Le libre-arbitre n’existe pas

44040 lectures. Publié le 23 February 2013 par dans la catégorie Cognition, Neurosciences, Philosophie

Le libre-arbitre n’existe pas

Je voudrais revenir sur un billet publié il y a quelques temps sur Science étonnante, et intitulé “Le libre arbitre existe-t-il ?”. Pour résumer, des expériences de neurosciences montrent que l’on peut détecter une activité cérébrale permettant de prédire la décision que va prendre un sujet AVANT MEME que ce sujet ait conscience de la décision qu’il a prise !

David de Science étonnante semble être plutôt en partie confiant dans l’existence d’un libre-arbitre, ou cherche en tout cas à le défendre : “une manière de se rassurer c’est de considérer”, “Si demain on me démontre que dans le fait de choisir sa femme, on met en jeu des processus cérébraux dans lesquels la conscience ne joue qu’un rôle annexe et inutile, et que l’on peut rapprocher de ceux des réflexes, ça m’affecterait un peu quand même !”

libre arbitre football

“Cause toujours, je suis un libre-arbitre, je fais ce que je veux.”

L’article a appelé de nombreux commentaires et la majorité d’entre eux fait remarquer que ces expériences ne remettent pas forcément en cause la notion de libre-arbitre. Je commentais moi-même que (mmh une auto-citation faut que je surveille les chevilles) “Le libre-arbitre est toujours là dans le sens où si tu n’avais pas décidé de faire ce que l’expérimentateur te dit tu n’aurais pas appuyé sur le bouton !”, ou que “pour beaucoup de décisions il est certainement possible de modifier une décision une fois qu’on en a pris conscience”. En cela je me rapprochais de la position défendue par Xochipilli qui conclut sur la conscience qu’

“elle reste pourtant le maître du jeu grâce à trois compétences:

  • en amont [...] elle planifie et focalise tous les processus [inconscients] selon la stratégie qu’elle s’est choisie. Grâce à elle on peut décider par avance ce qu’on veut faire, comment on va le faire et s’y tenir.
  • en aval (en tant qu’arbitre du match) elle réprime, censure, inhibe tout ce qui n’est pas cohérent avec cette stratégie. Ce veto mental évite, une fois dans l’action, de se laisser distraire comme mon chat dès qu’il voit une mouche au-dessus de sa tête.
  • après le match c’est le seul porte-parole autorisé à commenter le match.”

Oui mais voilà, ma position a évolué depuis, notamment depuis la lecture d’une publication d’Anthony R. Cashmore, et pour avoir suivi les discussions du “Moving Naturalism Forward”, un atelier de discussion s’étant tenu à l’automne dernier sur ces sujets, réunissant quelques-uns des esprits les plus brillants que cette planète comporte (entre autres Dawkins, Dan Dennett, Jerry Coyne, Steven Weinberg…). L’idée que je veux transmettre dans ce billet se résume en une phrase :

L’inexistence du libre-arbitre n’a pas besoin d’être prouvée empiriquement.

WTF?

Ce que ça veut dire ? Que la preuve de son inexistence peut être faite juste en raisonnant (et a déjà été faite depuis longtemps) !

L’idée est toute simple : la biologie est entièrement gouvernée par une sainte trinité “Gènes, Environnement et Stochasticité”. Qu’on le veuille ou non, quand on prend une décision, ce n’est que le résultat de l’activité électrique de neurones, construits par des gènes, influencés par un environnement (au sens large), éventuellement soumis à des processus stochastiques (mouvement des molécules, mutations, etc…). En y réfléchissant bien, la chaîne de causalité dans le monde vivant est belle et bien constituée de ces trois éléments-là uniquement. Or ces trois éléments sont inappropriés pour expliquer le libre-arbitre : je ne peux pas être tenu pour responsable de mes gènes, ni de mon environnement, et encore moins de la stochasticité dans l’univers…

epicure-grec

Ces grecs quelle chance ils ont eu d’arriver juste après l’invention de l’écriture, on a l’impression qu’ils ont tout inventé.

Le problème est vieux comme les grecs, et je suis certain que l’Homme y avait pensé avant même ces premières traces écrites. C’est le problème de la chaîne de causalité :

“Si tous les mouvements sont toujours interconnectés, les nouveaux procédant des anciens dans un ordre déterminé – si les atomes ne font jamais d’écart pour créer un mouvement nouveau qui cassera le cadre de la destinée, la séquence ininterrompue de causes et d’effets – quelle est la source du libre-arbitre que possèdent les êtres vivants sur Terre ?”

Pour sauver le libre-arbitre, il y a deux solutions : postuler l’existence d’un ou des dieux comme le font les grecs, pour expliquer que les atomes puissent parfois “s’écarter de leur trajectoire”. Ou postuler, comme le fait Descartes, qu’il existe une autre substance, l’âme, le libre-arbitre, qui ne soit pas soumise aux lois de la physique et la chimie. Mais évidemment ces deux explications sont irrecevables d’un point de vue scientifique (ou tout du moins n’ont pas encore été prouvées :) ).

Une définition du libre-arbitre

Pour clarifier la discussion arrivés à ce point, je poserais cette définition du libre-arbitre (piquée à Cashmore) :

“Le libre-arbitre est défini comme la croyance selon laquelle il existe une partie du comportement biologique qui soit la conséquence de quelque chose d’autre que les inévitables influences de l’histoire génétique et environnementale d’un individu, et des possibles lois stochastiques de la nature”.

Même si on peut se défendre que les expériences de neurosciences remettent en cause la notion de libre-arbitre, comme Xochipilli et moi-même l’avions fait à l’époque, en postulant que la conscience permet d’orienter a priori l’activité neurale ou la contrôler à posteriori, ça ne nous dispense pas de répondre à la question : d’où vient cette conscience ? Quelles sont ses causes ? Si l’activité consciente détermine l’activité inconsciente, qui détermine l’activité consciente ?

Un petit schéma pour récapituler le problème, et j’en aurais bientôt fini. On peut envisager trois grandes façons de considérer les liens libre-arbitre/conscience/inconscient (schéma à nouveau piqué à Cashmore, c’est pas ma faute j’ai pas de libre-arbitre) :

schéma libre arbitre

En A, c’est la vision classique des gens normaux, incluant beaucoup de “scientifiques rationnels” n’ayant pas trop réfléchi au problème. Le libre-arbitre (WILL) influence la conscience qui influence l’activité inconsciente qui influence le comportement. GES = Gene Environment Stochasticity, qui influencent l’activité inconsciente. Le problème de cette vision c’est qu’il n’existe pas de cause pour expliquer le libre-arbitre. Pour remédier à ce problème, en B, on postule que c’est l’activité neurale inconsciente qui détermine le libre-arbitre. Le problème alors, c’est que si le libre-arbitre est déterminé par une cause, il n’est précisément plus libre, il est juste arbitre. Une solution à ça ? On cesse de postuler l’existence du libre-arbitre. La chaîne de causalité (en C) est principalement Gènes/Environnement/Stochasticité -> Processus inconscients -> Comportements. Les processus conscients ne sont qu’un moyen de “suivre” ce qui se passe dans le cerveau et pas de l’influencer.

Quelle vision des relations libre-arbitre / comportement favorisez-vous ?

Loading ... Loading ...

Et si vous choisissez la réponse A, je vous invite aussi à indiquer dans les commentaires votre vision du monde qui m’intéresse :)

Une conscience spectatrice, pour quoi faire ?

Reste une question, posée par Rita Carter, que l’on peut poser si on accepte le modèle C :

“Si le libre-arbitre est une illusion et chacune de nos actions est déterminée par des processus cognitifs inconscients en réponse à des stimuli externes, pourquoi nos cerveaux s’embêteraient-ils à nous faire penser autrement ?”

Il existe quelques hypothèses d’explication en terme d’avantage adaptatif : par exemple, étant donné l’aspect social extrêmement important de notre espèce, une illusion de libre-arbitre permettrait de nous donner un sens apparent de la responsabilité, qui nous pousserait à nous conduire de façon convenable envers les autres. Ou encore, avoir l’impression d’être à la barre dans son cerveau et de savoir ce qui s’y passe permettrait de mieux justifier ses décisions et comportements, et convaincre les autres du bien-fondé de ses actions.

Une dernière chose, l’argument compatibiliste (qui dit que l’existence du libre-arbitre est compatible avec le déterminisme en biologie) est souvent revenu dans les commentaires sur Science étonnante. Cet argument, c’est que même si nous sommes entièrement déterminés, uniquement le produit de nos gènes et notre environnement, nous sommes quand même responsables car c’est notre cerveau qui prend les décisions. Pour moi, cette posture consiste simplement à changer la définition du libre-arbitre pour qu’elle ne soit plus problématique.

cerveau décision

Ce n’est pas parce que mon comportement est produit par de la matière biologique située dans l’enceinte de mon enveloppe charnelle que l’on peut parler de libre-arbitre.

En effet, les vrais gens, pas ceux que vous rencontrez sur des blogs de science, appellent libre-arbitre l’idée que rétrospectivement, on aurait très bien pu se comporter d’une autre façon qu’on ne l’a fait. Mais dire cela c’est se contenter de penser “j’aurais pu faire autrement” sans s’être vraiment comporté autrement… Or il n’y a aucune façon de vérifier que l’on aurait effectivement pu se comporter autrement. C’est vraiment ce sentiment de choix conscient que les gens appellent libre-arbitre, pas le fait que ce soit MON cerveau et pas celui d’un autre qui a pris la décision, et le compatibilisme qui repose sur cette idée ne me paraît donc pas faire avancer le schmilblick !

