Une critique classique de la psychologie évolutionnaire (et une réponse classique)

435 lectures. Publié le 4 October 2019 par dans la catégorie Billets d'humeur, Psychologie évolutionnaire

Une critique classique de la psychologie évolutionnaire (et une réponse classique)

Voici ma réponse au 2e billet du blog Cenestquunetheorie, billet qui critiquait la psychologie évolutionnaire.

Il est recommandé d’aller le lire bien sûr mais je vais le citer abondamment dans ma réponse :

https://cenestquunetheorie.com/2019/08/16/debats-3-levopsy-un-cas-decole-de-lecueil-adaptationniste/

Comme le billet de Cenestquunetheorie s’appuyait sur une critique de l’adaptationnisme en général (et pas qu’en psychologie évolutionnaire), et que j’ai déjà argumenté contre cette critique, je ne vais pas répondre à nouveau aux paragraphes qui traitent d’adaptationnisme. Je vais me concentrer sur les nouvelles critiques qui concernent spécifiquement la psychologie évolutionnaire. Si certaines de ces critiques sont caricaturales, nous allons voir que bon nombre d’autres remarques sont déjà intégrées et discutées par les chercheurs. Madame, une part de vous est déjà psychologue évolutionnaire : sur bien des points, la discipline travaille déjà comme vous aimeriez qu’elle travaille !

(NB: Vous avez précisé plus tard sur Facebook que ces critiques s’adressent plus à la façon dont les chercheurs travaillent en pratique qu’aux textes de référence de la psychologie évolutionnaire. Étant donné que 1/ il n’y a aucune donnée appuyant la réalité de cette distinction 2/ je ne vois pas comment quelqu’un qui n’a pas travaillé dans le champ peut savoir comment les chercheurs travaillent en pratique 3/ cette distinction n’est indiquée nulle part dans votre billet, et donc plein de gens qui vont le lire vont prendre ces critiques comme des défauts inhérents à la discipline, je vais faire comme si cette distinction n’existait pas.)

En italique sont les citations du billet de Cenestquunetheorie. C’est parti :

Étrangement, il y a une hypothèse alternative aux adaptations directes que l’evopsy utilise beaucoup, et c’est l’explication par le fait que certains comportements sont des reliquats, qu’ils résultent de pressions de sélection ayant eu lieu au pléistocène

Effectivement, la psychologie évolutionnaire n’est pas si adaptationniste que ça au final… Elle ne prétend pas que tous les comportements humains actuels sont à un optimum de fitness. Ceci ne paraîtra “étrange” qu’à quelqu’un qui a une vision déformée du domaine.

il est légitime de se demander si des modèles plus parcimonieux en hypothèses ne seraient pas plus plausibles. Par exemple, on pourrait supposer que le cerveau n’est pas toujours parfaitement optimal et ne trouve pas des solutions parfaites à tout parce que la sélection naturelle ne fait pas tout : le cerveau n’est « que » le produit d’un bricolage évolutif,

Vous avez parfaitement raison, et vous êtes en accord avec les travaux en psycho évo ! Concernant l’optimalité, voici ce qu’en disent Tooby et Cosmides dans un des textes fondateurs de la discipline (the psychological foundations of culture) :

“Individual organisms are best thought of as adaptation-executers rather than as fitness-maximizers”.

Ils reconnaissent donc très bien que le cerveau n’est pas toujours optimal.

Sur le bricolage évolutif, ils ne disent pas non plus autre chose que vous :

“the computational mechanisms that generate maternal love, grammar acquisition, mate selection, kindirected assistance, or reciprocation can be expected to parallel Ramachadran ’s characterization of perception as, essentially a “bag of tricks;” that through millions of years of trial and error, the visual system evolved numerous short-cuts, rules-of-thumb and heuristics […]

Lisez-les dans le texte, vous verrez c’est très bien !

ou encore qu’un cerveau plastique -qui n’aurait de codé en dur que la capacité à intégrer un fonctionnement déterminé par la culture serait à même de répondre à une plus grande diversité de problèmes avec pour coût le fait de répondre moins bien à chaque problème pris individuellement

Dans le même texte, Tooby et Cosmides, tout en mentionnant des limites importantes à la plasticité, reconnaissent toute son importance :

“The ability to adjust behavior flexibly and appropriately to meet the shifting demands of immediate circumstances would, of course, be favored by selection, other things being equal. What organism would not be better off if it could solve a broader array of problems? ”.

Ils reconnaissent aussi absolument la possibilité d’algorithmes généraux (et ce texte date d’il y a 30 ans) :

“The debate about language acquisition brings this issue into sharp focus: Do general purpose cognitive programs cause children to learn language, or is language learning caused by programs that are specialized for performing this task? This cannot be answered a priori. It is an empirical question”.

Ils font également exactement les mêmes remarques que vous sur le coût d’être domain-general :

“A basic engineering principle is that the same machine is rarely capable of solving two different problems equally well. We have both screw drivers and saws because each solves a particular problem better than the other. Just imagine trying to cut planks of wood with a screw driver or to turn screws with a saw.”

On peut encore supposer que ces ‘biais cognitifs’, ces comportements vus comme irrationnels, sont en fait parfaitement fonctionnels la plupart du temps

Madame, une fois de plus vous êtes en harmonie avec le discours de la psychologie évolutionnaire. Les “biais cognitifs” sont justement surtout avancés par l’économie comportementale et la psychologie cognitive, alors que la psychologie évolutionnaire essaie de leur donner du sens. Par exemple la théorie argumentative du raisonnement dont j’ai parlé sur mon blog fait exactement ça, montrer comment des biais sont fonctionnels. À nouveau, la psycho évo fait déjà exactement ce que vous lui demandez de faire !

[Sur l’étude des préférences de jouets des singes:]

L’étude présente de nombreuses limites qui ne sont pas données dans les articles qui la vulgarisent pour parler des possibles implications de ces résultats pour l’humain

Oui, tout comme les détails ne sont pas donnés dans *tous* les articles de vulgarisation de *n’importe quelle* discipline. Cette critique en partie justifiée (en partie seulement car ce n’est jamais facile d’adopter la bonne balance explication / simplification quand on vulgarise) n’est pas spécifique à la psycho évo.

