L’humain est-il un polygame refoulé ? Partie 3/3 : écologie, culture et Dr House

43449 lectures. Publié le 23 October 2012 par dans la catégorie Best Of, Parentalité, Religion, Sexe, Société

L’humain est-il un polygame refoulé ? Partie 3/3 : écologie, culture et Dr House

Dr House est un personnage de série télévisée incarnant un médecin cynique, arrogant et peu sensible mais tellement bon dans ce qu’il fait que son hôpital lui permet de choisir les cas qu’il veut traiter. Une des astuces utilisées par le Docteur pour effectuer ses diagnostics c’est de ne pas se laisser influencer par le patrimoine génétique qu’un patient est supposé avoir. Par exemple, dans l’épisode intitulé “Test de Paternité”, Dr House est confronté à un adolescent souffrant de terreurs nocturnes. House n’écarte aucun diagnostic, même ceux qui pourraient être éliminés par test génétique, suspectant que le père de l’enfant n’est pas son père biologique. Selon lui : “30 % des pères ne réalisent pas qu’ils élèvent l’enfant d’un autre.” (8’20).

30 % !!! 30 % c’est énorme, monstrueux même. Ce billet sera l’occasion de vérifier ce chiffre en terminant notre série d’article sur la sexualité “naturelle” de l’humain. Nous avions vu en première partie les raisons biologiques qui pousseraient l’humain à être polygyne, en deuxième partie pourquoi la monogamie ou les relations à long terme sont parfois meilleures pour la reproduction des individus, et nous verrons dans cette dernière partie comment tout cela s’accommode de contraintes environnementales, écologiques et culturelles. C’est parti…


Ce billet, avec sa 1ere et 2e partie, a été élu “Coup de coeur du jury” lors de la parution de l’anthologie des blogs de science francophones 2013. Merci au jury, c’est un grand honneur pour moi et une très belle récompense du travail accompli !

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L’anthologie 2013

“Confondre la monogamie avec la morale a fait plus de mal à la conscience humaine que n’importe quelle autre erreur.”

C’est l’avis de George Bernard Shaw, et que vous le partagiez ou non, il apporte une idée intéressante : le fait que “monogamie” soit souvent synonyme de “morale”.

Pourtant, il existe une variété de systèmes d’accouplement que l’on peut retrouver dans la nature. Les quatre principaux identifiés sont :

  • La dite monogamie. La monogamie est un système d’accouplement dans lequel mâle et femelle forment une paire qui restera unie à vie. Plusieurs espèces animales utilisent ce système, de façon plus ou moins importante en fonction des taxons. 90% des oiseaux par exemple sont monogames (le cygne étant peut-être le plus bel exemple, au point qu’une de ses séparations fasse les gros titres des journaux), contre seulement 7% des mammifères. L’espèce monogame la plus proche de nous est probablement le gibbon. Dans ces espèces monogames, mâles et femelles s’investissent généralement de façon égale dans la progéniture.
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    Les cygnes, des oiseaux à la monogamie irréprochable

  • La polygynie. La polygynie est un système d’accouplement dans lequel un mâle se reproduit avec plusieurs femelles, formant ce que l’on appelle parfois un “harem”. Les femelles sont fidèles au mâle alpha à tout moment mais cela signifie aussi qu’elles changent de partenaire si le mâle alpha est renversé par un autre mâle. Le gorille est l’exemple primate le plus représentatif de la polygynie.
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    Et les combats pour devenir mâle alpha sont parfois impressionnants

  • La polyandrie. La polyandrie est le système d’accouplement dans lequel la femelle s’accouple avec plusieurs mâles fidèles. Aucun système de ce genre n’est recensé chez les primates non-humains.
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    Hmmm… En parlant d’aberration évolutive…

  • La promiscuité. La promiscuité est un système d’accouplement dans lequel mâles et femelles s’accouplent ensemble sans discrimination à l’intérieur d’un groupe, et sans formation de paires. Les chimpanzés communs et bonobos sont des espèces promiscuites, dans lesquelles la paternité de tout nouveau-né est difficile à établir. De ce fait, les femelles sont souvent celles qui procurent les soins parentaux.