En conclusion, si je devais répondre à la crainte de David, de manière un peu provocative, je dirais qu’effectivement, quand tu as choisi ta femme tu n’étais pas aux commandes. Aux commandes était la somme des événements s’étant passé dans ta vie jusqu’à cet instant présent, influençant le fonctionnement de tes neurones codés génétiquement et soumis à des processus stochastiques, le tout ayant fait penché la balance en faveur de cette femme-là plutôt que d’une autre à ce moment précis. Même si l’on acceptait le fait que ta conscience ait joué un rôle actif dans cette décision, cela n’empêcherait pas de devoir répondre à la question : cette conscience sort-elle de nulle part et si non qu’est-ce qui la cause ?

Si tu acceptes que nous ne sommes que des robots de viande et que le monde est déterministe, comment peux-tu encore penser que le libre-arbitre existe ?

À emporter

  • Le libre-arbitre n'existe pas ! :)

Pour approfondir...

Tags: , , , , , ,

97 réactions à “Le libre-arbitre n’existe pas”

  1. Dr. Goulu

    23 Feb 2013

    à 13:22

    Tant ton raisonnement rationnaliste que les slides de Jerry Coyne “pour approfondir” s’appuient sur la position philosophique “incompatibiliste” ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Incompatibilisme ) qui présuppose un univers déterministe (http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9terminisme ).

    Je soutiens qu’il serait extrêmement utile et intéressant de valider expérimentalement l’existence (ou non) du libre-arbitre, justement pour savoir si notre univers est déterministe ou pas.

    C’est un point qui est apparu lors du concours Fqxi sur la nature du temps ( voir http://drgoulu.com/2008/12/24/la-nature-du-temps-2/ ) Voir http://fqxi.org/community/forum/topic/982.

    Mais faire une expérience réelle de libre-arbitre n’est pas chose simple . En gros il faut une machine à remonter le temps pour voir si, placés dans les mêmes conditions, l’Univers nous permet de faire consciemment des choix différents ( http://fqxi.org/community/forum/topic/322 )

    Pour ma part, j’ai toujours eu de la peine avec les raisonnements où on manipule des notions comme la “conscience”, la “volonté” et le “comportement” avec des petites flèches en disant que c’est soit a, soit b soit c. C’est une attitude réductionniste ( http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9ductionnisme ) qui ne me parait pas applicable à un système aussi complexe que que mon cerveau, lequel m’a rendu holiste ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Holisme ), à la longue…

    En particulier, mon cerveau est une machine à voyager dans le temps ( voir http://drgoulu.com/2009/06/27/neurologie-du-temps/ ) qui me permet de faire des choix en évaluant leurs conséquences probables et leurs risques dans le futur.

    C’est le résultat de ces opérations ultra-complexes, non reproductibles mais pourtant très rationnelles que j’appelle ma “volonté”.

    Mon “libre arbitre” est donc une propriété émergente de la complexité de mon cerveau, en particulier de sa capacité de simuler plus sieurs futurs possibles en parallèle. Et tant qu’on aura pas reproduit ça dans un ordinateur, c’est ce qui fait de moi un humain, donc j’y tiens !

    (bon, j’aurais du faire un article plutôt qu’un commentaire…)

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      24 Feb 2013

      à 13:22

      Bon et bien n’hésite pas à faire un article pour développer ton propos, je le lirai avec plaisir. En particulier sur pourquoi la vision présentiste du temps empêcherait le déterminisme, si c’est ça que tu as voulu dire. Les lois statistiques de la mécanique quantique faisant variant l’état du monde ne pourrait pas être considérées comme du déterminisme ? Sinon en effet mon argument repose sur une vision déterministe du monde, et peut-être que c’est la physique qui viendra répondre à la question du libre-arbitre au final…

      Je ne trouve pas que ce soit réductionniste de mettre la conscience, le comportement, etc… dans des boîtes avec des flèches. C’est juste une façon pratique de représenter des relations entre entités, simplifiée certes, mais qui n’empêche pas de voir la conscience ou autre comme une propriété émergente de l’activité de plusieurs neurones. Tu acceptes quand même l’idée que différentes fonctions cognitives puissent être identifiées (études de lésions par exemple) et qu’elles aient des relations les unes avec les autres ? Le holisme n’empêche pas le déterminisme quoi qu’il en soit.

      Ton cerveau est une machine biaisée à voyager dans le temps, le cerveau humain est tellement mauvais pour mémoriser et se projeter dans le futur… Mais même en mettant ça de côté, si on continue à être déterministes, je ne vois pas en quoi des “propriétés émergentes” qui seraient “très complexes” et simuleraient plusieurs futurs te permettent de conclure au libre-arbitre avec la définition que j’en ai donnée dans l’article. Au final même si tu simules plusieurs futurs tu n’en choisis qu’un, et toujours le même problème impossible de savoir si tu aurais pu en choisir un autre. Je veux dire tu as le droit d’appeler ça ta “volonté” ou “libre-arbitre” mais ça n’est pas ce que les gens appelent libre-arbitre en général (tu serais plus compatibiliste cf avant-dernier paragraphe du billet).

      Reply to this comment
      • widmir

        26 Feb 2013

        à 13:22

        Bonjour Alexis,

        entre stochastique et déterminisme il faut choisir, car ces deux notions sont antinomiques…
        si on accepte ta définition du libre-arbitre, il faut oublier le déterminisme du monde…

        Et si l’on choisisait en permanence parmi les différentes
        actions possibles que la stochastique de notre cerveau nous présente, la question de le faire librement a t-elle un sens ?

        Reply to this comment
        • Alexis Mandre

          26 Feb 2013

          à 13:22

          Non pour moi ça ne fait que déplacer le problème, je dirais toujours qu’on ne “choisit” pas vraiment, même des actions présentées par la stochastique, ce sont toujours gènes et environnements qui choisissent à ma place.

          A moins qu’on n’ait pas la même définition de déterminisme, déterminisme et stochastique ne sont pas incompatibles. Même si je ne peux pas prévoir que le 7777777 sortira au loto, une fois le 7777777 sorti c’est lui qui causera ma fortune si je l’ai joué. Donc même s’il existe du hasard dans le monde, il agit sur le monde par un principe de causalité.

          Reply to this comment
    • combatdouteux

      25 Feb 2013

      à 13:22

      ” Le secret de la chambre chinoise ” par Paul Jorion

      Quant à celui qui attacherait son nom à la découverte que les fonctions de l’âme et du corps doivent être simplement inversées, il rabaisserait d’autant sa propre découverte : elle aurait été tout aussi machinale, selon l’automatisme qu’il aurait mis en évidence. Il serait l’auteur de sa découverte par un mécanisme dont – il l’aurait prouvé – sa personne n’est le support que pour des raisons parfaitement fortuites au regard de l’histoire. Tout ce qu’il pourrait affirmer quant au fait qu’elle ne pouvait avoir lieu que par lui se trouverait automatiquement disqualifié : ce ne pouvait être que lui sans doute mais sans pour autant que la paternité en revienne à ce « moi, je » dont il aime ponctuer son discours.

      Voilà en quelques mots ce qui expliquerait pourquoi les penseurs qui se sont penchés sur le mystère de la chambre chinoise se sont arrêtés au bord de son élucidation, puisque ce qu’il s’agissait de découvrir les aurait privés de la satisfaction de mettre en avant leur propre personne – satisfaction qui guide de tout temps le processus de la découverte.

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=2080

      À partir d’une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d’un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l’affect qu’engendre et qu’évoque la perception. L’existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d’auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l’oeuvre, son seul impact consiste à influencer l’affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l’écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l’affect simplement.

      http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1999_num_39_150_453573

      Reply to this comment
  2. Freddy Spow

    23 Feb 2013

    à 13:22

    Le comportement humain a suffisamment prouvé son irrationnalité pour soupçonner fortement le libre arbitre (
    si ardemment désiré par notre conscience) de n’être qu’une illusion.
    Une décision bonne à posteriori c’est un coup de bol ou un bon réflexe !
    Je préfère cette vision des choses qui permet de se dire que finalement moi et mon cerveau nous en sortons pas trop mal alors que si nous prétendions lui et moi au libre avoir

    Reply to this comment
    • Freddy Spow

      24 Feb 2013

      à 13:22

      Le comportement humain a suffisamment prouvé son irrationnalité pour soupçonner fortement le libre arbitre (
      si ardemment désiré par notre conscience) de n’être qu’une illusion.
      Une décision bonne à posteriori c’est un coup de bol ou un bon réflexe !
      Je préfère cette vision des choses qui permet de se dire que finalement moi et mon cerveau nous en sortons pas trop mal alors que si nous prétendions lui et moi au libre arbitre il faudrait admettre que c’est carrément pas le bilan du siècle !

      Reply to this comment
  3. Gargamel

    24 Feb 2013

    à 13:22

    Les Grecs ont réfléchi à la question, mais d’autres civilisations aussi, et en particulier, l’Inde. Depuis des siècles, les écoles bouddhiques enseignent que non seulement que le libre-arbitre n’existe pas mais que le moi n’existe pas non plus. Je ne suis pas orientaliste : je ne pourrai en dire plus. C’est en lisant très récemment “l’inscription corporelle de l’esprit” de Francisco Varela que j’ai eu connaissance de cette référence.

    Reply to this comment
  4. quen_tin

    24 Feb 2013

    à 13:22

    Comme j’ai répondu D, je me sens obligé de poster un commentaire. Mais comme je suis fainéant, je vais juste mettre un lien vers un de mes articles: http://ungraindesable.blogspot.fr/2012/09/une-defense-incompatibiliste-du-libre.html?m=1

    En fait j’aurais bien répondu C: je ne pense pas que le libre arbitre puisse se distinguer de la conscience. C’est juste que les flèches ne doivent pas s’interpréter comme des liens causaux strictes.