D’autre part, et ça c’est lié à un défaut de la psychologie en général, l’evopsy va tirer des conclusions sur l’humanité entière à partir d’expériences portant sur des échantillons humains pourtant très peu représentatifs de l’ensemble de l’humanité, en particulier les WEIRD.

Encore une remarque pertinente déjà prise en compte par la psychologie évolutionnaire. Cette importante critique a été faite par Henrich en 2010 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20550733 et de nombreuses publications récentes en psycho évo testent maintenant dans différentes cultures (par exemple la dernière de Tooby et Cosmides https://www.cep.ucsb.edu/papers/Shame%20traditional%20societies%20PNAS%20Szyncer%202018%20+SI.pdf ). La psycho évo est plus en avance que le reste de la psychologie sur ce point, à noter quand même la difficulté et le coût incroyable de tester dans différentes cultures, on ne peut pas tout le temps faire ça !

des psycho-biologistes s’attachent encore, au présent, à chercher l’innéité de la préférence du bleu chez les garçons et du rose chez les filles en regardant la labilité du trait (voir par exemple Wong et Hines 2015 et la littérature qu’ils citent), alors qu’il est déjà absolument évident pour les sociologues et les historiens que c’est un comportement extrêmement contemporain, et localisé dans l’espace.

Attention à la façon dont des études nouvelles, parfois de faible qualité et peu représentatives du champ sont montées en épingle et présentées comme des travaux majeurs par des opposants au domaine. L’étude de Wong et Hines que vous citez par exemple c’est 31 citations. Une étude plus classique comme “The dawn of Darwinian medicine” par exemple c’est 785 citations https://scholar.google.com/scholar?hl=en&as_sdt=0%2C5&q=The+dawn+of+Darwinian+medicine&btnG= . Mais j’imagine que vous n’en avez jamais entendu parler…

Les critiques de la psycho évo s’acharnent souvent sur des études mineures et non représentatives du champ, que ce soit au niveau du sujet traité (le bleu/rose) ou de leur qualité / niveau de preuve.

Autre exemple : les evopsy avancent comme un évidence que l’appétit sexuel des hommes est supérieur de manière innée à celui des femmes, et se satisfont de patterns relationnels contemporains comme base de travail sur ces sujets (sans même vérifier l’innéité du tout, tellement « c’est évident »). En réalité, cette ‘évidence’ n’est qu’une croyance moderne, et c’est la croyance inverse qui prévalait en Europe à le Renaissance: les femmes étaient censées être sexuellement insatiables, et les hommes bien d’avantage capables de contrôler leur « désirs primaires » grâce à leur rationalité naturellement plus grande (Jordan-Young, 2016)

Trois remarques :

1/ “les femmes étaient censées être sexuellement insatiables” : en quoi ce que les femmes sont censées être nous informe sur ce qu’elles préfèrent être ? En Chine on trouvait jusqu’à il y a peu des femmes qui étaient “censées” aimer avoir les pieds bandés pour avoir des petits pieds, et bien je peux vous assurer que ce n’est pas pour autant qu’elles aimaient cela.

2/ Même si c’était vrai qu’à la Renaissance les femmes avaient un appétit sexuel plus fort que celui des hommes, comme si un contre-exemple était à même de remettre en cause un des résultats les plus forts de la psycho évo, supporté par des dizaines d’études, y compris chez l’animal… (la publi de référence est mais tout bouquin sur la psycho évo consacre généralement un chapitre entier à ces questions, voir ma liste de ressources conseillées ici )

Je vais vous donner un exemple simple pour illustrer ça. La biologie nous dit qu’il existe très probablement dans le cerveau des primates un algorithme qui les pousse à apprendre à avoir peur plus facilement des serpents que des fleurs. Mais pour que cet algorithme s’exprime, encore faut-il grandir dans un milieu où se trouvent des serpents. Sinon aucune peur des serpents ne sera développée ! De plus, dans certaines conditions environnementales particulières, on pourra faire désapprendre la peur des serpents aux humains, ou leur apprendre à avoir peur des fleurs (avec des associations de décharges électriques, etc). En clair, il est possible que dans certaines conditions environnementales/culturelles, on trouve des comportements qui vont à l’encontre de ce que prédit l’hypothèse de l’existence d’un algorithme peur-des-serpents, mais ce n’est pas pour autant que cette hypothèse est fausse. De la même façon, votre anecdote historique ne vient en aucun cas contredire l’hypothèse d’une différence (moyenne !) d’appétit sexuel entre hommes et femmes.

Pour donner un autre exemple plus proche de moi, j’ai travaillé sur les bases biologiques de la morale pendant ma thèse. Si je dis à un chercheur en SHS que je pense qu’il y a des bases biologiques à la morale, il risque fort de me rire au nez. Et pourtant, l’hypothèse a beaucoup de sens, comme j’ai essayé de le montrer ici : 

et elle n’entre pas en contradiction avec la variabilité de la morale observée par les SHS, tant que vous n’avez pas une vision naïve de la façon dont fonctionne un cerveau, comme j’ai essayé de le montrer ici :

La psycho évo et les SHS peuvent donc être complémentaires et éclairer des facettes différentes du comportement humain.

3/ Vous n’êtes pas sans savoir que la science traverse une crise de réplicabilité sans précédent et que certains de ses résultats, qui étaient considérés comme étant à la pointe de la recherche scientifique il y a encore dix ans, sont aujourd’hui fortement remis en question. En tout cas moi je n’hésite pas à les remettre en question, même s’ils sont issus de ma discipline de formation. Ne pensez vous pas que les résultats de la sociologie, qui pour certains ont été établis en des temps éloignés, devraient faire l’objet du même examen critique ? Ici vous semblez supposer que les résultats de la sociologie sont intouchables, mais peut-être que je me trompe.

Il suffirait aux chercheurs en evopsy de tendre le bras, pour trouver des données qui remettent en cause leurs hypothèses de travail… dans les autres disciplines. Comme je le disais en première partie : il faut être proactif dans la vérification des hypothèses de travail, et pas seulement attendre qu’elles tombent du ciel, sous prétexte que « c’est ainsi que la fonctionne la science, on teste ce qu’on peut et ce sera démenti si ça doit l’être ».