“La monogamie c’est comme lire le même livre encore et encore. La promiscuité c’est comme ne jamais lire au-delà de la première page.” Mason Cooley

Et chez les humains, quel système prédomine ? Du point de vue occidental, on serait tenté de dire la monogamie. Mais les données anthropologiques dont on dispose nous montrent que c’est faux, et que la polygynie est le système prédominant chez l’homme avec 84% des sociétés humaines qui l’ont adoptée !

Qu’en est-il des autres systèmes sexuels ? Ils se retrouvent tous chez l’humain, dans de plus ou moins grandes proportions :

  • La polyandrie, extrêmement rare, est retrouvée dans 1% des sociétés humaines, comme chez les Nyimba du Népal. Elle est généralement fraternelle et limitée à deux hommes (une femme est épousée par deux frères). Le faible taux de polyandrie s’explique évolutivement par le fait qu’un homme ayant ce genre de “préférence” aura moins de descendants qu’un homme polygame ou monogame, puisqu’il devra partager son accès sexuel à une femme avec son conjoint. Cependant, la polyandrie est bénéfique dans les cas où des ressources sont rares, ou dans les cas où un bien comme la terre perd de sa valeur en étant trop finement divisée.
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    Une famille polyandre Nyimba au Népal. Crédits : Michele Borzoni / TerraProject / Picturetank BOM0281399

  • La promiscuité, encore plus rare, est tout de même retrouvée dans une société humaine sur dix mille.
  • La monogamie, qui n’arrive donc qu’en deuxième position chez l’humain derrière la polygynie, concerne 15 % des sociétés humaines. Mais ces sociétés sont généralement “monogames ou légèrement polygames”, ou encore, comme dans le cas de nos sociétés occidentales, fortement encouragées à la monogamie par des pressions sociales, religieuses, et encadrées par des structures légales. Ce qui fait que les anthropologues et biologistes ne désignent généralement nos sociétés occidentales que comme “socialement monogame”.

La “monogamie sociale”, le mot est lâché

L’introduction du terme “monogamie sociale” est devenue une nécessité pour les biologistes confrontés à la variété de comportements sexuels observables chez différentes espèces, pas uniquement chez l’humain. La monogamie sociale réfère donc à un système dans lequel deux partenaires vivent ensemble, s’associent pour trouver certaines ressources et ont des relations sexuelles ensemble mais pas forcément exclusivement (les accouplement hors-paire sont possibles). Cette monogamie sociale est opposée à la monogamie sexuelle qui désigne un couple complètement fidèle sexuellement et à la monogamie génétique, qui désigne des individus qui n’auront pas de descendants en dehors du couple.

Revenons à l’humain pour prendre un exemple. Imaginons un homme marié ayant eu trois enfants et les élevant avec sa femme. Jusque là, il est monogame social, sexuel et génétique. S’il couche avec sa secrétaire, il reste monogame social mais ne peut plus être considéré comme monogame sexuel. Si aucun enfant ne naît de cette union extramaritale néanmoins (ni d’aucune autres unions potentielles, et si sa femme est fidèle), alors le couple est également monogame génétique.

Si vous parlez anglais, une vidéo de SciShow qui parle de ces différentes formes de monogamie:

Enfin, notons que la monogamie sociale n’est souvent qu’apparente, quand on regarde les statistiques : les hommes sont toujours plus nombreux que les femmes en moyenne à ne pas arriver à se marier au cours de leur vie, et plus d’hommes que de femmes se remarient après un divorce ou un deuil : au niveau de la population, on tend toujours vers de la polygynie. Sans parler de la monogamie en série évoquée dans la deuxième partie.

Notez que bien que je recadre toujours le sujet sur l’humain, ces différents types de monogamie se retrouvent dans le règne animal. Par exemple, 90 % des oiseaux sont monogames sociaux, 7 % des mammifères sont monogames sociaux, quelques insectes et poissons le sont aussi.

