas normal que l’on retrouve une haute densité de références religieuses dans Sapiens ?

        A VRAI dire je doute qu’une “chose vraie” puisse exister et il devrait en être de même pour vous puisque sauf erreur de ma part vous vous réclamez de la démarche scientifique selon laquelle tout travail n’est jamais qu’une tentative d’établissement d’un état des connaissances à un instant donné, qu’une contribution provisoire, susceptible d’être infirmée ou modifiée plus ou moins profondément ultérieurement.

        pour finir je me permettrais de citer de mémoire et en substance notre nouveau président qui répondait ainsi quand on lui demandait s’il doutait : “oui, je doute ! les gens qui ne doutent pas sont dangereux”

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        • Stéphane

          15 Sep 2017

          à 17:02

          – J’apprends que la moitié est fausse parce que je me renseigne auprès de gens qui s’y connaissent et de sources fiables… qui ne sont pas faciles à trouver mais ma formation de chercheur m’y aide grandement. Et j’essaie de le partager au grand public qui n’a pas les mêmes facilités par ce billet de blog.

          – Pour les réfs religieuses, on s’est mal compris. Je ne dis pas qu’on ne peut pas étudier la religion de façon scientifique, je dis simplement que des exemples religieux et expressions religieuses sont disséminées dans tout le texte. Mais c’est une critique vraiment mineure et qui ne concerne pas le fond du livre, c’est juste que ça m’a surpris.

          – Quant au doute… en tant que chercheur mon métier c’est de douter, inutile de m’attaquer là-dessus. Mais s’il n’existait pas de chose vraie alors notre métier n’aurait plus aucun sens. Je ne comprends même pas votre critique en fait : ce que j’exprime dans ce billet c’est précisément des doutes quant à ce qu’Harari écrit. Mais cela ne veut pas dire que toutes les théories sur le monde ont une validité égale.

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    • Lise

      14 Sep 2017

      à 17:02

      Bien dit.

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  6. Rien

    20 Jul 2017

    à 17:02

    Soit l’on zoom, soit l’on prend du recul sur les choses.
    500 pages pour raconter l’histoire de l’humanité, c’est prendre beaucoup de recul.
    Si un spécialiste “zoome”, il ne pourra que constater le flou et l’absence de rigueur. Tout comme lorsque l’on prend une photo: net de loin, flou de près.
    Il me semble qu’il faut prendre ce livre comme une invitation à se poser des questions. Sommes-nous libre ? Le destin peut-il se plier à notre volonté?Existe-t-il une volonté commune? L’étique / la moral ? L’égalité / la parité?
    Et c’est ce que chacun fait sur ce blog. C’est cool…

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  7. axel

    31 Jul 2017

    à 17:02

    De formation littéraire et ayant fréquenté sans grande constance le département de philosophie de l’Université de Toulouse 2 je suis par ailleurs un lecteur assidu d’ouvrages et de revues d’archéologie et d’histoire antique. Je viens donc d’un autre domaine de la culture, comme vous je trouve l’essai d’Harari truffé d’erreurs (historiques), d’approximations, de digressions et de jugements à l’emporte-pièce. Cela fait toujours plaisir de ne pas se savoir seul. Reste à comprendre pourquoi un ouvrage aussi médiocre remporte un tel succès, quelle attente du public vient-il satisfaire.

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  8. daniel

    1 Aug 2017

    à 17:02

    Personnellement, je n’ai pas trouvé d’erreur (et je suis du genre critique). Par exemple, le fait que la malnutrition entraîne une absence de règles est tellement bien établi que ça ne nécessite pas de références.
    Les références religieuses dans un livre consacré à l’histoire de l’humanité ne me choquent pas du tout.

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  9. zoss

    7 Aug 2017

    à 17:02

    Sapiens, pas tres scientifique? Ok, comment defendre le contraire? Ce livre s’inscrit dans la tradition Marxiste, a savoir que l’histoire a un sens. Il s’iscrit aussi dans un projet militant, pour les droit des homosexuels, pour l’egalite hommes – femmes, contre les religions, contre le moralisme, contre le culturo-centrisme. Alors si on adhere, on applaudit, si non, on proteste. Moi, je applaudis.

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  10. Marie

    9 Aug 2017

    à 17:02

    Je partage assez largement votre avis. Le manque de références m’a turlupinée et beaucoup d’affirmations gratuites m’ont agacées même si je partageais le point de vue.