Vous avez raison, le dialogue entre les disciplines n’est pas facile, mais ce n’est pas une critique spécifique à la psycho évo. La psychologie évolutionnaire est sinon extrêmement bien informée de tout ce qui se fait en sciences cognitives et biologie, comme je vous l’ai montré plus haut.

[Sur la FAQ qui propose d’abandonner le terme “plasticité”]:

Oui; cesser de chercher les optimums évolutifs seulement, c’est moins simple, ça fait qu’on n’explique plus tout par la biologie aussi facilement… c’est en fait ce qu’on se tue à leur dire. Mais on n’en tire pas les mêmes conclusion : eux, c’est sur la base de cet ‘argument’ de pouvoir explicatif limité (qui n’en est pas un, on ne choisi pas une méthode plutôt qu’une autre juste pour pouvoir expliquer, ça n’a aucun sens, sinon la théologie explique déjà tout elle aussi, en fait) qu’ils disent qu’il faut ‘balancer’ le concept. Pas mieux l’intégrer, le balancer

Vous n’avez pas compris ce que l’auteur voulait dire dans cette FAQ. L’auteur (qui au passage est un chercheur en biologie reconnu et connaît très bien la recherche sur la plasticité) dit noir sur blanc, 1ere ligne : “the real question is how and why behavior can change”. En d’autres termes, il ne rejette pas la plasticité, il dit simplement qu’on ne peut pas coller l’étiquette “plasticité” à tous les comportements et s’arrêter là en pensant avoir tout expliqué. Les vraies questions sont pourquoi et comment et quand et où la plasticité.

Pensez à mon exemple ci-dessus du programme cognitif de peur des serpents qui est un programme d’ *apprentissage*, plastique, qui s’adapte à l’environnement : la psycho évo ne nie pas la plasticité !

Vous pouvez aussi regarder un programme de confs de psycho évo, vous verrez qu’il y a toujours une session entière consacrée à la culture, ou à l’apprentissage social. https://www.tse-fr.eu/sites/default/files/TSE/images/conference/booklet_ehbea_2019_web.pdf

Et ce en mesurant la force de la sélection sur les traits, pour voir si elle est conservatrice ou directionnelle, ce qui implique de d’abord connaitre les déterminismes génétiques fins pour éclaircir les mécanismes précis déterminant les traits

Si nous avions besoin de connaître les déterminismes génétiques pour identifier des adaptations, Darwin n’aurait jamais pu formuler sa théorie de l’évolution. Mais bon on retombe ici dans le débat sur l’adaptationnisme sur lequel nous avons des points de vue différents.

chercher une explication à un pattern sans avoir auparavant démontré qu’il y a un pattern à expliquer (ici, de la sélection), c’est équivalent à chercher une explication à l’efficacité de l’homéopathie sans préalablement avoir cherché à démontrer si l’homéopathie est plus efficace qu’un placebo

À nouveau, il y a un pattern à expliquer, c’est la fonctionnalité, le “design” (cf mon billet précédent).

Certains auteurs répondent encore à ces critiques par le fait que l’evopsy aurait permis de faire (et vérifier) des prédictions qui n’avaient jamais été faite auparavant en psychologie (Confer et col. 2010). On peut répondre à cela que c’est l’éclairage de la biologie évolutive, et non spécifiquement de l’évopsy (avec les hypothèses de travail très spécifiques mentionnées ci-avant, en particulier l’innéisme)

Si par “innéisme” vous voulez dire “qui ne prend pas en compte la plasticité/l’environnement”, vous vous trompez encore sur ce qu’est le champ. Je ne pense pas que vous ayez lu ce billet, je pense qu’il pourrait vous intéresser : http://homofabulus.com/six-idees-recues-sur-la-psychologie-evolutionnaire/

La psycho évo, C’EST la biologie de l’évolution appliquée à la psychologie, il n’y a pas de distinction. J’espère que mes citations des textes fondateurs plus haut vous auront convaincu que la psycho évo prend *déjà* en compte la plasticité, l’environnement, le bricolage évolutif, la non-optimalité, bref tout ce que la biologie de l’évolution nous a appris. Le reste des hypothèses de travail (comme la modularité) est inspiré des sciences cognitives et à même d’être mis à jour au fur et à mesure de l’avancée des recherches.

Que seule une discipline nouvelle, avec des prémisses entièrement différentes, pourra concilier les apports de la biologie évolutive et des sciences humaines et sociales.

Tel était le but des fondateurs de la psychologie évolutionnaire, il y a 30 ans. Des chercheurs brillants issus de différentes disciplines se sont réunis pour concevoir un tel programme de recherche qui ferait la jonction entre biologie et SHS. De cette réunion et réflexion de longue haleine, nourrie des échecs précédents de la sociobiologie humaine, est née la psychologie évolutionnaire et son paradigme, qui prend en compte l’environnement, la plasticité, la non-optimalité, la dérive, bref tous les apports de la biologie de l’évolution classique, et qui malgré tous les défauts que vous lui attribuez, ne cesse depuis 30 ans d’accumuler les publications, et publie régulièrement dans le top 3 des meilleurs journaux scientifiques.

Je vous invite à lire ce billet que j’ai un peu écrit en pensant à vous : http://homofabulus.com/la-psychologie-evolutionnaire-une-pseudoscience-verolee-en-marge-de-la-science-qui-peine-a-produire-des-resultats/). Ce n’est pas un billet sur le fond de la psycho évo, mais un billet sur son acceptation et son intégration dans l’édifice de la science moderne. Peut-être que savoir ce que pense une grande partie de la communauté scientifique sur la psychologie évolutionnaire vous aidera à changer d’avis.

(Cela dit, vous allez peut-être finir par avoir raison, car certains chercheurs songent à changer le nom de la discipline à cause de sa mauvaise réputation, même s’ils pensent que cette mauvaise réputation n’est pas du tout justifiée).

[Sur les récupérations politiques de la psycho évo:]

Ces discours se réclament de l’evopsy, et, de fait, prennent leur source, à des degrés variables, dans les travaux de la discipline, et on ne trouve pas de tribunes ou de démentis de la part des chercheurs de la discipline pour les contrer (alors qu’on trouve facilement, par exemple, des tribunes d’épidémiologistes contre les discours antivax qui déforment le contenu des études épidémiologiques). Ces discours sont tolérés, en fait, pour la bonne raison qu’ils sont considérés comme des approximations à peu près acceptables de ces travaux.