A nous deux Dr House

Quand Dr House prononce sa phrase, “30 % des pères ne réalisent pas qu’ils élèvent l’enfant d’un autre”, il fait référence à cette distinction entre monogame social et monogame génétique (ou sexuel, puisque quelqu’un qui n’est pas monogame génétiquement ne peut, sauf cas d’adoptions, être monogame sexuellement). Quel est alors le taux exact de monogames génétiques dans la population ? Une façon de le savoir serait de tirer au hasard dans la population des pères de famille et leurs enfants (non adoptés) et de comparer leur ADN, pour savoir s’ils sont bien liés biologiquement. Ce genre d’études a été déjà fait mais elles emploient une méthodologie variée et les chiffres dont nous disposons sont malheureusement compris dans une large fourchette. Les voici tout de même !

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Une première étude comparant onze études réalisées trouve des pourcentages de paternité hors couple (le % dont parle House) allant de 0,03 % à 11,8 % (avec la plupart des études trouvant des faibles taux, le taux médian étant de 1,8 %). Une autre méta-étude trouve des taux légèrement plus élevés (de 0,8% à 30%, taux médian de 3,7%), tandis qu’une troisième parue plus récemment et comparant soixante-sept études va jusqu’à trouver des taux de paternité extraconjugale de 50 %, mais soulève le problème de la représentativité des échantillons testés. En effet, les pères acceptant de comparer leur ADN à celui de leur enfant tombent généralement dans deux catégories : les pères étant quasiment sûrs à 100% d’être le père biologique de leur enfant (et donc ne risquant rien à se tester) et les pères suspectant de ne pas être le père biologique de leur enfant (et donc voulant se faire tester). En prenant en compte ces deux catégories, les taux de paternité extraconjugale sont alors compris entre 1,7% et 3,3% pour les pères sûrs d’eux, et autour de 30 % pour les autres.

Une population “normale” devrait donc posséder un taux de paternité extracouple intermédiaire, et pour préciser cet “intermédiaire” il serait intéressant de savoir quel taux de pères dans une population donnée doutent d’être le père biologique de leur enfant.

Si Dr House n’a probablement pas raison, et qu’un très faible pourcentage de pères seulement n’élève pas son enfant biologique sans le savoir, n’oublions pas que ce taux de monogamie génétique élevée ne reflète pas le taux de monogamie sexuelle (les couples fidèles sexuellement). Particulièrement de nos jours avec l’utilisation des contraceptifs, ne pas être monogame sexuel ne signifie pas ne pas être monogame génétique. Et parce que je sais que vous allez me demander ce chiffre, les taux d’accouplement hors couple que l’on trouve dans les études portant sur les échantillons les plus représentatifs indiquent que 10 à 15 % des femmes et 20 à 25 % des hommes seraient infidèles à leur partenaire de couple.

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L’usage des contraceptifs chez l’humain rend particulièrement facile la tâche d’être monogame génétiquement sans être monogame sexuellement.

Les conditions favorisant la monogamie.

Nous savons donc maintenant que la majorité des sociétés humaines est polygyne, et que les sociétés monogames ne sont souvent que “monogames socialement”. Ceci, dans un sens, confirmerait l’analyse biologique du comportement sexuel humain que nous avons fait en 1/ et en 2/. Malheureusement, on ne peut pas s’arrêter là. Au-delà de cette couche biologique de comportements sexuels viennent reposer des couches environnementales et culturelles de comportements qui modifient la donne…

Dans la nature de façon générale, la monogamie qui s’observe chez certaines espèces peut être expliquée de trois façons (non exclusives) :

  • si les chances de succès d’élever un enfant à deux sont plus élevées que les chances de succès d’élever un enfant par la mère uniquement.
  • dans le cas d’espèces vivant en groupe, si l’infanticide est pratiqué par certains mâles du groupe, la monogamie peut évoluer comme stratégie de défense
  • dans certaines conditions écologiques où les capacités d’un mâle à monopoliser plus d’une femelle sont réduites.

L’humain ne satisferait-il donc pas ces conditions pour afficher un taux de polygynie de 84 % ? Certes, l’infanticide n’est pas pratiqué couramment par l’humain comme c’est le cas chez d’autres primates. Par contre, les systèmes d’accouplement de l’humain semblent encore soumis aux deux autres conditions. La première condition (les chances de survie des descendants) a été évoquée en 2/, tournons-nous donc vers l’écologie.