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  11. Maxence72

    10 Aug 2017

    à 17:02

    D’accord sur la critique à propos du manque de références bibliographiques et scientifiques. Je trouve que l’ouvrage permet une prise de conscience, utilise des anecdotes faciles à retenir et à comprendre et finalement donne envie d’explorer tous une multitudes de sujets (d’où la frustration avec le manque de références…). En ce sens, il s’agit plus d’un travail journalistique que rigoureusement scientifique.
    Autre avantage, Sapiens… m’a permis de découvrir votre site et votre travail que je vais désormais suivre avec beaucoup d’intérêt. Bravo et merci !

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  12. Ju

    21 Aug 2017

    à 17:02

    Bonjour à tous. Je pense faire partie des lecteurs qui ont le moins de baguage scientifique et qui tombent sur ce livre un peu par hasard.
    Personnellement j’ai globalement apprécié et notamment grâce aux nombreuses anecdotes qui m’ont permis justement de ne pas oublier les diverses péripéties dans l’histoire du sapiens.
    Alors effectivement, j’imagine que pour un scientifique chevronné, le manque de rigueur doit agacer mais mon objectif et parfaitement rempli. Je pense qu’il faut voir se livre comme un “pied à l’étrier” qui, j’espère, en aura poussé beaucoup à faire la démarche de creuser le sujet. Messieurs les scientifiques, ne soyez pas élitiste svp, ce bouquin à le gros avantage d’être “digeste” pour des néophytes comme moi. Bonne journée :)

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  13. Agoursi

    23 Aug 2017

    à 17:02

    nous devons lire et réfléchir pour développer notre esprit critique et ce n’est pas parce que votre analyse existe que nous devons lui accorder une crédibilité
    la compréhension n’oblige pas à citer des sources les choses évoluent comme les idées et ce n’est parce que …. que nous ne pouvons avoir des visions d’un monde s’appuyant sur des concepts différents voir progressives

    ce livre est un apport extra et devrait être en possession de chaque foyer ce qui permettrait peut être de nous comprendre les uns ,les autres et de s’accepter dans nos différences.
    NOUS SOMMES TOUS FRERES ET VIVONS SUR LE MEME VAISSEAU
    AGOURSI

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  14. Yva

    31 Aug 2017

    à 17:02

    Un ouvrage scientifique sans références documentaires est
    une maison sans fondation. Il répond à la définition du
    roman.

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  15. Pascal

    3 Sep 2017

    à 17:02

    Je découvre votre critique bien longtemps apres que le concours soit terminé, mais j,aimerai bien savoir qui a gagné. Plus sérieusement, c’est à la suite de la publication de Homo Deus que je suis arrivé sur votre blog, et ma question: l’avez-vous lu et qu’en pensez-vous? Une personnalité comme Bill Gates , s’est senti obligé de faire part de son avis, et j’aimerai bien en avoir un autre que le sien.

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    • Stéphane

      3 Sep 2017

      à 17:02

      Je ne l’ai pas lu et je ne suis pas sûr de vouloir le faire. Si son bouquin sur le passé était de la fiction, j’ai peur que celui sur le futur ne soit que de la science fiction.

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  16. Gioconda

    9 Sep 2017

    à 17:02

    Bonjour et merci pour votre blog sur ce livre de Y.N. Harari que je n’ai pas encore acheté car vient de le découvrir sur Le Point de la semaine passée. En éternelle étudiante en philosophie et autre chose, je me suis posée la question de ce succès tellement ‘mondial’ comme décrit par le magazine. Mais une question chez moi en entraîne des dizaines à sa suite: Comment cet inconnu et jeune auteur (historien) de quoi, une trentaine d’année a t’il pu accumuler un savoir universel? Je sais qu’en lisant un livre par soir, depuis 43 ans, voire plus le week-end, je suis ignorante. Seconde question un histoirien peut il écrire un livre à diffusion planétaire (Vulgarisation de SA science ) sur un thème aussi vaste que l’histoire de 70.000 ans en 500 pages dont 50 de références? Je pense qu’Aristote est une plus belle lecture ou Sénèque qui nous ont appris par leur cours recits que le moins est le plus et que la RECHERCHE -et non la verité- nécessite d’un juste milieu. Alors ma dernière question est que vais apprendre en 450 pages de scientifiquement erroné? J’ai trop peu de temps libre pour en gâcher dans des Fake-sciences. Me conseillez-vous d’autres lectures plus sagement construites sur des bases scientifiquement prouvées qui puissent toucher ce sujet? Je vous en remercie. J’ai appris à m’instruire par des grands auteurs et continuerai encore pour mes prochains 10 ans (vu l’âge que j’ai décidé que je mourrais, mes 70 ans) il me reste donc 11 ans de belles nuits de lectures pour essayer d’effacer la prétention humaine, trop humaine de tout connaître. Mais qu’est ce le TOUT en les Sciences? Tout évolue (et apparemment revient) sauf Dieu toué par Nietzsche disait et lisait t-on. Mais s’il avait justement voulu dire le contraire?