    Reply to this comment
  5. Xochipilli

    24 Feb 2013

    à 13:22

    Intéressant comme réflexion!
    Je ne crois pas que l’argument d’absence de causalité externe à nos décisions remette en cause la notion de libre-arbitre. Car si une telle cause existait on dépendrait des “Dieux” ou de cette causalité extérieure pour toutes nos décisions, soit le contraire du libre-arbitre.

    Pour moi, le libre-arbitre est la capacité qu’a un individu de se fixer ses propres règles de comportement *particulières* et de montrer qu’il peut s’y tenir:
    - particulières, c’est-à-dire différentes d’un individu à l’autre car décider qu’on doit se nourrir de temps en temps n’est pas faire preuve de libre-arbitre, c’est juste une règle universelle. Par contre faire la grève de la faim oui.
    - la cohérence entre ce qu’on a décidé a priori et ce qu’on fait ensuite donne une bonne indication de cette capacité de libre-arbitre, même si on n’en a jamais la preuve absolue pour toutes les raisons que tu mentionnes (on ne peut pas remonter dans le temps etc.)

    Bref, le libre-arbitre serait pour moi une capacité “émergente” de la conscience qui -à défaut d’être parfaitement démontrable- donne régulièrement des gages de crédibilité: ce sont les règles de conduite personnelles qu’on se donne, qu’on affiche et qu’on respecte par exemple.

    Evidemment, on peut toujours remonter d’un cran et dire que si on a choisi ces règles c’est parce qu’on a été influencé par ses gènes, son environnement etc., qu’on n’a pas eu vraiment le choix de ces règles. C’est imparable… mais comme ces règles sont arbitraires, nul ne peut en retracer la chaine de causalité, donc l’argument est un peu court. Surtout si l’individu “libre” prouve régulièrement qu’il est capable de modifier ces règles de temps en temps, l’indiquer à son entourage et adapter son comportement en conséquence.

    Bref, j’ai l’impression que le caractère personnel de ses règles de conduites, la cohérence de son comportement et la flexibilité par rapport à ces règles sont autant de gages de libre-arbitre, même si ce n’en seront bien sûr jamais des preuves…

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      25 Feb 2013

      à 13:22

      Je vois ce que tu veux dire, mais je serais du côté de “celui qui remonte toujours d’un cran”. On a l’impression de fixer des règles, mais ce sont nos gènes et notre environnement qui les fixent. On a l’impression d’être cohérents avec ces règles, mais, en plus de biais cognitifs qui font que ce n’est pas totalement vrai, quand on l’est ce sont toujours nos gènes et notre environnement qui nous ont fait comporter de façon cohérente… Donc je ne vois pas ce genre de raisonnement apporter des gages de crédibilité au libre-arbitre tel que représenté sur le schéma A, ce serait plutôt du compatibilisme, où la définition de libre-arbitre devrait être changée pour pouvoir être conservée.

      Reply to this comment
  6. David

    25 Feb 2013

    à 13:22

    Ah je vois que tout ce que j’ai dit peut être retenu contre moi :-)

    En fait après réflexion sur ton texte, je me range plus ou moins dans la position “couarde” qui dit que l’existence du libre arbitre est “indécidable”. En ce sens que comme tu le dis, pour le démontrer ou le réfuter il faudrait pouvoir remonter dans le temps et refaire plusieurs fois une même manip.

    Autre chose dont je me suis convaincu, c’est que seule la position dualiste (ou idéaliste à la limite) du schéma A est compatible avec le libre arbitre au sens habituel de la notion. En effet le compatibilisme revient juste à changer la définition du “moi”.

    Ah oui, du coup j’ai voté A, puisque c’est la seule réponse qui permet de sauver les meubles. Je me souviens avoir lu un bouquin d’un biologiste appelé Eccles qui avait imaginé un mécanisme dualiste faisant intervenir la mécanique quantique au niveau des neurones pour communiquer avec l’âme. Probablement totalement faux du point de vue scientifique, mais tentative amusante et rare de ressusciter le dualisme !

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      25 Feb 2013

      à 13:22

      Bah moi j’ai l’impression que l’existence du libre-arbitre est “indécidable” d’un point de vue empirique mais prouvable juste par le raisonnement, comme je le fais dans l’article, que si on est déterministes alors on admet que quelque chose a forcément une cause donc le libre-arbitre (au sens du schéma A) n’existe pas.

      Mais tu votes A et tu dis pas comment tu expliques l’apparition du “WILL” ? Tu n’as pas le droit ! Sinon en effet Eccles a proposé ça, assez imaginatif mais idée abandonnée dans les milieux scientifiques à ce que je sais.

      Reply to this comment
  7. MADJER

    25 Feb 2013

    à 13:22

    Si on choisit d’être déterministe, on peut s’accorder à dire que tout a une cause sans pour autant la connaitre entièrement. Du coup, quelle importance de toujours savoir comment nos décisions sont prises? C’est comme pour la liberté; l’impression du libre arbitre suffit (sauf peut-être pour certains vieux messieurs du Vatican. D’ailleurs je choisis de me faire un goûter. Bravo pour l’image du jour!

    Reply to this comment
  8. guillaume de Lamérie

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Et pourtant, un homme qui tombe à plus de choix dans sa trajectoire qu’une pierre, une personne atteinte d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, ou sous l’empire d’une force, n’a pas la même capacité de choix de ses actes qu’un homme sain d’esprit et libre de toute contrainte.
    Un bébé, un enfant ne sont pas considérés comme responsable de leurs actes, ils n’acquièrent la capacité à exprimer leur libre arbitre que très lentement au fil d’un long l’apprentissage au sein de la communauté.
    S’il n’existait pas de libre arbitre, la capacité à faire des choix librement consenti, alors l’homme n’aurait pas de justice, et l’irresponsabilité pénale serait appliquée à tous au lieu d’être l’exception.

    Nous sommes dans un monde déterministe, la physique est toute entière fondée sur le principe de causalité, mais le hasard existe, le vrai (quantique), le hasard d’ignorance, le hasard des systèmes dynamique sensibles aux conditions initiales qui remettent à zéro les chaines de causalité, empêchant la connaissance extensives des causes premières, empêchant toute prédictibilité au-delà d’un certain horizon temporel.
    Si j’avais pu remonter dans le temps et me glisser à nouveau exactement dans l’état ou le monde était un an auparavant, alors je suis convaincu que ne serais pas aujourd’hui à taper ce que je tape sur mon ordinateur. L’incertitude sur les conditions initiales, le hasard vrai auront inévitablement déviés le cours des choses : je me serais réveillé plus tard, j’aurais attrapé la grippe 10 jours plus tard et serais avec 39 de fièvre au fond de mon lit… et prendrais une autre décision. Notre monde est déterministe mais avec un niveau de prédictibilité d’autant plus limité qu’il s’agit de système complexe.

    Cette question n’est-elle pas une illusion psychique liée à notre façon de penser le monde ? Celle de chercher à prouver l’existence du « Libre Arbitre » comme une ontologie ne possédant que deux état possibles, présent ou absent ?
    Le libre arbitre n’est à mes yeux qu’une propriété continue, émergente, d’intensité variable, plus ou moins présente chez les animaux et maximale chez l’homme ?
    Au final pour moi, le principal problème que pose la négation de l’existence du libre arbitre est l’impossibilité d’expliquer plusieurs des propriétés majeures qui organisent et structurent notre monde actuel.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      26 Feb 2013

      à 13:22

      Les “propriétés majeures” dont tu parles étant ?

      “S’il n’existait pas de libre arbitre, alors l’homme n’aurait pas de justice”.

      Si cette phrase se veut évaluer les conséquences de l’inexistence du libre-arbitre je suis d’accord pour dire que le système judiciaire doit être repensé. Mais si cette phrase se veut être un argument en faveur du libre-arbitre, le raisonnement me semble inversé : si l’Homme a la justice qu’il a, c’est parce qu’il pense que le libre-arbitre existe, mais c’est précisément ce point que je remets en question.

      Sinon sur le hasard dans le vivant je suis d’accord, mais bien que le hasard ne soit pas prédictible il reste tout de même causal et ne peut pas non plus être évoqué en faveur de l’existence de ce que les gens appellent en général “libre-arbitre”.

      Reply to this comment
  9. Xochipilli

    26 Feb 2013

    à 13:22

    On peut poser la meme question au sujet de l’existence ou non du “vivant”, qui n’est fait que d’atomes soumis aux lois de la physique. Et comme pour le libre-arbitre on peut toujours trouver des cas tres intermediaires entre vivant et inerte (les virus par exemple). Pour autant peut-on nier que le “vivant” soit une réalité à prendre en compte en tant que tel? L’auto-organisation concilie déterminisme et impredictibilite et fait émerger des “objets” autonomes comme la conscience, la vie etc.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      26 Feb 2013

      à 13:22

      Je ne suis pas sûr que le Vivant soit une bonne comparaison… Les gens sont ok pour accepter que le vivant “sort” de quelque chose, qu’il vient d’autoorganisation de membranes lipidiques, de mouvements de protéines, de pleins de phénomènes au niveau moléculaire et atomique. Tandis que pour le libre-arbitre, la conception commune c’est que c’est un truc qui sort de nulle part, “Je” décide comment je vais me comporter, et J’aurais très bien pu me comporter autrement si je l’avais voulu.

      Reply to this comment
  10. Olivier

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Merci pour votre article intéressant!