L’influence de l’écologie

Par écologie, entendez-ici l’ “environnement naturel” des humains (c’est à dire l’environnement non culturel). Des facteurs écologiques peuvent influencer le système sexuel utilisé dans une population humaine, et un des plus étudiés est la présence de pathogènes dans l’environnement. On remarque ainsi que le degré de polygynie chez l’humain augmente avec le degré d’exposition à des pathogènes ! Ainsi, le niveau de stress pathogène expliquerait à lui seul 28% de la variation du degré de polygynie dans le monde, indépendamment de la région géographique étudiée.

stress pathogène

Qui eut pensé que la simple présence de pathogènes puisse influencer le système sexuel ?

L’explication de cette particularité serait la suivante : d’une part, sous un stress pathogène intense (en vivant dans un environnement où la possibilité de contracter une maladie est très forte), une bonne stratégie de reproduction pour une femme serait de se mettre sous la protection d’un homme de haut statut ou aux ressources importantes, quitte à n’être qu’une femme parmi d’autres que cet homme protège. D’autre part, pour l’homme, posséder plusieurs partenaires lui permet d’augmenter la diversité génétique de ses descendants et ainsi d’augmenter leurs chances de survie face à la maladie.

Les influences culturelles

Comme le rappelle Bobbi S. Low, nous possédons un complexe système de mariages qui sont de vraies “institutions sociales établissant des règles sociétales sur le nombre d’épouses simultanées autorisées, l’âge des partenaires, le taux de consanguinité acceptable, et ainsi de suite…”. Le mariage n’est même plus bien souvent destiné à servir les intérêts des partenaires, mais celui de parents et troisièmes partis : en fait, dans la plupart des sociétés, le choix du partenaire de mariage est imposé, parfois avant même la naissance…

Les systèmes de mariages sont généralement créés pour servir les intérêts d’un des partis (celui de l’homme en général d’ailleurs), ou d’un troisième parti. Les parents peuvent utiliser leurs enfants pour former des alliances avec de riches et puissantes familles. Ces systèmes de mariage viennent s’opposer aux systèmes d’accouplement qui pourraient se mettre en place sans aucune contrainte culturelle existante.

La culture ne se contente pas de créer des systèmes de mariage différents de ce qui serait optimal d’un point de vue évolutionnaire, elle va jusqu’à créer des systèmes de mariage qui sont néfastes pour la reproduction des individus.

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Une parade possible serait d’autoriser les curés chippendales.

Le célibat des prêtres est un exemple de pratique culturelle qui paraît néfaste pour ceux qui le pratiquent. Bien qu’autrefois il put être un avantage dans ces grandes familles où avoir un fils curé permettait une élévation de statut de la famille, une possible augmentation des ressources et un héritage plus simple à partager, la diminution du nombre d’enfants par famille entraîne des dilemmes cornéliens aux familles à fils unique : faut-il faire de son enfant unique un messager de Dieu et renoncer par là-même à toute descendance ? De fait, l’église catholique a de plus en plus de mal à recruter dans ces régions du monde où la fertilité des femmes diminue.

A propos de fertilité des femmes… Vouloir faire carrière et gagner sa vie aussi bien qu’un homme est certainement un but louable, sauf pour la sélection naturelle ! C’est un autre exemple de comportement culturel qui entraîne une aberration d’un point de vue évolutionnaire : le repoussement de la date de la première grossesse, le dépassement de la période de fertilité… La taille des populations diminue et de nombreuses sociétés occidentales passent sous le seuil de fertilité de remplacement. Attention je n’ai pas dit que cela justifiait qu’on interdise aux femmes ces comportements ! Je suis simplement en train de montrer comment certains traits culturels sont en contradiction avec l’intérêt reproducteur des individus. Je préfère toujours préciser… Par ailleurs, le fait que la culture façonne de façon importante nos systèmes sexuels ne veut pas dire que le biologique n’a plus d’importance. Les préférences naturelles sont toujours là et peuvent être mises en évidence au niveau psychologique et physiologique, comme nous l’avons vu en 1/. Simplement, ne pas suivre les normes culturelles en vigueur dans son entourage peut se révéler parfois tellement coûteux qu’il vaut mieux faire alors une croix sur ses préférences personnelles.

C’est fini ! Désolé d’avoir été si long au cours de ces trois articles qui je l’espère vous auront tout de même appris quelque chose.