Vous avez raison que les retombées sociales de la science, et la façon dont elle peut nourrir des discours anti-humanistes, sont un sujet très important. Mais vous vous trompez sur la façon dont les chercheurs y répondent. Les chercheurs en psycho évo alertent depuis longtemps sur le paralogisme naturaliste (http://evostudies.org/wp-content/uploads/2012/02/geher-2006.pdf , Pinker dans The blank slate le fait aussi, moi je le fais aussi :

Si c’est important pour vous, sachez que la plupart des chercheurs en psycho évo sont de gauche (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26181309), comme tous les chercheurs . Et ça les embête bien quand leurs recherches sont récupérées.

Par ailleurs, votre comparaison avec les antivax n’est pas valide car les chercheurs en psycho évo sont bien moins nombreux que les chercheurs en épidémiologie. De plus, les chercheurs en psycho évo se font taper dessus dès qu’ils sortent en public, donc ils préfèrent se cacher.

Et puis, pour reprendre un exemple qui a fait la Une il n’y a pas si longtemps, et qui est très bien compris par les militants de gauche, reprocheriez-vous aux musulmans de ne pas se désolidariser des attaques islamistes de Charlie Hebdo ? Je ne me sens personnellement pas du tout obligé de condamner les dérives, même si je le fais quand même.

Par exemple, on pourrait croire que l’homosexualité est un trait comportemental assez clair, aux contours bien définis. Pourtant, l’homosexualité, ça peut être le fait d’avoir des pratiques sexuelles (avoir des rapports avec des personnes du même sexe) indépendamment d’attirances, juste pour le plaisir (comme par exemple le fait de se masturber est une sexualité indépendante de toute attirance), le fait d’avoir une attirance pour les personnes du même sexe, le fait de ressentir un dégoût à l’idée d’avoir des relations sexuelles avec des personnes du sexe opposé, etc. (on peut encore imaginer d’autres définitions). On voit très vite, quand on y réfléchi, que l’homosexualité n’est pas un simple trait, pas du tout.

Tout bon article sur l’homosexualité prendra soin de dire en introduction la définition qu’il utilise. Toutes ces “nuances d’homosexualité” dont vous parlez sont bien connues des chercheurs. D’autre part, je ne comprends pas votre remarque sur la simplicité. Qui a dit que l’homosexualité était simple ? Ou pensez-vous que la science doit se limiter à étudier des choses simples ?

on peut prendre l’exemple d’un généticien en recherche d’un déterminisme génétique de l’homosexualité

“Déterminisme génétique de l’homosexualité” -> typiquement une expression que les chercheurs qui bossent sur le sujet éviteront d’utiliser. Ils diront soit “déterminisme génétique partiel” soit “influence génétique”. Ça peut paraître un détail mais ça ne l’est pas, car cela contribue à la caricature du camp opposé.

[Un chercheur] pourra par exemple définir l’homosexualité comme étant une attirance plus forte pour les personnes du même genre que pour les personnes du genre opposé. La limite de cette définition, on le voit bien est qu’on s’écarte de ce qu’est l’homosexualité dans l’entendement commun… et de fait, on n’explique plus réellement ce qu’on prétendait expliquer au départ.

Je ne comprends pas comment il est possible, dans le même paragraphe, que vous fassiez une critique du fait qu’un mot puisse avoir plusieurs définitions, et une critique du fait qu’un chercheur choisisse une définition précise. Définition qui, pour moi, n’est pas vraiment écartée de l’entendement commun.

c’est ce que fait Jacques Balthazart, qui n’est pas psychologue évolutionniste mais dont les travaux pourraient facilement être repris dans un argumentaire evopsy s’intéressant aux causes évolutives de l’homosexualité

Ceci est à nouveau un “détail” mais un détail important pour moi : beaucoup de vos critiques peuvent être redirigées contre l’ensemble des sciences naturalistes du comportement. À titrer votre billet “L’évopsy”, vous laissez sous-entendre que ces torts seraient limités à cette discipline, qu’elle serait une discipline “à part”, alors que pas du tout, elle s’inscrit dans la continuité de toutes les sciences du comportement humain. Vous pouvez critiquer la psycho évo, mais dans ce cas faites aussi des billets pour critiquer la génétique comportementale, l’écologie comportementale, l’endocrinologie du comportement, etc…

C’est pour le moins présomptueux quand on prend conscience du faible niveau de preuve auquel l’evopsy a accès.

Voilà une question que je trouve réellement intéressante, sans ironie. Quel est le niveau de preuve que l’on peut atteindre en psycho évo ? Personnellement, j’accepte qu’il soit plus bas que dans d’autres disciplines. Ou plus exactement, je pense qu’il est plus dur d’atteindre le même niveau de preuves en psycho évo que, par exemple, en physique. Par contre, je ne pense pas qu’il soit vraiment plus dur d’atteindre un certain niveau de preuves en psycho évo qu’en biologie de l’évolution ou cosmologie ou toute discipline qui étudie le passé, et c’est pourquoi je trouve ces attaques injustes (on en demande beaucoup plus à la psycho évo qu’aux autres “sciences du passé”).

Et si l’hypothèse alternative est une hypothèse des SHS justifiée par une “anecdote historique” comme celle que vous rapportiez plus haut sur l’appétit sexuel… je ne vois pas vraiment comment ça pourrait faire pencher la balance en faveur de cette hypothèse alternative.

À ce propos, ferez-vous un jour un billet sur les problèmes méthodologiques des SHS ? C’est “intéressant” que la psycho évo soit souvent attaquée sur ses méthodes par les SHS, et bien que comme vous l’avez vu ci-dessus je ne me défende pas en contre-attaquant, je pense qu’il serait bon de votre part que vous nous donniez votre avis sur le niveau de preuve atteint en SHS.

Enfin, vos derniers paragraphes concernent les problèmes potentiels éthiques et politiques de la psycho évo. Cela fait aussi partie des problèmes que je trouve très intéressants à discuter. Mais ils sont complètement déconnectés des problèmes “scientifiques” sur lesquels vous avez axé vos billets ! Vous trouvez la psychologie évolutionnaire dangereuse ? Très bien, discutons-en ! Mais pas besoin d’essayer de la discréditer sur le plan scientifique pour ça.