    Vous ne prouvez cependant pas l’absence de libre arbitre. Vous partez du principe que, si notre monde n’obéit qu’à des lois physiques, alors le libre arbitre n’est pas possible. Dans le cas contraire, si certaines particules peuvent obéir à autre chose qu’une loi physique, alors le libre arbitre est possible!

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      26 Feb 2013

      à 13:22

      Tu peux détailler sur ces “autres lois” ? Mis à part les lois de la physique quantique (qu’on connait pas encore), qui me semblent en effet les plus à même de prouver l’existence du libre-arbitre un jour (voir le commentaire de Dr Goulu ci-dessus et ma réponse), je vois mal quelles autres lois peuvent jouer un rôle ?

      Reply to this comment
  11. La Mettrie

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Merci de (re)mettre ce sujet sur la table !

    Il me semble qu’il s’agit d’un impensé radical, tant dans en sciences qu’en philosophie. En effet, notre paysage intellectuel se caractérise par le règne sans partage du dogme du sujet libre, autonome et pleinement souverain. Osez mettre ce fondement de la pensée et même ce pilier du rapport que nous entretenons à nous-mêmes et vous vous retrouverez face à la peur primale de l’animal débusqué (voir les réflexions de Dennett dont un des arguments est que même si il s’agit d’une illusion, c’est une illusion socialement nécessaire et on ne devrait donc pas chercher à trop la dissiper).

    Pourtant, il me semble que les enjeux de la question (moraux, juridiques, philosophiques, etc) sont assez importants pour qu’on tente de surmontez les peurs (souvent très irrationnelles) et les objections (qui ne passent pas la critique à mon avis) qu’elle suscite.

    Si au moins cela pouvait nous aider à nous débarrasser du mythe qui veut que nous soyons l’origine absolu de nos actes, que ce soit nous qui décidons grâce à notre totale transparence à nous-mêmes, alors ce serait déjà une immense victoire de la raison sur une dangereuse superstition (songez à la conception communément admise du principe de la responsabilité, individuelle ou non, et aux résultats que produit ce principe) .

    En fait, il semble que notre manière de réfléchir à cette question est très imprégnée de kantisme. Or, c’est une position obsolète au regard des données que nous procure aujourd’hui la biologie et les sciences sociales (celle qui n’ont pas sombré dans l’individualisme méthodologique). Henry Atlan en parle très bien dans un tout petit livre très bien écrit : La Science Est-Elle Inhumaine ? Il recours à des traditions philosophiques comme le stoïcisme et le spinozisme qui permettent de prendre en compte le déterminisme pour former une idée plus juste de ce que peut être la liberté et finalement construire une éthique plus juste. Pour ma part, je trouve de projet passionnant.

    Merci, donc, car cet article ainsi que celui de science étonnante m’ont donné envie de mettre ma propre contribution par écrit. J’espère la mettre en ligne très bientôt.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      26 Feb 2013

      à 13:22

      J’irai la lire avec plaisir ! Je partage assez fortement votre avis, bien que je ne pense pas qu’il faille négliger de penser les conséquences sociétales de l’inexistence du libre-arbitre. Mais bon, au temps de Darwin aussi on pensait que révéler que l’Homme descend du singe aurait des conséquences désastreuses pour la société, mais au final… rien n’a changé !

      Reply to this comment
      • KidB

        29 Jun 2013

        à 13:22

        Je viens de me lancer dans la lecture de ce passionnant débat et je dois dire que je me pose énormément de questions sur le sujet, mais bon, comme nous tous hein !? Sinon nous ne serions pas là :)
        Bref toujours est-il que je trouve intéressant le fait de se dire que si le libre-arbitre n’existait pas, finalement rien ne changerai. Concrètement, si nous sommes juste le canal servant à exprimer une succession d’éléments déterminés qui nous ont construits, il va s’en dire qu’une justice doit malgré tout être présente, sans quoi ce serait clairement le chaos. Je ne dis pas que le système judiciaire doit rester le même mais finalement, je pense que ça ne changerai peut-être pas autant la face du monde de prouver l’indéterminisme total que certains aiment à le croire. Qu’en pensez-vous ?

        Reply to this comment
  12. Méteque

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Le “déterminé” permet à la matière de se consolider et “l’indéterminé” autorise une certaine évolution au sein des structures. Il est donc inutile d’opposer « déterminismes et libre arbitre » puisque sans déterminismes biologiques il n’y aurait aucun pouvoir d’orientation en la nature (évolution) ni marge de manœuvre (invention). Il suffit parfois qu’un gène soit défaillant pour être privé d’un de ses sens.

    Le déterminisme permet donc une liberté d’agir et de pensée dans d’un environnement donné avec la possibilité de poser un geste ou non avec des résultats jugés « positifs ou négatifs ». Le matériel porte l’idéel même si cela se limite à une cervelle d’oiseau qui sait choisir et recueillir les brindilles de son nid. En effet le modèle dualiste du corps et de l’esprit scinde le « gène du mème », comme si le « libre arbitre » ou « l’intelligence émotionnelle » était quelque chose d’indépendant de la nature et de l’état d’être. Le gène ne limite donc pas le libre arbitre, il le rend possible.

    Reply to this comment
    • La Mettrie

      26 Feb 2013

      à 13:22

      Mais qu’est-ce que l’indéterminé ? Et à quelle moment s’effectue la rupture entre ce qui relève du domaine du déterminé et de l’indéterminé ?

      Reply to this comment
  13. Ethaniel

    26 Feb 2013

    à 13:22

    La vraie question serait plutôt : les particules élémentaires ont-elles un libre arbitre ?
    En effet, d’après le « théorème du libre arbitre », on peut ramener l’existence de notre libre arbitre à celui des particules élémentaires, cf. http://www2.lifl.fr/~delahaye/dnalor/LibreArbitre.pdf ;).

    Reply to this comment
  14. Métèque

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Les déterminismes au sein de la Nature, qu’ils soient le fruit de « combinaisons atomiques hasardeuses ou structuralistes » autorisent un « mouvement physique qui s’accompagne d’une capacité d’action et d’évolution». La structure terrestre, une matière fortement consolidée, a évolué en continuité à partir des éléments qui la composent.

    Pourquoi parlez- vous de rupture? À quel endroit ou moment situez-vous le point de rupture entre l’atomique et l’anatomique? Il y possiblement un processus de composition et de recomposition des éléments qui explique l’apparition de structures élémentaires et complexes. Bien entendu, restons prudents et évitons les faux raccourcis sur la PQ et la relativité. Mais le déterminé et l’indéterminé ne sont peut-être que deux facettes d’une même réalité. Sans déterminisme il n’y aurait pas de matérialisation possible et sans indéterminisme aucun potentiel de développement. Le temps, c’est de la matière (déterminée) en mouvement (indéterminé). Le déterminé c’est ce qui a lieu ou a eu lieu alors que l’indéterminé serait ce qui n’a pas encore eu lieu et qui cherche le lieu de sa réalisation ou de sa réalité. Le déterminisme c’est le mouvement physique et l’indéterminé, le sens qu’il empruntera dans le cadre de lois physiques relativement constantes.

    Notre connaissance de l’univers est indéterminée et perfectible, donc non absolue, mais nous disposons d’une structure cérébrale (déterminismes biologiques évolutifs) capable de nous en révéler encore quelques secrets.

    Pour terminer, je pense que sans « lois biologiques » nous ne serions même pas en train de discuter de l’existence ou non d’un « libre arbitre ».

    Reply to this comment
    • La Mettrie

      26 Feb 2013

      à 13:22

      Donc, pour vous, “l’indéterminé” est le possible, le potentiel qui attend de se développer.
      Mais alors, on peut se demander s’il ne s’agit pas seulement d’une idée, autrement dit on est en droit de se demander si ça n’est pas simplement le reflet de notre seul rapport au monde (et par conséquent ça n”est pas une réalité objective).
      Qui plus est, accepter cette idée poserait de nombreux problèmes. Par exemple, où existe ce potentiel ? Quel est son mode d’existence ? S’il attend, c’est donc qu’il a une intention, qu’il poursuit une fin déterminée, comment cela se fait-il ?
      Bref, cette conception pose plus de problème qu’elle n’en résout. Plus grave encore : elle n’explique rien.

      Reply to this comment
  15. Métèque

    26 Feb 2013

    à 13:22

    « Pourquoi quelque chose plutôt que rien »? « L’univers est » parce que « la matière s’oriente et s’organise ». Vous et moi n’y sommes pour rien. Nous ne pouvons que faire le même constat.

    Vous dites; « S’il attend, c’est donc qu’il a une intention, qu’il poursuit une fin déterminée, comment cela se fait-il ? Bref, cette conception pose plus de problème qu’elle n’en résout. Plus grave encore : elle n’explique rien ».

    Vous confondez principe pré anthropique et anthropique; dessein intelligent et matérialisme philosophique. Le premier veut que l’univers et sa suite aient été pré-pensés alors que le principe anthropique c’est un constat, un regard humain sur soi-même et la Nature dans sa globalité. Qu’est-ce qui a permis l’univers et sa composition, l’émergence de la vie minérale, végétale, animale, humaine? Si la vie s’était arrêtée à la vie animale, reptilienne ou mammifère, cela n’aurait rien changé à l’apparition d’une « conscience primitive ou bestiale ». Il n’y aurait tout simplement pas eu de principe anthropique (la culture) et par ce fait aucun questionnement humain. Le principe anthropique ne fait pas de l’homme une finalité; il pose la question de l’apparition des espèces en s’intéressant très fortement à la notre, comme résultat. Les loups aussi s’intéressent à leurs espèces et s’organisent en meute pour préserver leur intégrité-continuité. Le darwinisme est anthropique; c’est un produit de la pensée humaine. Une carte même bien dessinée n’engendre pas le pays. L’humanisme et le principe anthropique n’ont rien à voir avec le principe pré-anthropique et le créationnisme (naissance par la culture), sauf dans la confusion de nos idées.