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  17. Gilbert

    10 Sep 2017

    à 17:02

    Bonjour,

    Concernant les références religieuses, Yuval Harari est israélien et les israéliens sont souvent pétris de pensée religieuse, même si il est laïque.

    Merci de votre critique qui finit de me convaincre de ne pas acheter le bouquin. Faire tenir 100 000 ans sur 500 ans me laissait toujours perplexe et dubitatif.

    Cordialement,

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  18. Gilbert

    10 Sep 2017

    à 17:02

    500 pages..désolé pour la coquille.

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  19. Vincent

    13 Sep 2017

    à 17:02

    J’ai adoré ce bouquin plein d’humour et de recul.
    Bon c’est peut-être pas toujours très “référencé” … et alors !
    C’est un super roman, qui nous raconte une histoire (c’est dans le titre) avec des bases scientifiques et des prises de position plus subjectives, mais je m’y retrouve.
    Un beau roman scientifique !

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  20. clo

    15 Sep 2017

    à 17:02

    pas lu Sapiens mais ai vu Yuval hier soir à La Grande Librairie pour la presentation de Homo Deus. Séduite par sa modestie apparente.
    Donc tres envie de lire ses livres, meme si vos critiques semblent convaincantes.
    Vais-je le gagner Sapiens au tirage au sort ???

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  21. Niveau à bulle dissident

    16 Sep 2017

    à 17:02

    Je vous écris car j’aimerais bien être représentée par une stupide icône aléatoire, juste pour voir.
    Et de même, comme HARARI vient de sortir un nouveau livre “Homo Deus”, que j’espère Albin Michel vous fera l’amitié de vous envoyer, j’espère que vous nous ferez peut-être aussi gagner ce livre dans une nouveau tirage au sort ?

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    • Stéphane

      16 Sep 2017

      à 17:02

      Oui je suis pas sûr qu’ils vont me l’envoyer cette fois-ci ;) mais si c’est le cas je le ferai gagner !

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  22. Niveau à bulle dissident

    16 Sep 2017

    à 17:02

    Les stupides icônes aléatoires sont délicieuses et variées ! Par contre, votre horloge est bloquée sur 17:02, quel que soit le message et quelle que soit l’heure…..

    Bizarre…Bizarre…

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    • Stéphane

      16 Sep 2017

      à 17:02

      Tiens c’est vrai. Serait-ce l’heure de la fin du monde ?

      Encore un bug à débugger.

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  23. FAUTBOSSER

    16 Sep 2017

    à 17:02

    Pour ceux qui posent la question sur nouveau bouquin de Hariri je vous donne ma critique d’avance et concernant le fait qu’il croit que la nouvelle religion sera le Big Data et l’algorithme et que celui-ci va dominer totalement l’homme (il dit qu’il n’est pas sur dans ses interviews le malin) et que l’homme n’existera dans l’avenir que s’il achète quelque chose et il sera obligé de le faire même à son insu par le big data.
    Avec mes trente ans d’informaticien, je peux vous dire avec une pirouette (source d’un grand ralentissement du Big Data) que l’homme a une arme fatale contre le Big Data: Elle se résume à l’utilisation du principe: “Garbage in garbage out”. Tout le monde à bien une poubelle en bas de sa boite à lettres aussi.
    Plus de 75% et 35% aux US (impossible de le prouver scientifiquement) du Big Data est vérolé et donc très facile d’appliquer ce principe par tout le monde.
    Jugez de son efficacité, et de voir un nouveau livre (on a trouvé la formule a succès éditorial) uniquement basé sur la croissance de ce data sur ce principe est non seulement ridicule mais naïf d’aveuglement quoique complexe.
    C’est vrai que c’est cette maladie du Big Data qui permets de FAIRE (malheureusement) des attentats bricolés mais qui réussissent.
    Par contre quand une dictature (numérique) imposera une loi pour vous mettre en prison ou des amendes car vous auriez introduit des mauvaises données exprès, l’humanité est mal barré. Ce monsieur Hariri admire trop la technologie et ne croit pas aux grains de sable numériques pour la bonne ou mauvaise cause!
    Comme l’informatique je connais et que c’est ici pour la bonne cause je donne ma bonne adresse mail…mais c’est hyper rarissime, car en informatique sont défaut structurelle restera toujours: tu rentres de la merde, tu sors de la merde !