Puisque j’ai maintenant passé plusieurs heures à vous lire et vous répondre sur le fond de vos arguments, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de proposer cette petite interprétation de vos écrits, à froid, plusieurs semaines après vos premiers billets.

Je pense qu’une des raisons premières qui fait que vous avez écrit ces billets, c’est qu’on vous oppose souvent la psychologie évolutionnaire dans vos combats politiques. Nous avons été amis quelques temps sur Facebook avant que vous ne me supprimiez, et je vois donc très bien les combats que vous menez et les réponses auxquelles vous pouvez être confrontée (j’ai d’ailleurs les mêmes combats pour la plupart, mais pas les mêmes stratégies pour les mener). Ce sont également plus ou moins les mêmes combats que ceux de Kumokun, et que ceux de Gould, qui ne se cachait pas d’avoir un “agenda” à côté de son travail de scientifique.

Or, comme le suggère la psychologie évolutionnaire (http://homofabulus.com/la-theorie-argumentative-du-raisonnement/), quand on a une idée à défendre, on se met à essayer de trouver tous les arguments possibles pour la défendre. Vous avez essayé en particulier de discréditer *scientifiquement* la psycho évo en vous appuyant sur vos connaissances en biologie – non pas que vous étiez de mauvaise foi, vous êtes sûrement convaincue que l’adaptationnisme va trop loin, comme d’autres biologistes l’ont été avant vous, et cette critique reste intéressante scientifiquement parlant. Mais vous n’avez pas réalisé que ces critiques ont déjà été émises il y a des dizaines d’années et que la psychologie évolutionnaire est tout de même aujourd’hui plus active que jamais (à prendre comme une preuve que ces critiques ne l’ont pas empêché de produire des résultats et s’intégrer au reste de la science, et pas comme une preuve qu’elle n’écoute pas :) )

En conclusion, je vous invite une nouvelle fois à lire de la psychologie évolutionnaire dans le texte, et si tout ce que vous voulez c’est qu’elle cesse d’être utilisée à des fins politiques, l’attaquer sur ses qualités scientifiques n’est pas l’angle le plus fécond. Vous n’avez pas besoin de jouer le jeu de l’extrême droite et d’accepter leurs sophismes d’appel à la nature et de loi de Hume pour défendre les causes humanistes qui vous tiennent à coeur. Il me semble plus simple de défendre l’idée selon laquelle quelles que soient les différences “naturelles” qui puissent exister entre humains et que l’on découvrira dans le futur, elles ne pourront jamais justifier aucune différence en droits, comme Hume l’avait fait remarquer il y a quelques siècles.

PS : n’hésitez pas à me contacter quand vous pensez que la psychologie évolutionnaire est récupérée à des fins politiques. Je ne manquerai pas d’intervenir en tant que “spécialiste” si c’est le cas. Je l’ai déjà fait et ça ne me dérange pas de le refaire, même si comme je le précise plus haut je ne vois pas ça comme une obligation.

Merci à Pierrick et Dahlia pour la relecture et l’adoucissement des propos.

12 réactions à “Une critique classique de la psychologie évolutionnaire (et une réponse classique)”

  1. Ce n'est qu'une théorie

    4 Oct 2019

    à 16:37

    “Vous n’avez pas besoin de jouer le jeu de l’extrême droite et d’accepter leurs sophismes d’appel à la nature et de loi de Hume pour défendre les causes humanistes qui vous tiennent à coeur.”

    Cette phrase made my day :D
    Je rédige des articles hyper nuançés, avec un travail de fond, et j’ai pour réponse… ça. Bon, que répondre, franchement. Je vais répondre sur 2-3 trucs, et laisser ça comme ça.

    Je sais bien que ces chercheurs sont “de gauche”, mais soyons clair : beaucoup ne sont pas de la même gauche que moi. Je ne cache pas mes affiliations idéologiques, et je considère effectivement qu’ils faut les assumer par transparence. Elles sont là:
    http://zet-ethique.fr/qui-sommes-nous/

    Le problème de ces chercheurs est moins d’avoir un vague attachement aux valeurs de gauche que de n’avoir aucune formation politique, ce qui donne… ce à quoi on peut s’attendre quand des gens inexpérimentés dans un domaine font des trucs qui ont pourtant des conséquences dans ce domaine qu’ils ne maitrisent pas. Comme moi il y a un certain nombre d’années, hein. Je n’ai pas fait évoluer mes positions *pour répondre à mon agenda politique*, mais parce que j’ai pris conscience du fait que le niveau de preuve que l’on doit apporter *avant de communiquer* ne peut pas être découplé des enjeux (c’est le coeur de tous mes articles sur l’evopsy, et vous passez complétement à coté, en fait : les enjeux de l’evopsy sont spécifiques, au cas où vous n’auriez pas remarqué).

    Du coup, pour résumer : c’est assez co(S)mique de vous voir nous faire des leçons sur le fait de faire le jeu de l’extrême droite quand vous n’avez absolument aucune idée de la tête des luttes sur le terrain, et de la manière dont telle ou telle chose fait effectivement le jeu de quoi que ce soit. Vous êtes le bienvenu pour venir apprendre.

    Bien à vous.

    PS : ah et sur les SHS, je pense que les discours et appréciations des SHS considèrent déjà que le niveau de preuve est faible. Il n’y a personne à convaincre et rien à démontrer, aucun enjeu à le faire (sauf pour ceux qui veulent décrédibiliser les quelques trucs solides qui en sont issus). Il y a un enjeu à former les gens des SHS aux méthodes quanti, peut être. Ca tombe bien ça fait partie de mon taff IRL.

    Reply to this comment
    • Stéphane

      5 Oct 2019

      à 16:37

      Bien sûr, libre à vous de répondre sur une seule phrase en oubliant 99% du reste de ma réponse, et libre à vous de m’accuser de n’avoir aucune expérience du terrain sans avoir aucune idée de qui je suis.

      Je ne “donne de leçons” à personne. Je me contente de faire remarquer, comme d’autres avant moi, que, peut-être, (peut-être !), la stratégie de vouloir sans cesse nier les différences biologiques cognitives et / ou la discipline qui les a produites n’est pas la meilleure stratégie pour lutter contre les discriminations, et qu’elle peut même avoir des effets pervers. Libre à vous de continuer à penser le contraire, on aurait pu en débattre, ça aurait été intéressant, mais ce dernier commentaire ne m’incline pas à penser que ce débat avec vous aurait été productif.