    La matière s’oriente et s’organise. Les espèces aussi. Par quel « mystère »? La chose et le mot; « Pourvu que nous nous entendions sur la chose, il est inutile que nous discutions sur le mot ». (D. Hume)

    Reply to this comment
  16. Emmanuel

    26 Feb 2013

    à 13:22

    Il me semble qu’en s’interrogeant sur le libre arbitre sans savoir comment fonctionne la conscience, on met la charrue avant les bœufs. Sans conscience pas de libre arbitre, donc la réponse est dans la conscience. Or, malgré les avancées des neurosciences et de l’informatique, on ne voit toujours pas du tout comment une machine peut acquérir une conscience (de soi en particulier). Celle-ci relève donc peut-être d’une branche de la science qui reste à inventer et dont nous n’avons aujourd’hui aucune idée. Qui sait si elle ne mettra pas en évidence un mécanisme qui autorisera une forme de libre arbitre, un peu comme un chaos déterministe ?

    Cela dit, j’ai voté C, qui me paraît l’hypothèse la plus probable pour l’instant ;-)

    La citation du jour : Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence (Wittgenstein)

    Reply to this comment
  17. Métèque

    26 Feb 2013

    à 13:22

    « Sans conscience pas de libre arbitre, donc la réponse est dans la conscience ».

    Et la conscience, elle n’est pas conditionnée par les déterminismes biologiques? « Le gène ne limite donc pas le libre arbitre, il le rend possible ». Par exemple, « l’aide médicale à mourir dans la dignité », on le permet ou on l’interdit? Un cas de conscience! La question est posée donc rien n’est encore déterminé. Nos fonctions biologiques nous permettront de réfléchir sur la question (émotions et idées) et d’agir et d’emprunter un sens ou l’autre.

    “L’athéisme peut être un produit du déséquilibre nerveux autant que le mysticisme.” (Graham Greene)

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      27 Feb 2013

      à 13:22

      “Et la conscience, elle n’est pas conditionnée par les déterminismes biologiques?”

      Certe, la conscience est bien déterminée par la biologie, mais de quelle manière, selon quel mécanisme ? On n’en sait rien.
      On peut donc tout imaginer, y compris un système chaotique qui préserve, à la limite, le libre arbitre.

      L’athéisme étant une absence de mysticisme, ne peut être de même nature…

      Reply to this comment
  18. Ethaniel

    27 Feb 2013

    à 13:22

    La vraie question serait plutôt : les particules élémentaires ont-elles un libre arbitre ?
    En effet, il semblerait que l’existence de notre libre arbitre soit équivalente à l’existence du libre arbitre des particules élémentaires, voir http://www2.lifl.fr/~delahaye/dnalor/LibreArbitre.pdf ;).

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      27 Feb 2013

      à 13:22

      Merci pour le lien vers cet excellent article, qui ramène le problème du libre arbitre humain à celui des particules. Mais justement, puisque l’on sait que les propriétés quantiques des particules se décident au moment de la mesure, n’est-ce pas la caractéristique du libre arbitre ? (ou du hasard, mais la distinction semble indécidable)

      Reply to this comment
  19. Zealou

    27 Feb 2013

    à 13:22

    Un peu de politique ?
    Remettre en cause notre volonté, c’est d’abord et avant tout un acte politique, allant contre le libéralisme ambiant qui s’est développé depuis quelques siècles en Occident.
    Les sciences sociales ont bien aidé à mettre à mal ce constat, avec l’essor de la psychanalyse et d’un inconscient, puis avec la sociologie en culminant avec le structuralisme et en passant par les classes sociales.
    Cependant, elles laissent un certain ressort aux individus et aux groupes, ou plutôt ne questionnent pas la liberté-même des sujets, ce dont ne se prive pas, par contre la philosophie.
    En supprimant ce ressort, ou plutôt en le décrivant comme le produit des 3 choses invoquées (les gènes, de loin les plus déterminables ; l’environnement et la stochasticité, tendant joyeusement vers l’infini), on peut certes dire que l’humain n’a pas de libre arbitre, mais ça ne permet pas de comprendre ni l’humain ni les sociétés humaines, ni au fond la science produite par ces 3 facteurs (comment pourrait-il en être autrement ?).
    Et donc si la science n’est que ce produit, comment pourrait-elle exercer un regard de surplomb sur sa propre origine ? Au fond, le libre-arbitre, comme la science, peuvent bien n’être que des constructions humaines, et qu’elles s’opposent voilà qui ne fait guère de doutes, ne s’agit-il pas alors pour l’une ou l’autre de s’assurer d’une victoire politique, en faisant valoir l’une après l’autre sa légitimité à qui mieux mieux.

    Reply to this comment
  20. celavie

    27 Feb 2013

    à 13:22

    vieille question! Bouvard et Pécuchet:

    Langlois les invita à honorer sa boutique de leur présence. Ils seraient plus à leur aise, et, malgré les chalands et le bruit de la sonnette, ces messieurs continuèrent à discuter les forfaits de Touache.
    — Mon Dieu ! dit Bouvard, il avait de mauvais instincts, voilà tout !
    — On en triomphe par la vertu, répliqua le notaire.
    — Mais si on n’a pas de vertu ?
    Et Bouvard nia positivement le libre arbitre.
    — Cependant, dit le capitaine, je peux faire ce que je veux ! je suis libre, par exemple, de remuer la jambe.
    — Non, monsieur, car vous avez un motif pour la remuer !
    Le capitaine chercha une réponse, n’en trouva pas. Mais Girbal décocha ce trait :
    — Un républicain qui parle contre la liberté ! c’est drôle !
    — Histoire de rire ! dit Langlois.
    Bouvard l’interpella :
    — D’où vient que vous ne donnez pas votre fortune aux pauvres ?
    L’épicier, d’un regard inquiet, parcourut toute sa boutique.
    — Tiens ! pas si bête ! je la garde pour moi !
    — Si vous étiez saint Vincent de Paul, vous agiriez différemment, puisque vous auriez son caractère. Vous obéissez au vôtre. Donc vous n’êtes pas libre !
    — C’est une chicane, répondit en chœur l’assemblée.

    Pour ma part je crois que le libre-arbitre est une illusion, mais nous pouvons choisir nos leurres…

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      27 Feb 2013

      à 13:22

      Très bon merci pour la citation et merci Flaubert !

      Reply to this comment
      • thallo

        5 Aug 2014

        à 13:22

        Merci Flaubert? Il me semble qu’il se moque de vous par anticipation!

        Reply to this comment
  21. Métèque

    27 Feb 2013

    à 13:22

    @ Emmanuel
    Si la réponse est dans conscience alors dites nous si nous devrions permettre ou interdire « l’aide médicale à mourir ». Cela nous fera sauver du temps.

    Mieux comprendre tous les mécanismes physiques, neurologiques de la pensée humaine, j’adhère. Mais si « homo sapiens » avait attendu « la science moderne » pour savoir s’il disposait ou non d’un pouvoir d’action et d’orientation en la nature lui permettant d’agir selon ses intérêts ou son bien-être, il aurait fossilisé sur place. La question déterminisme/libre arbitre est souvent posée en terme d’opposition. Je questionne l’utilité d’une telle approche. Le « libre arbitre » n’est pas étranger à la notion d’entendement et au phénomène de la connaissance, comme « dans agir en toute connaissance de cause ». Votre conscience vous éclaire grâce aux lois physiques qui la conditionnent.

    Vous privilégiez « l’approche matérialiste de la conscience » mais si jamais, en cherchant une preuve de votre « système chaotique », vous trouvez l’endroit exact « du monde des idées », « faites nous signe ». Ne vous laissez pas mystifier; même une particule subatomique est un mouvement physique. Le libre arbitre n’existe pas trop conditionné et limité par nos gènes? Si c’était le cas, l’esclavagisme aurait encore bonne réputation.

    En ce qui concerne l’athéisme, n’oubliez pas qu’il se définit d’abord en fonction du théisme et qu’il en constitue une sorte d’antithèse, sans plus.

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      27 Feb 2013

      à 13:22

      Je ne vois pas bien le rapport entre l’énigme de la conscience, problème scientifique, et l’euthanasie, problème éthique, il y en a un ?

      Concernant l’athéisme, vous avez l’air de considérer que c’est une croyance parmi d’autres. Ce n’est pas le cas, c’est simplement une absence de croyance. L’athée ne dit pas : “Je crois que Dieu n’existe pas”, il dit “Je ne crois pas que Dieu existe”. Quel rapport avec le libre arbitre ? Probablement aucun. Quoique…

      Reply to this comment
  22. Métèque

    28 Feb 2013

    à 13:22

    Vous avez l’air d’attendre une confirmation « scientifique » de l’existence ou non d’un libre arbitre. Pourtant votre « liberté de conscience », vous l’exercer de belle façon en prenant position sur « l’énigme de la conscience ». Pourquoi percer « l’énigme de la conscience »? Pour comprendre les « lois du vivant » que ce soit à travers la théorie de la « sélection naturelle » ou la « neurobiologie ».