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  24. jean vdb

    19 Sep 2017

    à 17:02

    Les souffrances que les Sapiens infligent aux animaux sont bien réelles.
    Il en va de même pour les souffrances infligées aux Palestiniens par les Israéliens.
    Les Palestiniens ont des difficultés à s’entendre. Ils sont donc plus faibles et doivent supporter leurs malheurs.

    C’est une des conclusions (non écrites) de ce livre.

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  25. Adelice

    25 Sep 2017

    à 17:02

    Je recherchais des critiques autres que futiles et aveuglément enthousiastes. Et j’ai trouvé ici ce que je cherchais. MERCI.
    La vacuité intellectuelle de cet auteur et de son public me laisse sans voix. Un singe qui se prend pour Dieu ! Il fallait bien deux livres pour révéler cela ! Combien de petits singes se retrouvent dans “Sapiens, une longue collection d’anecdotes sur l’humanité”. En tous les cas, en attendant de devenir des Dieux, ils sont dans l’attente d’un “Messie-Robot”. L’Etre qui ne souffre pas, qui n’a pas de sexe et pas de morale. L’Humain transcendé ! Le top-Sapiens ! Non, le post-sapiens. Dailleurs, les post-sapiens s’annoncent dans le prochain livre de Yuval et avec eux, le “Messie-Singe”. C’est “l’éternel retour”, et la boucle est bouclée ! Alors quoi ?? Je n’ai pas le droit de délirer moi aussi ?

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  26. MAxen

    27 Sep 2017

    à 17:02

    Bonjour,
    j’en suis à la page 162…comme vous, je cherche les références…certains points abordés par l’auteur m’interpellent et j’aimerai “creuser” un peu plus sur ces questions, voir ses sources…mais rien. Dommage, parce que après 7 chapitre, je me lasse. Je ne sais plus qui l’a déjà écrit plus haut, mais je reste aussi effrayée par le succès de ce livre qui est présenté comme un ouvrage de vulgarisation mais qui présente bien des raccourcis parfois douteux. Le consumérisme même dans la vulgarisation? on lit, on ne prend plus de recul, on applaudit tout, puis on jette et on passe aux suivants?

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  27. Sabeau

    29 Sep 2017

    à 17:02

    Le consumérisme, même dans l’écriture, mais la voila, la nouvelle religion !
    Rien de bien nouveau que les anciens: Thucydide, Juvénal, Montaigne…n’aient déjà dit, si ce n’est enrobé de connaissances modernes certes, mais en effet sans doute assez approximatives et peu consensuelles.
    Ceci dit était-ce le but de l’auteur de faire œuvre scientifique ou plus simplement d’inviter le lecteur à explorer l’histoire de Sapiens? S’est-il jamais exprimé sur ses intentions? J’ai envie de lui laisser le bénéfice du doute.
    Ceci dit j’ai lu Sapiens mais ne lirai pas Homo Deus. Comme Gioconda dont j’apprécie le commentaire, je n’ai plus guère le temps de risquer de perdre ce qui m’en reste.

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  28. Claude

    30 Sep 2017

    à 17:02

    Vous aimeriez des références sur les concepts exprimés par cet auteur?
    Vous voulez des écrits sérieux et plus pointus?

    Lisez:
    LE PRIX DE L’INÉGALITÉ de Joseph F. Stiglitz (Nobel d’économie)

    LE CAPITAL AU XXI ième SIÈCLE de Thomas Piketty

    DEMAIN QUI SAUVERA LE MONDE? de Jacques Attali.