      Ce n’est pas grave, j’irai le mener avec d’autres, et pour le reste je suis encore naïvement optimiste et j’ose espérer que la masse silencieuse qui lit sans commenter saura se faire une opinion de qui a réellement adressé les questions de fond sur les supposés problèmes “scientifiques” de la psychologie évolutionnaire.

      Je vous souhaite une bonne continuation dans votre vie politique et scientifique.

      Reply to this comment
    • Khalil Saliba

      5 Oct 2019

      à 16:37

      Madame

      Pardon pour la généralisation mais les blancs de gauche s’accusent presque tous de faire “le jeu de l’extrême droite”. Toutes vos églises indéchiffrables s’accusent mutuellement de ça.

      C’est drôle mais c’est encore plus triste.

      Vos premiers articles laissaient espérer que vous vouliez une discussion véritable. Mais votre réponse est véritablement décevante.

      Se vexer, se fermer pour ça ? Alors que cette accusation est votre défaut tellement partagé et tellement commun…

      N’avez vous pas vous même accusé la psychologie évolutionniste de servir la droite ? Ou pire ? Même si cela n’était pas votre intention on le comprenait comme ça.

      J’espérais que les arguments continuent, J’espérais une suite adulte. Mais vous bloquez sur un pour cent du texte (ou moins!) et ne répondez à aucune aure remarque. Alors que je pensais une compréhension possible…

      Ce texte vous a répondu avec des défauts et des crevasses. mails il parait honnête. En réponse vous faites du judo moral inapproprié:

      “tu peux pas comprendre la politique t’as pas la formation”

      “tu sais pas ce que c’est les luttes de terrain”

      “c’est pas toi la vraie gauche t’as pas réfléchi. C’est la mienne de gauche la vraie j’ai réfléchi je suis lucide”…

      Cela ne me semble pas des remarques dignes de la personne qui a écrit les premiers articles. Ce sont des remarques arrogantes ou enfantines ou dogmatiques.

      Je vous souhaite le meilleur mais je suis déçu.

      Khalil

      ps : si un connard de faf s’est fait passer pour vous afin de vous décrédibiliser veuillez recevoir mes excuses, je viens d’y penser

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    • Stéphanie

      5 Oct 2019

      à 16:37

      Je trouve cette réponse assez pitoyable. Elle n’a aucun intérêt. Vous avez écrit plusieurs milliers de mots en accusant la psychologie évolutionnaire et les gens qui la pratiquent de tout un tas de maux (et je reste courtois).

      Résultat (attendu), votre argumentaire extrémiste s’est fait démonter façon puzzle.

      Et au lieu de faire profile bas ou amende honorable, vous essayez encore de donner une leçon de politique en vous plaçant sur un piédestal, tel un parangon de vertu, tout en accusant l’autre de le faire.

      Bien heureusement comme vous le dites vous même à demi mot vous ne représentez quasiment personne: “les plus à droite d’entre nous sont affilié·es à la France Insoumise mais sont numériquement en large infériorité”. Le “mais” est plutôt rigolo et suggère sans le démontrer que votre expérience politique est assez limitée qualitativement.

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  2. Gaêl Violet

    4 Oct 2019

    à 16:37

    Vous avez décidément un gros problème avec la polysémie.

    Dans une de vos vidéos, vous pondiez un argumentaire affligeant où vous confondiez allégrement le goût-sens/perception et le goût-préférence comme s’il s’agissait de la même chose.

    Dans ce texte, vous remettez le couvert:

    “1/ “les femmes étaient censées être sexuellement insatiables” : en quoi ce que les femmes sont censées être nous informe sur ce qu’elles préfèrent être ? En Chine on trouvait jusqu’à il y a peu des femmes qui étaient “censées” aimer avoir les pieds bandés pour avoir des petits pieds, et bien je peux vous assurer que ce n’est pas pour autant qu’elles aimaient cela.”

    “Censé”-prévu par la théorie confondu allègrement avec “censé”-prescrit par une instance extérieure et sociale.

    Notez par ailleurs que vous ne vous en sortirez pas en disant que les femmes étaient “censé aimer”. Elles n’étaient pas “censé aimer”, leur opinion sur la question ne comptait pas. Elles étaient supposées le faire, point.

    A bon entendeur (ce dont j’ai de bonnes raisons de douter dans votre cas).

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    • Khalil Saliba

      5 Oct 2019

      à 16:37

      j’ai cherché la vidéo mais ça se voit à douze mille que tu veux avant tout déplier tes plumes devant la Madame

      si jamais tu vas pas bien excuse moi. ne reste pas seul et ne fais pas de connerie.
      tu peux m’appeler pour du soutien, réécris moi et je te file mon num
      Il reste de la vie en toi même si tu ne t’en rends pas compte

      si jamais tu vas bien (ne lis pas si tu vas pas bien, faut mieux parler)

      1 écris lui une lettre non publique là tu gênes tout le monde et on sait même pas si c’est elle! peut être que tu étales tes trucs devant un faf qui se déguise pour la faire passer pour une conne!

      2 éloigne toi d’internet
      c’est pas bon pour toi gros, tu y renvoies pas ce que tu crois que tu renvoies.
      t’as pas à me croire, demande à ceux qui t’aiment.

      3 fais d’autres trucs avec tes mains, menuiserie, charpente mais arrête d’écrire on dirait une mémé “allègrement affligeante” genre finkelkraut.

      khalil

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      • Khalil Saliba

        7 Oct 2019

        à 16:37

        Monsieur Violet, je vous présente mes excuses.
        Je me suis mêlé de ce qui ne me regardait pas et regrette mes plaisanteries dans la deuxième partie de mon message. Cela n’excusse rien mais cela explique, j’avais un peu picolé et je vous ai trouvé mesquin.
        Mais cela était enfantin et stupide d’être mesquin à mon tour.
        Encore désolé.