L’humain est-il un polygame refoulé au final ? Je vous laisse vous faire votre avis après la lecture de ces trois articles. Ce qui est sûr, c’est que la réponse ne pourra pas être un simple oui ou un simple non, et devra prendre en compte la diversité des pressions de sélection ayant pu modeler l’évolution du comportement sexuel humain, les différences mâles-femelles, le rôle de l’écologie et le rôle de la culture…

À emporter

  • La majorité des société humaines est polygyne (84 % des sociétés), puis monogame (15 %), puis polyandre et promiscuite.
  • La monogamie présente chez l'humain ressemble plus souvent à de la "monogamie sociale" : elle n'empêche pas les rapports sexuels extra-conjugaux, elle n'est donc pas une monogamie sexuelle.
  • Bien que les études sur le sujet ne soient pas très précises, Dr House a sûrement tort : seuls quelques % (entre 1 et 5 % ?) de pères élèveraient l'enfant d'un autre sans le savoir, et pas 30 %.
  • L'environnement dans lequel vit l'humain influe sur son système sexuel : par exemple, vivre dans un habitat où les risques de maladies sont importants augmente le taux de polygynie.
  • Enfin, le rôle de la culture est également important pour déterminer le type de système sexuel de l'humain. Cependant, cela ne veut pas dire que les préférences biologiques sont effacées : elles peuvent simplement être mises sous silence.

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15 réactions à “L’humain est-il un polygame refoulé ? Partie 3/3 : écologie, culture et Dr House”

  1. Laurent

    25 Oct 2012

    à 15:33

    Vous oubliez un détail dans votre analyse, cependant bien documentée, c’est que le taux de paternité extra conjugale change en fonction du rang de l’enfant dans la fratrie. En effet, le troisième enfant est plus souvent que ses frères et sœurs le résultat d’aventures extra conjugales. Dans ce cas précis, il semble me souvenir que le fameux taux monte au moins à 30% si ce n’est 50%. Bien sûr, il s’agit de vieilles données reflétant la société d’alors, quand séparations et divorces n’étaient pas vraiment admis socialement (et je suis désolé de ne pouvoir proposer la référence, je l’ai juste eu à un moment entre les mains).

    J’ignore si le Dr House tient compte de ce détail lui même, et qu’il base son jugement sur le rang dans la fratrie. Ce peut aussi être une approximation rapide de la part du scénariste…

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    • Stéphane

      25 Oct 2012

      à 15:33

      Et je ne connaissais pas cet aspect ! N’hésitez pas à indiquer la référence si vous la retrouvez. Mais s’il s’agit de vieilles données comment se faisaient les tests de paternité exactement ?

      Pour Dr House, je pense en effet que le scénariste n’a pas creusé, c’est un chiffre qui ressort assez souvent ces taux de paternité extra-conjugale exorbitants.

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      • Laurent

        25 Oct 2012

        à 15:33

        Les tests se faisaient tout simplement en regardant les groupes sanguins. D’après mes souvenirs, il s’agissait d’un exercice basique de génét des pops où l’on tenait compte de la fraction “cachée” de descendance illégitime estimée en connaissance de la fréquence des groupes sanguins dans les populations (essentiellement européennes, données récoltées entre 1950 et 1970). Je me souviens avoir eu le papier dont étaient tirées les données, et aussi de la discussion qui a suivi: les enseignants avaient fini par abandonner les tests de groupe sanguin chez les étudiants justement parce que cela posait de vrais problèmes éthiques… Du coup, un TP de génétique mendélienne classique se transformait en TD de génétique des populations intéressant.

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  2. David

    26 Oct 2012

    à 15:33

    Un avantage supplémentaire en faveur de la monogamie (enfin la mono-andrie) que je viens de lire dans le Nature d’il y a 2 semaines :

    http://www.nature.com/nature/journal/v490/n7418/full/nature11462.html

    Chez les mammifères, il doit exister un mécanisme de suppression immunitaire pour que la mère tolère son fœtus alors que celui ci contient la moitié d’étranger (le père). Or il se trouve que ce mécanisme possède une mémoire dans l’organisme, qui fait qu’un fœtus d’un mâle qui a déjà été père dans une précédente grossesse sera mieux toléré par l’organisme de la mère.