    LE GÈNE ÉGOÏSTE de Richard Dawkins ( théorie des jeux, les Mènes (structures neuronales)

    L’APOCALYPSE DÉMOGRAPHIQUE de Fred Pearce

    UNE PLANÈTE TROP PEUPLÉE? de Ian Angus et Simon Butler.

    LA RÉVOLUTION DE L’AMOUR de Luc Ferry.

    SOCIAL-DÉMOCRATIE 2.0 de Stéphane Paquin et Pier-Luc Lévesque.

    FIN DE LA CROISSANCE de Jeff Rubin

    LA VOIE: Pour l’Avenir de l’Humanité de Edgar Morin.

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  29. lino

    1 Oct 2017

    à 17:02

    Pour ma part, un artiste m’a parler ce ce livre comme un modèle d’érudition et d’intèligence. N’étant pas scientifique mais cultivant le doute de manière viscérale j’avoue que vos critiques flattent me conforte sur le fait que tout ce qui brille n’est pas or.
    Père d’une scientifique rigoureuse, je n’achèterais pas ce “roman” qui je croix pourrais fortement m’agacer.
    voilà.

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    • Claude

      1 Oct 2017

      à 17:02

      Oh….

      Le déni et/ou le refus de voir ce qui n’est pas conforme à ses croyances est l’arme ultime pour défendre nos certitudes !!!

      Pourtant, comme l’auteur le montre, l’acceptation de leurs propres ignorances a fait des européens des gens capables de dépasser les certitudes des religions.

      Leur conquête du SAVOIR et leur conquête impérialiste ont fait le reste…

      Le confort et l’indifférence nous mèneront peut-être à notre perte…

      Sans grands espoirs, je vous suggère cette lecture:

      LES MARCHANDS DE DOUTES de Oreskes Naomi et Erik M. Conway

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  30. PlumeJ

    5 Oct 2017

    à 17:02

    Dans son effort de synthèse de données éparses, l’auteur donne à son ouvrage une forme personnelle dont émergent d’intéressants et originaux points de vue. Pour critiquable que soit le livre, ainsi qu’il en va de tout écrit qui ne se place ni comme poesie ni comme fiction, ses apports nul doute sont nombreux, ne serait-ce que par un refus de ces oeillères de spécialistes qui souvent bornent les champs d’exercice de l’esprit dansur sa recherche de compréhension. Car c’est de cela qu’il est question : comprendre ; prendre ensemble des donnes diverses et les rendre en un récit cohérent chargé de sens.
    En cela, non solum je n’ai pas une seule raison de regretter mon temps mis dans cette lecture, sed etiam j’ai trouvé grand plaisir à ce survol d’envergure respectable, au tout consistant qu’il forme à mes yeux et aux couleurs qui en ressortissent, à tEl point que cet exercice proposé à ma culture et à ma souplesse d’esprit m’a grandement satisfait.

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  31. SMJ

    8 Oct 2017

    à 17:02

    Merci.
    J’ai craqué avant la moitié du livre.
    Des anecdotes, des jugements, pas d’analyse.
    Caligula fait de son cheval un sénateur, soit, mais en conclure que c’est par respect pour l’animal et ne pas s’interroger sur la critique implicite envers les sénateurs “humains”.
    A noter le parallèle entre le code d’Hammourabi daté d’environ – 1776 (en fait plutôt autour de – 1750/ -1760) et la déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique en 1776, dates “miroirs” mais faussées par la première.

    Bref merci pour votre article, je me sens moins seule.

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  32. Bidulette

    12 Oct 2017

    à 17:02

    Devant l’enthousiasme d’une amie qui achève la lecture de ce pavé, j’ai demandé à le feuilleter. J’ai immédiatement cherché la bibliographie. Pas de bibliographie. “Il y a des références en bas de pages” me dit-elle. Je feuillette. Certes, des titres d”ouvrages, et puis… quoi… alors ? Tiens on parle du nombre de poules etc.. tiens il est question de sectes etc… vite fait, mal fait ? Toujours est-il que j’ai refermé le pavé et l’ai rendu en décidant que non, je ne le lirai pas. Aucune référence française. Foin de Picq et Coppens. Même s’ils ne sont pas des dieux, eux, au moins ils touchent leur bille. Passez muscade.