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  3. cenestquunetheorie

    7 Oct 2019

    à 16:37

    Non mais. C’est de l’inversion de responsabilité là.
    C’est Stéphane qui fait des tacles de bas étage en decridibilisant mon propos sur la base de mes affiliations idéologiques. Il termine par ça, alors qu’il aurait pu se limiter aux arguments de fond (même si, et c’est la raison pour laquelle je n’y répond plus, il passent encore une fois à côté des miens, d’arguments, ce qui sautera aux yeux à toute personne qui relira mes articles un tant soit peu attentivement après celui ci. Je n’ai rien à ajouter et c’est pour ça que je n’ajoute rien. J’ai déjà tout dis et à ce stade je compte sur l’intelligence des lecteurs.

    Donc pour revenir au tacle de Stephane, qui ne mérite vraiment pas d’autre réponse que “ça” : vous faites comme si ne pas être transparent sur son idéologie était équivalent à ne pas avoir d’idéologie. C’est faux, et croire ça c’est très naïf. Et sur ça bon je n’espère effectivement convaincre personne en 2 lignes. Mais ça n’a rien de nouveau ou d’original comme idée. Ceux qui voudront creuser n’auront qu’à creuser. Les articles du site que j’ai donné en lien ci-avant permettent en partie de faire comprendre ce genre de chose (en gros dans ce site il s’agit de montrer comment pas mal d’idées qui circulent et semblent être de bon sens sont en fait hyper idéologiquement situées -typiquement que la rationalité et la capacité de consensus seraient des attributs du centre là ou en réalité des données montre que le centre verse plus facilement dans l’autoritarisme – justement a cause de sa prétention à être plus rationnel; cf le tout dernier article du site… ).

    PS : Stephanie qui reste courtois sans E, et pourquoi pas Khalil, je ne sais pas qui c’est qui ursupe des identités pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Celui qui y a pensé peut être ? De toutes manières Khalil votre dernier post qui attaque quelqu’un de cette manière (et sur ma supposée blanchité, est ce qu’on se connait? Ce serait intéressant car je ne connais pas de Khalil…) incite à penser que vous et ce que vous pouvez penser ne méritez pas beaucoup d’attention….

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  4. Cenestquunetheorie

    7 Oct 2019

    à 16:37

    Ah et sans compter qu’il n’y a pas que les non blancs que les fafs n’aiment pas, hein… là en substance Stephane parlait d’ailleurs bien plus des débats sur les différences hommes/femmes, finalement, puisqu’on a parlé des enjeux de l’evopsy et que ce sont principalement ceux là qui sont en filigrane…
    En fait cette partie sur mes attaches idéologique met finalement en lumière qu’il m’a répondu en ayant à l’esprit plein d’a priori sur moi, les raisons pour lesquelles je pense ce que je peux penser et ça explique qu’il soit à ce point passé à côté de mes arguments (typiquement tout cet article, il n’a pas compris ce qu’est une pétition de principe et en quoi elle ne dédouane de rien, et au lieu de montrer en quoi effectivement les pétitions sont prises en compte dans les travaux au lieu de n’être que formulées, il ne fait que les répéter).
    A cause de ces a priori il n’a pas cherché à comprendre le fond du débat – juste à défendre son steak en ayant à l’esprit que les arguments seraient de toutes manières mauvais car idéologiquement situés… de lui-même il révèle que finalement, c’est lui qui est biaisé et n’arrive pas à se détacher de ses a priori pour évaluer les arguments pour ce qu’ils sont…
    Je n’ai pas vu sur twitter mais il semblerait qu’en plus il se prenne pour une star qui donne déjà bien trop d’attention à ces anonymes qui ne sont rien, ça donne une idée du niveau de capacité de remise en question quoi….

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    • Dahlia

      7 Oct 2019

      à 16:37

      Bonjour Aurélie.

      Concernant les différences hommes/femmes, avez vous lu la passionnante conversation en trois articles où Daphna Joel, Cordelia Fine et Gina Rippon échangent avec la “team évolutionnaire” comprenant David Schmitt,, Marco Del Giudice, David C. Geary et David A Puts ?

      Au delà du sujet, il s’agit selon moi d’un modèle de conversation difficile réussie, où tout le monde défend âprement ses positions tout en étant bienveillant et en ne cherchant jamais à caricaturer l’autre.

      Les trois articles :
      http://sfonline.barnard.edu/neurogenderings/eight-things-you-need-to-know-about-sex-gender-brains-and-behavior-a-guide-for-academics-journalists-parents-gender-diversity-advocates-social-justice-warriors-tweeters-facebookers-and-ever/

      https://www.psychologytoday.com/intl/blog/sexual-personalities/201904/sex-differences-in-brain-and-behavior-eight-counterpoints

      https://www.psychologytoday.com/gb/blog/sexual-personalities/201907/responding-ideas-sex-differences-in-brain-and-behavior

      disclaimer : je connais Stéphane, que j’ai également encouragé à lire cet échange.
      J’ai relu cet article avant publication et je regrette de n’avoir pas modifié le passage qui a été identifié par Aurélie comme un tacle de bas étage. Il n’était pourtant pas difficile de changer ce qui pouvait être pris comme une attaque personnelle :
      “L’extrême droite ne demande justement qu’à ce qu’on confonde leurs sophismes d’appel à la nature et de loi de Hume avec les travaux réels de la discipline. Il me semble plus efficace…”

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    • Stéphane

      7 Oct 2019

      à 16:37

      Je vais faire une réponse qui sera ma dernière, car vous avez trop de mal à contrôler votre colère et vous partez dans tous les sens.

      Tout d’abord, je suis un imbécile. J’écris plus de 10 000 mots, trois billets, des jours passés à vous répondre sur le fond en sourçant tout comme il faut, et faire relire à des gens “neutres”, et je casse tout ce travail en terminant par un paragraphe d’analyse subjective de vos motivations politiques qui vous offre une porte de sortie toute rêvée pour ne pas répondre sur le fond. J’avais mis un message d’avertissement en pensant que ce serait suffisant pour que vous répondiez sur le fond quand même mais vous n’alliez pas laisser passer une si belle occasion :

      “Puisque j’ai maintenant passé plusieurs heures à vous lire et vous répondre sur le fond de vos arguments, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de proposer cette petite interprétation de vos écrits, à froid, plusieurs semaines après vos premiers billets.”

      C’est entièrement de ma faute.