    Quel intérêt y a-t-il à opposer et séparer la science de la conscience (éthique, connaissance)? Nous parlons d’ontologie ou de science-fiction? La science et la conscience forme un tout. Que cherchez-vous au sein de la physique quantique et le « principe d’incertitude », une validation du « Dieu hasard »? Quand nos déterminismes biologiques, plutôt que de permettre la libre pensée, nous empêcheront de penser librement, on ne pourra même plus parler de l’existence du libre arbitre.

    Je vous cite: « Ce n’est pas le cas, (l’athéisme) c’est simplement une absence de croyance ». Je vous l’accorde. Mais votre énoncé « je ne crois pas » est secondaire et tributaire d’une première affirmation, une « hypothèse » qui a le statut d’une « théorie » (de la connaissance) puisqu’elle est admise comme « principe directeur de l’action humaine ». Votre absence de croyance constitue la négation d’une thèse pas une affirmation indépendante; le « fondement philosophique » est le même et votre approche du « libre arbitre » en découle.

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      28 Feb 2013

      à 13:22

      Effectivement, j’attends une confirmation « scientifique » de l’existence ou non d’un libre arbitre, ce serait l’idéal.
      Mais si la réponse est négative, comment sauver la justice ?
      Il restera à explorer l’idée d’une justice “utilitariste”, qui se passerait de la morale et du libre arbitre au profit du de la seule recherche de l’efficacité maximum des peines pour réduire la criminalité. Le justiciable sera considéré comme une espèce de robot programmable à coups de psychologie comportementale, traitement psychiatriques divers et, en dernier ressort, incarcération. Évidement dit comme ça ce n’est pas très vendeur, mais ça permettrait de calibrer les peines sur des bases rationnelles plutôt que morale et, donc, religieuse.

      Concernant l’athéisme, il est vrai qu’il ne se manifeste que par l’existence des religions. Mais il s’en distingue par le fait que c’est ce qui reste quand on les a toutes supprimées. Un peu comme le noir qui, en synthèse additive, n’est pas une couleur, mais une absence de couleur. De ce fait l’athéisme, tel que je le conçois, est inattaquable. Un peu triste, certes, mais inattaquable.

      Reply to this comment
  23. La Mettrie

    28 Feb 2013

    à 13:22

    C’est un peu réductif de dire que la conséquence logique de la non-existence du libre arbitre serait forcément un système utilitariste. Ça n’est pas évident du tout. Qui plus est, cela reste un cadre moral (par opposition à une éthique).
    En ouvrant un peu ses horizons de pensée, il semble néanmoins que d’autres voies soient possibles, différentes du faux dilemme “soit liberté individuelle (nécessairement absolue), soit dressage des êtres humains (dans le sens : programmation comme des machines, ou dressage comme des animaux). Par exemple retravailler la différence fondamentale qu’il y a entre morale et éthique, sortir du mythe dans lequel se sont dignement drapés les philosophes en creusant un fossé infranchissable entre être et devoir-être, passer par-dessus la frayeur irrationnelle que suscite le naturalisme, etc.
    En résumé, nous gagnerions à sortir du confort illusoire que procure ce fondement de notre pensée.

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      1 Mar 2013

      à 13:22

      Une éthique naturaliste ? On remplace Dieu par la Nature ? Très peu pour moi. Je préfère le remplacer par la raison et le service de l’humanité. Une éthique utilitariste rationnelle, qui respecte évidement les droits de l’homme et qui se donne pour but de limiter les souffrances et maximiser le bien-être, voila mon idéal.

      Reply to this comment
      • La Mettrie

        1 Mar 2013

        à 13:22

        Ainsi, pour vous, nature, naturalisme et raison sont incompatibles ? Un projet visant à construire une éthique naturaliste serait nécessairement voué à sombrer dans l’irrationalisme ?
        Vous semblez valoriser inconditionnellement ce que vous appelez le “service de l’humanité”. Je vous avoue que je ne sais pas vraiment de quoi il s’agit et même, je me demande si ce concept obscure peut vraiment servir de fondement ou de principe directeur pour la construction d’une éthique.
        En effet, vous rejetez le naturalisme philosophique mais vous valorisez inconditionnellement les droits de l’homme. Or rappelons que ces droits de l’homme posent beaucoup de problèmes lorsqu’on se penche un peu sur la philosophie du droit. Ils émanent directement de ce qu’on appelle le droit naturel.
        D’autre part, le projet utilitariste visant à maximiser le bien-être et à limiter autant que possible les souffrances posent également de nombreux problèmes. Par exemple, peut-on vraiment penser qu’il existe des définitions universelles du bien-être et de la souffrance ? Et puis, même en acceptant ces catégories, on sait aujourd’hui que les notion d’autonomie et de dignité entrent en collision lorsqu’il s’agit de maximiser le bien-être et/ou de limiter la souffrance. Dès lors, on ne peut pas envisager que la seule forme d’éthique rationnelle, donc valable, donc légitime, est l’utilitarisme. En tout cas, c’est loin d’être aussi évident que vous semblez le dire.
        D’où ma proposition (qui n’est bien sûr pas directement la mienne) d’une voie, si je puis dire, alternative avec une éthique naturaliste.

        Reply to this comment
  24. curieux

    1 Mar 2013

    à 13:22

    On peut résoudre le problème en disant que chacune de nos actions sont “pré déterminés” (le terme n’est pas juste)
    est représentent chacune une brique de notre vie.
    Cependant chacun assemble ses briques aléatoirement, librement.
    Donc en regardant sur un temps cour le libre arbitre n’ existe pas mais sur une vie il est bien présent!

    C’est une ébauche de raisonnement mais je pense que l’on peu creuser .Pouvez vous m’ expliquer pourquoi je me trompe?

    Reply to this comment
    • La Mettrie

      1 Mar 2013

      à 13:22

      Ça soulève un problème : quelle est l’instance qui procède comme bon lui semble à l’agencement des actions déjà déterminées ?

      Reply to this comment
      • Alexis Mandre

        2 Mar 2013

        à 13:22

        Exact, comme le dit La Mettrie, qui est derrière ce “chacun” dont vous parlez, et comment pouvez-vous affirmer qu’il agit “librement” ?

        Vous déplacez simplement la question de la création des briques à l’agencement des briques, mais le problème de qui est derrière ces actions persiste.

        Reply to this comment
  25. Métèque

    1 Mar 2013

    à 13:22

    Emmanuel dit : « Le justiciable sera considéré comme une espèce de robot programmable à coups de psychologie comportementale, traitement psychiatriques divers et, en dernier ressort, incarcération. Évidement dit comme ça ce n’est pas très vendeur, mais ça permettrait de calibrer les peines sur des bases rationnelles plutôt que morale et, donc, religieuse ».

    Votre vision des choses est un drôle de mélange entre le célèbre roman de George Orwell (1984) « Big brother » et « Orange mécanique » de Stanley Kubrick ». Non au naturalisme, non à l’humanisme ? Votre logique morale de « l’utile et de l’inutile », vous la voulez ontologique ou théologique ? Une rationalité, même scientifique, existant en dehors de la nature humaine, c’est possible ? En tant qu’athée, ce n’est pas ce que vous reprochez à «la croyance», d’avoir un idéal se situant bien au-dessus de la nature? C’est la nature humaine qui construit sa « connaissance du monde ».

    N’attendez plus une confirmation « scientifique » du « libre arbitre ». Je peux vous en faire la démonstration sur le champ. Certains disent « je crois » alors que d’autres, tout comme vous, disent « je ne crois pas». Comment expliquer cette possible disparité sachant s’il s’agit des mêmes « gènes humains » ? Si vous étiez à ce point biologiquement limité et déterminé, vous n’auriez pas le bonheur d’étaler ici même votre divergence et votre conception d’un « athéisme rationnel ».

    La Mettrie a raison; tout cela reste du domaine du « confort psychologique ». On ne fait pas que jongler avec les idées, on bouscule aussi, indirectement, les individus dans leur « sentiment d’être et leur raison d’être ». C’est là que les choses deviennent délicates et complexes. On redessine une carte seulement si le besoin se fait sentir. Bonne continuation.

    « Il est peut-être plus nécessaire que jamais de
    faire une distinction entre la morale qui édicte
    un certain nombre de comportements, qui
    détermine ce à quoi doit tendre un individu ou
    une société, qui en un mot fonctionne sur la
    logique du “devoir-être”, de l’éthique qui, elle,
    renvoie à l’équilibre et à la relativisation
    réciproque des différentes valeurs constituant
    un ensemble donné (groupe, communauté,
    nation, peuple, etc.). L’éthique est avant tout
    l’expression du “vouloir-vivre” global et
    irrépressible, elle traduit cette responsabilité
    qu’a cet ensemble quant à sa continuité. En ce.
    sens, elle est difficilement formalisable ». Maffesoli, L’ombre de Dionysos

    Reply to this comment
  26. guillaume de Lamérie

    2 Mar 2013

    à 13:22

    Tout d’abord je voudrais remercier Alexis d’avoir posé la question du libre arbitre aussi clairement et aussi simplement. Ensuite je dois faire mon mea-culpa et avouer que ma première lecture a été un peu rapide, en particulier je n’avais pas été explorer les liens hypertextes proposés, qui font référence à la pensée de certains auteurs importants pour moi, comme Dennett ou Dawkins.
    Une deuxième lecture plus attentive m’a obligé à réinterroger en profondeur et à clarifier mon positionnement sur cette question, centrale pour moi à plus d’un titre, en particulier sur le plan de ma pratique professionnelle, ou la question de l’existence et de la qualité du libre arbitre se pose à moi de façon quotidienne. Avant de préciser pourquoi, je vais préciser ma position sur quelques-uns des aspects théoriques évoqués dans ton texte.