    Bref, la mère a un intérêt à ne pas changer de partenaire.

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  3. Arobase

    27 Dec 2012

    à 15:33

    L’Homme étant un animal social, voici ma question. Quelle société est-elle préférable: celle qui s’organise autour du plus faible (l’enfant sans défense) ou celle qui s’organise autour du plus fort (le mâle)?

    Reply to this comment
    • Stéphane

      27 Dec 2012

      à 15:33

      Bonjour,

      j’ai du mal à comprendre ce que vous voulez dire. Je ne vois pas pourquoi le plus faible serait l’enfant sans défense, le plus fort le mâle, et pourquoi il faudrait choisir entre les deux alternatives. De plus je n’ai pas l’habitude de dire ce qu’il serait le mieux de faire sur ce blog, je me contente de décrire ce qui est et de l’interpréter. Je ne pense donc pas pouvoir répondre à votre question. Bien à vous,

      Stéphane.

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  4. […] Un billet relié d’Homo Fabulus qui cite notamment Dr House : L’Homme est-il un polygame refoulé ? Partie 3/3 : écologie, culture et Dr House […]

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  5. Hen

    23 Oct 2013

    à 15:33

    Bonjour, j’aime beaucoup votre blog très intéressant !

    J’ai juste une question : quand vous dites”, il fait référence à cette distinction entre monogame social et monogame génétique (ou sexuel, puisque quelqu’un qui n’est pas monogame génétiquement ne peut, sauf cas d’adoptions, être monogame sexuellement).”, je ne comprends pas : l’homme peut être monogame sexuel dans le cas d’un couple non monogame génétiquement s’il est trompé alors que lui reste fidèle, non ?

    En clair quand on parle de monogamie on parle du couple ou de l’individu ? Il me semble que c’est le couple (puisque c’est un système d’accouplement) mais vous parlez de l’homme monogame, donc je ne sais pas…

    Désolée de vous embêter et merci de votre article !

    Reply to this comment
    • Stéphane

      23 Oct 2013

      à 15:33

      Il n’y a pas de problème au contraire les commentaires sont faits pour ça. Bienvenue sur le blog !

      En effet par monogamie on parle souvent du système sexuel du couple, ou plus précisément de l’espèce. Mais si les couples le sont alors les individus le sont le plus souvent également.

      “L’homme peut être monogame sexuel dans le cas d’un couple non monogame génétiquement s’il est trompé alors que lui reste fidèle”

      Vous vouliez dire “monogame social” je pense ? On pourrait dire en effet que l’homme sera monogame social mais pas monogame génétique dans ce cas, mais on pourrait dire la même chose pour la femme : même si c’est elle qui a trompé, son couple reste “monogame social” précisément car la tromperie n’est pas assumée. C’est un peu subtil j’avoue, mais si on pense en terme de couple et pas d’individu il me semble que la confusion disparaît ?

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  6. infofaillite

    16 May 2014

    à 15:33

    La danseuse tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, son reflet tournera toujours à l’envers

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  7. Manwe

    27 Jan 2016

    à 15:33

    Quelques réflexions personnelles.

    Et si la monogamie en série avait été un impératif dans la survie de l’humanité?
    Il y a 40000 ans la population mondiale est estimée à 1.5 millions d’individus. Supposons, à la louche, que la moitié de la population est en Afrique (30 millions d’amis et de km²) cela nous fait 0.025 habitant au km². Pour faire un compte rond je prends des tribus de 25 individus on a donc une tribu tout les 1000km² (carré de 32x32km)! Nous aurions donc d’un côté des groupes humains dispersés et un impératif de diversité génétique (car ces groupes sont de très petites tailles). Je suppose par conséquent que la rencontre de deux tribus est un événement plutôt rare et une occasion énorme de gagner en diversité génétique. Ils font l’amour et surtout pas la guerre. Les couples auraient un énorme intérêt à se défaire à cette occasion pour changer de partenaire.

    Cela pourrait également expliquer la tendance à la baisse au cours du temps des rapports sexuels dans le couple. Plus le couple est vieux, moins il a de rapports sexuels et donc plus il a de chance d’être disponible lors d’une rencontre avec une autre tribus (pas de nourrisson et pas de grossesse visible).