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  33. ParHasard

    12 Oct 2017

    à 17:02

    Mon Dieu. Mais que de suffisance voire de mépris dans certains commentaires ci-dessus ! Y compris pour le public lecteur de ce livre. “La vacuité intellectuelle de cet auteur et de son public me laisse sans voix”, “Un singe qui se prend pour Dieu, “J’ai appris à m’instruire par les Grands Auteurs”…et j’en passe de nombreuses autres même si je ne résiste pas au plaisir de relever celle suggérant qu’à 30 ans, on n’a pas la légitimité pour écrire un livre aussi ambitieux (dans ce registre, un jeune thésard ne produirait pas de thèse, un chercheur ne découvrirait rien avant l’âge canonique de 60 ans et Mozart aurait au moins pu se la fermer jusqu’à un âge respectable de -disons- 50 ans).

    Franchement, je ne connais pas le profil des personnes à l’origine de ces quelques critiques plus acerbes qu’objectives, mais il en émane beaucoup de parti pris, d’arrogance et de condescendance pour tous ceux qui ne sont pas agrégés d’histoire ou nourris au biberon de quelques grands auteurs estampillés sérieux et adoubés par leur pairs ainsi que par une poignée d’érudits regroupés en un cercle savant -quoique un peu consanguin- de “sachant”.

    Ceci étant posé, je reconnais des limites à cet ouvrage. Oui, survoler 70,000 ans d’histoire en 500 pages ne permet pas une analyse pointue de chacun des événements ayant marqué cette période. Ni d’ailleurs d’exposer toutes les thèses de chercheurs qui, chacun, s’est penché sur une période couvrant environ 0.001% à 0.01% de la période dont il est question. Oui, il manque probablement des références mais le livre n’en est pas dénué pour autant, loin s’en faut. Oui ce livre n’a probablement pas la toute la rigueur scientifique qu’aurait mérité le survol d’une période plus courte. Oui il y a des idées contestables ou contestées par la communauté scientifique. Oui, l’auteur fait des fixettes sur certaines questions et cela peut irriter. Oui, il place parfois l’anecdote trop en avant au risque de desservir la thèse qu’il prétend étayer. Oui enfin il commet le crime d’introduire une forme d’humour cynique qui fonctionne parfois…et parfois moins. Oui il jette des passerelles hasardeuses en travers d’événements, de contexte et d’époques que tout sépare. Oui à tout cela. Et je rajouterais même que parfois, il me fait penser à ces documentaires télé “éducatifs” médiocres où l’on reformule 10 fois la même idée pour être sûr que le téléspectateur décérébré moyen (dont je fais sûrement partie) a bien compris, ainsi que pour justifier l’inclusion de 3 écrans de pub. Ce n’est pas un livre parfait, une anthologie de la vie de l’homme sur terre. Ce n’est qu’un livre.
    Mais je crois sincèrement que ceux qui mesurent la qualité de ce bouquin à l’aune de ces défauts bien réels passent à côté de ce qui en fait sa force.
    En fait, pourquoi ce livre irrite-t-il tant ses détracteurs ? Au delà des critiques -pour certaines parfaitement légitimes -, l’ouvrage est porteur de deux tares. La première est sont succès auprès d’un large public qui nourrit une suspicion de “livre facile”. La seconde est qu’on ne peut facilement le classer. S’agit-t-il d’un travail de recherche ? D’un livre d’histoire ? D’une thèse ? D’un manifeste ? D’un ouvrage de vulgarisation ? D’un plaidoyer ? D’un texte militant ? Voire philosophique ? En fait c’est un peu du tout, un genre de patchwork historico-biologico-sociologique qui, comme tout patchwork, peut être séduisant ou criard selon les goûts de chacun, mais qui s’accorde de toute façon difficilement avec le reste du mobilier, à savoir ici l’histoire officielle et la recherche scientifique. Donc il ne peut que décevoir les lecteurs exigeants sur ces critères. Quand de surcroît on conjugue un tel ovni littéraire avec la jeunesse d’un auteur qui a l’impudence d’écrire sur un sujet si ambitieux en se prévalant de la caution de sa profession d’historien, on aboutit à un crime de lèse-science qui n’appelle aucune mansuétude et pas plus de circonstances atténuantes.