    - Modèle ABC. A et B sont pour moi des résidus dualistes et de l’homunculus assistant au théâtre cartésien. Il n’y a pas à mon sens de pertinence à isoler un centre du libre arbitre, sorti de nulle part, doté de propriété surnaturelle et qui générerait du libre arbitre absolu. On pourrait la mettre dans glande pinéale ;-) ? Si le libre arbitre doit être défini comme ça, alors clairement pour moi il n’y a pas de libre arbitre.
    - A mon sens, le seul schéma compatible avec une position moniste, matérialiste et naturaliste est le C. Il me semble aussi plus compatible avec les modèles de la conscience les plus avancés comme ceux de « l’espace de travail neuronal global de Dehaene, Kerszberg & Changeux » (http://podcastfichiers.college-de-france.fr/dehaene-20100112.pdf lire les dernières diapos) ou celui de Damasio. (http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_12/a_12_p/a_12_p_con/a_12_p_con.html#damasio). Par contre je corrigerais volontiers la légende pour C, la conscience peut facilement influencer les processus inconscient, même les plus basiques (fréquence cardiaque, perception visuelle…).

    Avant d’aller plus loin, je vous invite à aller lire cet article qui résume bien à mon sens les questions posées par la suppression du libre arbitre, et les réponses qu’y apportent Wegner et Atlan.
    http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_12/a_12_s/a_12_s_con/a_12_s_con.html#2

    Venons-en à ma pratique professionnelle. Je pourrais presque me définir comme un praticien du libre arbitre : Psychiatre des hôpitaux, quatre de mes activités me font interroger directement la question de l’existence et de la qualité du libre arbitre des personnes que j’examine ou que je soigne :
    1) Comme psychothérapeute : je me suis spécialisé dans la prise en charge et le traitement des syndromes de stress post-traumatique. Des personnes viennent me consulter pour traiter les conséquences souvent très invalidantes de traumatismes plus ou moins sévères responsables de pensées et d’actes automatiques et incontrôlables : reviviscence, flash-back, conduite d’évitement, hypervigilance voir état dépressif, toxicomanie… En bref, un pan plus ou moins important de leur vie sociale, relationnelle, affective est complètement automatique, inaccessible au contrôle de leur volonté. Leur libre arbitre est amputé. En les traitant en psychothérapie (j’utilise le plus souvent l’EMDR) on arrive souvent à les guérir complètement de ce trouble, le sujets retrouvent alors une liberté de choix considérablement plus importante dans nombre de domaine de leur vie relationnelle, affective, professionnelle.
    2) Comme expert auprès des tribunaux. Je dois me prononcer sur l’altération ou l’abolition du discernement en lien avec une affection psychiatrique ou neuro-psychiatrique dans le cadre de délit ou de crime : dans quelle mesure la présence d’affection neuro-psychiatrique altérant leur libre arbitre limite leur responsabilité pénale dans les actes qu’ils ont commis ? Je dois aussi me prononcer sur la nécessité ou pas de mettre en place une mesure de protection de majeur (tutelle, curatelle) dans le cadre d’affection neurologique ou psychiatrique sévère qui altèrent plus ou moins les capacités de choix des sujets. Dans quelle mesure l’altération de leur libre arbitre nécessite une aide extérieure ?
    3) Comme chercheur clinicien : dans la construction du protocole de recherche mis en place dans mon service, nous avions une obligation légale d’élaborer un texte permettant aux sujets recrutés de donner leur consentement éclairé à leur participation à l’étude. Comment donner une information aussi claire et loyale que possible pour que les sujets de l’étude prennent leur décision en toute connaissance de cause ? Le libre arbitre ne se nourri pas de vide.
    4) Comme psychiatre référent d’un service d’hospitalisation libre de patients souffrant d’affections psychiatriques sévères. Accueillant des patients souffrant de pathologie diverses (cérébrolésés, psychoses, trouble bipolaire, autisme déficitaire, déficience intellectuelle) et présentant des troubles sévères du comportement avec automutilation, agressivité physique, comportements gravement inadaptés. Comment les prendre en charge en s’appuyant sur ce qui leur reste de conscience et de libre arbitre ? Comment faire la différence entre un passage à l’acte physique sur un soignant ou un autre patient conséquence directe de leur pathologie et un acte volontaire, librement décidé ?

    Bref, la question du libre arbitre, de ses limites, de son altération ou de son abolition n’est pas pour moi une question théorique, mais une question pratique qui se pose à moi tous les jours de mille façons différentes. Et à laquelle je dois donner des réponses : aux patients, à la justice, aux familles, aux équipes… Et si illusion il y a, c’est une illusion particulièrement féconde…

    Si j’essaye de dégager les points communs qui relient ces différentes activités, la question qui est posée au psychiatre que je suis est celle d’un accès possible et avec quelle souplesse, à un répertoire comportemental permettant au sujet une réponse adaptée à ses besoins et aux besoins du groupe dans lequel il vit.
    Cet accès peut-être totalement impossible en cas de déficit sévère des capacités cognitives (démences), d’altération grave de la conscience du fait de l’existence de maladies psychiatriques sévères (schizophrénie, trouble bipolaire), ou de comportements automatiques de survie déclenchés de façon réflexe (trouble de stress post-traumatique).
    Le sujet n’est alors plus en capacité de satisfaire à ses besoins élémentaires ou aux attentes sociales sur le plan de son comportement, mettant en jeux sa survie ou celle du groupe.
    Ce à quoi je tente de répondre quand on regarde mon activité sous cet angle-là, c’est donc:
    - La capacité d’un sujet à pouvoir identifier, planifier et exécuter un comportement adapté parmi un ensemble de comportements possibles (nécessite des capacités cognitives suffisantes) ;
    - la capacité de mettre en œuvre ces comportements de façon souple ;
    - L’absence de contrainte extérieure (emprise d’une personne extérieure) ou interne (hallucination auditive, sentiment de persécution, comportement de survie mis en jeu de façon automatique…).
    C’est en fonction de ça que je vais
    - Estimer qu’un sujet souffre ou non d’un « trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli ou altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes au sens de l’article 122-1 du Code Pénal »,
    - Evaluer si un sujet à besoin « d’une assistance ou d’une représentation du majeur dans les actes de la vie civile, tant patrimoniaux qu’à caractère personnel, ainsi que sur l’exercice de son droit de vote »,
    - Traiter un sujet en psychothérapie ou avec des médicaments dans certaines maladies pour supprimer les altérations de la conscience et certains comportements automatiques, augmentant ainsi le répertoire comportemental du sujet et sa capacité à mettre en œuvre des réponses adaptés à ses besoins et à ceux du groupe.

    Si l’on revient maintenant au sujet dit « normal ». Celui qui est en capacité d’identifier de planifier et d’exécuter un comportement parmi un ensemble de comportements possibles pour répondre à une situation donnée de façon adapté, dont la conscience n’est pas altérée par des maladies psychiatrique, dont le comportement de survie n’est pas déclenché automatiquement dans des situations qui ne le justifie pas et qui peut mettre en œuvre de façon souple sa réponse à une situation donnée.
    Qu’en est-il de son libre arbitre ? Même si l’on se situe dans un monde déterministe à la causalité implacable, lorsque l’on essaye de remonter à la source des chaines des causalités déterminant sa réponse celle-ci devient rapidement illisible.
    Le comportement du sujet normal est rapidement imprédictible et il répond au mieux à ses besoins et aux attentes du groupe dans lequel il vit.
    On pourrait donc dire, de la même façon qu’il existe un hasard d’ignorance, que le libre arbitre est proportionnel au degré d’ignorance qui détermine nos actes.

    Mais je dois admettre qu’en se plaçant dans une perspective matérialiste, moniste et naturaliste, il est difficile d’échapper à la conclusion que le libre arbitre est une illusion, même si ses chaines causales nous restent à jamais caché.

    Reply to this comment
  27. patricedusud

    3 Mar 2013

    à 13:22

    Une pièce importante au débat me semble apporter par les travaux d’Elisa Filevich, Simone Kühn et Patrick Haggard publié dans Plos One Vol8 e53053, 2013.
    Par une expérience décrite en détail dans l’article de Plos One, le « docteur Patrick Haggard et ses collègues de l’Institut des neurosciences cognitives de Londres viennent d’observer que même lorsque nous décidons de bloquer une décision prise par les neurones au niveau pré-conscient, un autre signal cérébral est détectable quelques dizaines de secondes en amont » (cit. Cerveau & psycho n° 56 mars-avril 2013) de la prise de décision consciente de blocage. Donc quand nous décidons de bloquer une action décidée par le cerveau, cette décision est elle aussi déterminée de façon non consciente.
    La conscience serait donc un processus « représentatif » de nos actions « libres » ou « contraintes », une sorte de spectatrice d’une machinerie qui a la grâce de bien vouloir nous dire ce qu’elle a décidé après l’avoir fait. Cela ne règle pas ni dans un sens ni dans l’autre le problème du libre arbitre qui est une sorte d’”homéostasie sociale” régulant notre fonctionnement en communauté.
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3572111/

    Reply to this comment
    • patricedusud

      3 Mar 2013

      à 13:22

      Je précise ma pensée sur l”homéostasie sociale”. Le présupposé du “libre arbitre” est au cœur de la notion de responsabilité au sens pénal du terme. SI nous n’étions que des “machines” soumises au fonctionnement arbitraire de “notre cerveau”, la notion même de responsabilité individuelle serait sans fondement, avec comme conséquence le fait que la régulation sociale serait impossible. Or cette régulation, fruit d’une lente évolution de la culture dans son versant “morale sociale”, assure l’équilibre de la vie en commun qui se base sur l’altérite et la notion de liberté et de responsabilité individuelle.