    Cela peut éclairer également l’évolution dans nos sociétés occidentales où malgré le libre choix de son partenaires les couples résistent de plus en plus mal à l’épreuve de temps. La séparation entre époux étant de mieux en mieux tolérée, le modèle familiale tendrait vers un modèle “naturel” de monogamie en série.

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  8. nike air max

    25 Jul 2016

    à 15:33

    The next time I read a blog, I hope that it does not fail me just as much as this one. After all, Yes, it was my choice to read through, but I actually thought you would probably have something helpful to talk about. All I hear is a bunch of whining about something that you could fix if you were not too busy seeking attention.

    Reply to this comment
  9. Benjamin

    9 Sep 2017

    à 15:33

    Bonjour,

    Bravo pour cet article bien structuré, et votre effort de promotion de l’approche naturaliste en sciences humaines.

    Pour développer le point sur l’influence de l’écologie dans le système de reproduction, il me semble que vous pourriez aller plus loin en considérant ses stratégies de reproduction au sein de l’organisation sociale globale, et notamment de la coopération (c’est votre domaine en plus) pour l’accès aux ressources.

    Je m’étais intéressé à cela il y a bien longtemps, et ai retrouvé cet article de Kaplan par exemple.
    http://rstb.royalsocietypublishing.org/content/364/1533/3289

    Il propose un modèle avec plusieurs paramètres interdépendants, dont le système d’accouplement, pour expliquer les différences entre les structures sociales pouvant évoluer dans les contraintes de notre niche écologique (la niche cognitive comme l’appelle S. Pinker).

    Dans ce modèle, la monogamie est un système performant lorsque l’accès aux ressources naturelles est libre et donc la collecte de nourriture aléatoire, rendant avantageuse la relation monogamique de long-terme, coopérative. Ainsi, dans les groupes de chasseurs-cueilleurs ou la richesse matérielle ne peut être accumulée, et le produit de la chasse et de la cueillette incertain, la monogamie est majoritaire.

    La polygynie apparait lorsque l’accumulation de richesse devient possible, rendant la coopération moins importante pour le succès reproductif des hommes (riches) et des femmes. Cas des sociétés agraires ou pastorales. La polygynie peut aussi s’imposer quand la réussite dépend moins de la complémentarité homme-femme (par exemple si les femmes se mettent à chasser).

    On est ensuite tenté d’utiliser cette grille de lecture pour les sociétés occidentales industrielles interdisant la polygynie. On pourrait logiquement s’attendre à ce que la polygynie (sexuelle et génétique, puisque socialement la monogamie reste de rigueur du fait de l’inertie des normes culturelles) soit corrélée avec le revenu du mâle : les riches auraient plus d’enfants issus de relations avec des maitresses. À mesure que ces sociétés deviennent de plus en plus inégalitaire (ce qui est le cas que depuis une trentaine d’années), on pourrait même imaginer voir ce phénomène s’accentuer.

    Je ne sais pas si les données existent, mais je spéculerais que si les hommes riches ont probablement plus de partenaires sexuels simultanés que les hommes de revenus ou patrimoines plus modestes (à cause de leur plus grand prestige), ils n’ont pas plus d’enfants simultanément de femmes différentes : le risque serait en effet grand de crouler sous les actions de demande en reconnaissance de paternité de la part des femmes se sentant flouées. Mettant ainsi en péril leur succès, par perte de contrôle sur la transmission de l’héritage. La monogamie en série est donc une meilleure stratégie.

    Bonne continuation !

    Reply to this comment
  10. BLOP

    15 Sep 2017

    à 15:33

    Bonjour !
    Je découvre ce blog aujourd’hui, il est bien intéressant et on souhaiterait en trouver plus ^^

    Juste une petite remarque sur la citation de Docteur House. Selon moi, il y a une erreur sur son interprétation : il ne faudrait pas y comprendre “30% des enfants sont nés d’adultères” mais “Seul 70% des “pères” d’enfants adultérins se rendent compte que leur enfant n’est pas d’eux”.

    Bonne continuation !

    Reply to this comment

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