    Eh bien moi, malgré cette profusion de défauts et même si j’aurais préféré qu’il fut écrit par un vieux sage barbu nous faisant profiter de la sagacité de son regard sur le monde, j’ai terriblement aimé ce bouquin. Et je l’ai aimé justement pour sa capacité à brasser des époques, des anecdotes presque futiles, des civilisations…et à les organiser de manière cohérente pour présenter une vision certes personnelle ou contestable mais souvent pertinente.

    Ce livre n’est pas ou n’est pas juste un livre d’histoire. Il ne faut pas y rechercher une démarche scientifique. Mais il invite à se projeter dans une perspective holistique et à réfléchir sur le sens de nos activités humaines, le sous-jacent de nos préjugés, et à réfléchir sur le monde tel que nous l’avons bâti.

    L’une des thèses du livre (parmi d’autres) est que la révolution scientifique a d’abord nécessité le rejet de certaines réponses toute faites apportées par les diverses religions ou cultures et qu’elle a démarré quand les populations ont pris conscience de leur ignorance. Rien de très novateur mais c’est bien formulé dans l’ouvrage.

    Je suis pour ma part sorti de la lecture de ce livre plus intelligent parce que je me suis rendu compte de ma propre ignorance sur de nombreux sujets. Je me suis rendu compte que je ne me suis jamais posé certaines questions, ou mal, ou qu’il y a d’autres manières de voir. Et que cette ignorance me donne envie de me plonger dans d’autres ouvrages soit-disant plus “sérieux” pour trouver des réponses à des questions que je ne me serais jamais posées sinon, et de creuser, justement pour rejeter celles des idées que je trouve simplistes ou que je ne peux valider en l’état. Ce livre donne et appelle à réfléchir qu’on soit d’accord ou pas avec sa vision. Pour cela, je remercie son auteur.

    Alors bien sûr, je pars d’un peu loin question intelligence et je n’ai probablement pas fait un grand chemin depuis. Je suis probablement l’un des nombreux petits singes ayant involontairement participé au succès consumériste de cette imposture scientifique. Je ne suis pas gorgé de culture scientifique ou historique. Je ne lis que quelques livres par an faute de temps -10 ou douze au plus- et je ne prétends pas connaître tous les grands classiques par coeur. Je n’ai qu’un misérable Bac+5 péniblement acquis il y près de 30 ans dans un domaine on ne peut plus mercantile et que j’ai ensuite déshonoré en travaillant dans l’activité humaine la plus honnie qui soit, la finance. Mais je tiens à préciser 1) que je ne suis pas un fan de Paul-Loup Sulitzer 2) que j’ai quand même lu du Stiglitz, du Piketty, du Atalli et du Morin et quelques autres 3) que je ne regrette pas pour autant ma lecture de Harari.

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  34. Stéphanie

    17 Oct 2017

    à 17:02

    Vous écrivez «par le billet de ce blog».
    Le mot est «biais» et non «billet».

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  35. Pops

    18 Oct 2017

    à 17:02

    La critique brillante de “Sapiens” par Stéphane m’a conforté dans les recherches que j’ai faites dans le cours de ma vie (j’ai 79 ans).
    Il se trouve que j’ai découvert, en 7970, le livre, suivi d’un cours de 4 ans par correspondance, d’un auteur nommé Jacques Dartan. Cet auteur a développé, sous forme d’une discipline nommée “Orthologique” les réponses à toutes les questions analogues à celles développées dans Sapiens (si j’en crois la critique de Stéphane).
    La différence est que, si les questions sont apparemment les mêmes, les réponses méritent mille fois plus d’être connues et diffusées même (hélas !) si elles n’ont pas été acclamées par la pensée unique des mêmes qui proclament la culpabilité humaine (androgénique) dans l’effet de serre qui serait la cause du “réchauffement climatique” alors que quelques uns (dont je suis) ne se sont pas laissés abuser par les théories bidon du Giec.
    Merci à Stéphane mais, de grâce, ne prenez pas la peine de m’envoyer le bouquin d’Harari !
    J’ai mon quota de savoirs…
    Cordialement.
    Bertrand Joubert

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  36. Desvignes

    18 Oct 2017

    à 17:02

    Dans le même genre, j’ ai trouvé beaucoup plus brillant et sérieux ” la fin de l ‘ histoire ” et ” le début de l ‘ histoire ” de Fukuyama. .

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