      Cela dit, vous remarquerez que, bien que je considère que vous ayez en partie déguisé une critique politique en critique scientifique (je n’appelle pas ça être “biaisé” comme vous le dites), ça ne m’a pas empêché de répondre sur le fond à vos arguments. Car je considère que tout le monde est “biaisé” (même moi bien sûr), mais que des arguments produits par une personne biaisée peuvent quand même être valides.

      Vous, de votre côté, vous refusez de répondre sur le fond à cause de mes soit-disant biais. Votre réaction et la mienne ne sont donc pas symétriques, bien que vous essayiez de le faire croire.

      Ensuite, si l’argument important de votre réponse c’est la pétition de principe (le fait que les chercheurs travailleraient différemment de ce qui est dit dans les textes fondateurs, c’est bien ça ? Soyons clairs si ça ne vous dérange pas), ça ne peut convaincre personne ! Car, comme je le dis plus haut, 1/ vous n’apportez aucune preuve en faveur de ce point, et ce qui est affirmé sans preuves peut être rejeté sans preuves. 2/ Mais surtout, si c’est un point tellement central dans votre argumentation, pourquoi est-ce qu’il n’apparaît à AUCUN moment dans vos billets ? Pourquoi quand vous vous posez la question “Peut-on sauver l’evopsy ?”, la réponse est “non” et pas “Oui, il suffit que les chercheurs se remettent à travailler comme dans les textes fondateurs” ? Et pourquoi même quand vous parlez de ce que font mal les chercheurs en pratique (pas d’expériences interculturelles par exemple), vous vous trompez ? Tout cela porte à penser que votre critique initiale portait bien sur la discipline, et pas sur la façon de travailler des chercheurs, et que quand devant mes sources vous vous êtes rendue compte que vous aviez dit des bêtises et que ce n’était pas possible de le nier, vous avez utilisé ce subterfuge bien pratique.

      Enfin, sur Twitter, j’ai dit exactement : “Je précise que c’est ma dernière intervention sur le sujet avant un moment (et ma série de vidéos). C’est pas vraiment mon but dans la vie que de répondre aux anonymes qui cherchent à se “payer” la psycho évo, j’ai répondu cette fois-ci car @BaladoSC m’a demandé mon avis.”.

      Et oui, vous êtes anonyme, et vous cherchez à vous “payer” la psycho évo. Un point c’est tout. Libre à vous de reformuler ça en disant que je suis une “star” qui considère les anonymes comme des gens “qui ne sont rien”. C’est vrai qu’écrire une réponse de 12 000 mots est la première chose que ferait une star qui méprise les autres, c’est une analyse très lucide.

      Mais pourquoi ai-je trouvé pertinent de dire cela sur Twitter au fait? Parce que, au risque que cela heurte votre égo, des anonymes comme vous qui débarquent en pensant avoir des critiques révolutionnaires à faire à la psycho évo, et qui déguisent leurs critiques politiques en critiques scientifiques, j’en ai déjà lues des dizaines depuis que j’ai commencé à vulgariser le champ il y a dix ans. Si je passais autant de temps à répondre à chaque que j’ai passé de temps avec vous, j’y passerais ma vie. Tenez, deux semaines encore avant votre billet, Kumokun, un autre anonyme de l’internet, produit une critique similaire à la vôtre bien que beaucoup plus politique encore : http://homofabulus.com/psychologie-evolutionnaire-biologie-et-sciences-humaines-kumokun-partie-1-aout-2019/.

      Le jour où je lirai une critique scientifique de la psycho évo qui ne parle PAS de politique, j’y prêterai déjà beaucoup plus attention (elles existent, et sont publiées dans les journaux scientifiques). Et le jour où je lirai une critique politique qui ne parle pas des problèmes scientifiques de la psycho évo (car la critique politique n’a pas besoin de s’appuyer sur la critique scientifique), j’y prêterai aussi beaucoup plus attention.

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  5. Khalil Saliba

    7 Oct 2019

    à 16:37

    Madame, je suis désolé d’avoir pensé que quelqu’un voulait se faire passer pour vous et ne cherchais aucunement à vous attaquer sur votre blanchité.
    Je relevais un défaut qui me semble commun (les accusations mutuelles de faire le jeu de l’extrême droite), en m’excusant pour la généralisation.

    Nous ne nous connaissons pas, j’ai apprécié vos articles ainsi que ceux de votre contradicteur que je ne connais pas non plus. Je n’avais pas d’avis sur la psychologie évolutionniste avant de prendre connaissance de ce débat. Je suis déçu que vous considériez que ce dernier texte ne mérite pas de véritable réponse.
    Peut être que nous les lecteurs sommes idiots, mais il me semble que plusieurs (pas tous) des arguments donnés ici sont convainquants ou au moins intéressants.
    Il donne des réponses directes et des sources à certaines de vos objections, que je trouvais elles aussi également intéressantes, c’est pourquoi je regrette que la discussion s’arrête.
    Il semblerait que beaucoup de travaux en psychologie évolutionniste ont déjà réfléchi à vos objections et font gaffe aux dangers que vous évoquez.
    Je ne comprends pas comment vous pouvez faire l’économie de reconnaitre ou réfuter ces points.

    J’entends votre argument que vous présentez vous même comme ultime : la psychologie évolutionniste demande un niveau de preuve plus élevé que les autres sciences avant de communiquer, car elle est trop dangereuse.
    Il me semble que Stéphane pense que la solution passe plutôt par une meilleure présentation des nuances de cette science au grand public, car les fafs en feront usage dans tous les cas. Et qu’il ne faut surtout pas leur en laisser l’usage exclusif, C’est ça qui ferait le jeu de l’extrême droite, elle serait trop contente qu’on accepte leur version/utilisation de la psychologie évolutionniste.

    Je relis et je ne vois pas où votre débatteur sous entendrait que toutes vos idées sont fausses car biaisées idéologiquement. Peut être qu’il aurait dû enlever le “vous” quand il parlait de faire leur jeu, mais comme je l’ai dis dans mon premier message il s’agit d’un défaut commun, et je comprends également que derrière est donné son argument ultime qui selon moi tient autant la route que le votre.

    Je vous souhaite une bonne journée, et vous remercie encore pour vos articles.

    Ps : je vais présenter des excuses à votre ami,
    Pps : merci pour le lien vers votre site

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