      Reply to this comment
    • patricedusud

      3 Mar 2013

      à 13:22

      Il fallait lire “quelques dizaines de MILLISECONDES” et pas de secondes bien sûr;;; :)

      Reply to this comment
  28. Emmanuel

    3 Mar 2013

    à 13:22

    “La conscience serait donc un processus « représentatif » de nos actions « libres » ou « contraintes », une sorte de spectatrice d’une machinerie qui a la grâce de bien vouloir NOUS dire ce qu’elle a décidé après l’avoir fait”. L’idée est séduisante mais le “nous”, qui est-ce ? Le “WILL” des schéma A et B ? La conscience n’est-elle pas déjà ce “nous” ?
    A moins de supposer que ce “nous”, qui inclus le libre-arbitre, soit un processus inconscient qui commande la conscience ? Cela expliquerait les résultats des expériences décrites ci-dessus.
    Mais le libre-arbitre, un processus inconscient ? N’est-ce pas contradictoire avec sa définition même ?

    Reply to this comment
    • patricedusud

      3 Mar 2013

      à 13:22

      NOUS?
      Surement pas le WILL des schémas A ou B , fossiles d’un dualisme qui n’a pas sa place dans les neurosciences.
      “Nous” ne peut évidement faire référence que justement à cette “conscience” si mystérieuse dont Antonio Damasio parle avec tant de brio dans son dernier livre “L’autre moi-même” et dont une des caractéristiques les plus fascinantes est probablement cette façon de dialoguer avec nous-même,cette capacité d’introspection, évolution récente de l’esprit humain (3000 ans) selon Julian Jaynes.
      Et au fond cette possibilité d’être à la fois en apparence “acteur” et mais aussi “observateur” du soi n’est-elle pas le fondement de l’”illusion” du libre arbitre?

      Reply to this comment
  29. Yogi

    4 Mar 2013

    à 13:22

    Article, et sujet, tout à fait passionnants. Pour ma part j’en tirerais les conclusions suivantes :

    1) La conscience n’est pas le siège du libre-arbitre, mais est l’un des facteurs qui l’influencent.

    Il me semble que le “centre de décision” de notre comportement ne se situe pas dans la conscience, comme les exemples de Guillaume de Lamérie le montrent à l’envi. Les décisions se fabriquent ailleurs dans un stade “pré-conscient”, et sont transmis simultanément au corps, pour exécution, et à la conscience, pour modélisation, intégration dans le discours, et planification des actions futures. Le résultat de cette (tentative de) planification est ensuite injecté dans le système et influera, en concurrence avec d’autres inputs (les émotions, les traumatismes passés, les réflexes, les perceptions, …), les prises de décision suivantes.

    2) La liberté se manifeste par l’imprédictibilité.

    Un système peut obéir à des lois parfaitement déterministes tout en étant parfaitement imprédictible, comme l’ont montré le problème des trois corps et la théorie du chaos. Il me semble que le “libre-arbitre” pourrait se situer là, dans l’interaction des N “modules” (dont la conscience) qui interagissent au sein du psychisme humain, et qui produisent des décisions pas complètement au hasard mais pourtant imprédictibles dans leur détail.

    Reply to this comment
  30. Emmanuel

    4 Mar 2013

    à 13:22

    Globalement d’accord avec les commentaires de @patricedusud et @Yogi mais deux remarques toutefois :

    - si le libre-arbitre résulte d’un processus inconscient (ce que suggère ces expérience), on voit mal comment il pourrait engager la responsabilité du sujet
    - il n’y a pas de libre-arbitre sans conscience et pas de conscience sans libre-arbitre. Conscience et libre-arbitre ne font qu’un. Si le libre-arbitre est une illusion, la conscience l’est aussi. Ce n’est pourtant pas ce que je ressent ;-) Et vous ?

    En résumé, je maintiens mon commentaire initial : tant qu’on ne sait pas comment fonctionne la conscience on ne peut rien dire sur le libre arbitre.

    Ce qui n’empêche pas ce blog d’être absolument passionnant ! :-)

    Reply to this comment
    • Yogi

      4 Mar 2013

      à 13:22

      Je ne sais pas si on peut isoler si aisément le conscient de l’inconscient, et le “maîtrisé/responsable” du “non-maîtrisé/non-responsable”, cf les exemples de Guillaume de Lamérie et notre expérience quotidienne de ne pas toujours faire ce que nous voudrions/devrions faire.

      La responsabilité de l’individu c’est de donner le poids le plus grand possible au module “conscience” vs les autres modules disons “pulsions” dans le mécanisme sous-jacent de prise de décision / comportement, lequel nous échappe pour une bonne part.

      La conscience existe, mais n’est qu’un acteur parmi d’autres dans nos processus psychiques.

      Reply to this comment
    • patricedusud

      4 Mar 2013

      à 13:22

      Tous ces résultats d’expériences sur le pré-conscient qui précéderait la conscience dans l’activation de nos actions ne seraient-ils pas une sorte de “mirage” parce que nous avons une conception erronée de la conscience comme un processus séquentiel dont le centre de décision unique se trouverait être la conscience que nous avons de nos “prises de décision” ?
      Si vous vous êtes fiés au compte à rebours diffusé par les chaines télévision pour inaugurer le premier de l’an, vous avez en fait embrassé votre chéri(e) au moins une seconde après le passage décisif d’une année à l’autre ?
      En effet le temps de recevoir le signal sur votre récepteur TNT par réseau hertzien ou sur votre box ADSL par fil téléphonique et le moment ou l’image s’affiche sur votre écran, il y a des algorithmes de décompression et de conversion digital analogique qui interviennent pour fabriquer l’image et le son que vous recevez “en direct”.
      Il semble bien que cette caractéristique de séquençage temporelle soit aussi partagée par le cerveau lorsqu’il “fabrique” l’image mentale qui monte dans l’espace neuronal de travail conscient décrit par Jean-Pierre Changeux et Stanislas Dehaene[1].
      Ce décalage inhérent à la nature physique de la conscience qui met en œuvre la diffusion de flux nerveux à travers des millions voire des milliards de synapses pourrait peut-être expliquer simplement les résultats des expériences mentionnées ci-dessus.
      Si nous suivons les dernières recherches sur le fonctionnement bayésien du cerveau[2] nous devons supposer qu’une prise de décision est une évaluation statistique de l’adéquation de celle-ci sélectionnée dans un ensemble de décisions possibles.
      Il n’y aurait donc rien de particulièrement étonnant que la décision sélectionnée par ce type de fonctionnement statistique se trouve représentée dans le cortex avant même qu’elle ait eu le temps d’atteindre c’est-à-dire d’”activer” l’espace neuronal de travail conscient.
      La conscience de nos décisions ne serait que l’ultime étape d’un processus complexe mettant en œuvre les capacités statistiques de “décider” en fonction des données pertinentes à la situation mettant en jeu des mécanismes qui dépassent largement une apparition ultime à la conscience.
      S’agit-il pour autant d’une négation de cette notion de libre arbitre ?
      Notre libre arbitre s’exerce probablement comme une sorte de “régulateur” des ces mécanismes de décisions. Il pourrait être la synthèse d’une solution trouvée par le cerveau pour régler élégamment les problèmes indécidables tout en nous rendant pleinement propriétaire des décisions prises.

      (1] http://www.cea.fr/recherche-fondamentale/les-bases-biologiques-de-l-acces-a-la-conscience-57636
      (2] http://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/index.htm#|m=course|q=/site/stanislas-dehaene/course-2011-2012.htm|p=../stanislas-dehaene/course-2012-01-10-09h30.htm|

      Reply to this comment
  31. La Mettrie

    5 Mar 2013

    à 13:22

    Il y a tout de même un sacré problème dans tous ces commentaires me semble-t-il : on a tendance à isoler l’individu de son milieu. On envisage la conscience et le libre arbitre comme des processus purement intérieurs, effets de la détermination et du retour du sujet sur lui-même. En fait, on semble concevoir le sujet avant tout comme une entité autonome, comme une intériorité qui pourrait intégrer ou non l’influence de son environnement.

    Et si il s’agissait d’une conception biaisée ? Et si nous n’étions en fait que ce que notre environnement fait de nous (et non ce qu’on fait de notre environnement) ? Et si nous n’étions que les points où se croient une multitude de déterminismes ? Et si il n’y avait ni intériorité ni intériorisation ?

    Reply to this comment
  32. [...] Est-ce là un argument en faveur de l’existence de notre libre-arbitre (pour répondre à la question d’Homo Fabulus)? Je n’aime pas beaucoup les analogies faciles entre l’indétermination quantique et [...]

    Reply to this comment
  33. Catherine

    18 Apr 2013

    à 13:22

    Ma théorie. 

    Il y a au départ des neurones diverses qui produisent de l’énergie. Ces énergies ont des fonctions diverses, mais ne servent qu’à alimenter des bases de fonctionnement (les fonctionnements cognitifs, langage, mémoire,  etc..). Jusque là il n’y a aucune conscience, le cerveau est NEUTRE mais il a une disposition à la conscience (si tout marche bien, et selon le type de constuction le type de réception aux perceptions peut varier) car la conscience ne vient pas de l’intérieur mais de la connexion de l’extérieur (environnement en rapport avec l’affect/le plaisir et le déplaisir –> émotions) vers l’intérieur. Les nourrissons ont des connexions synaptiques ultra rapides qui après quelques années ralentissent, plus ou moins. La conscience se construit, elle est un résultat entre les messages enregistrés par le subconscient et ses émotions, qui se confrontent à son environnement pour produire une conscience. Selon cette construction, l’environnement étant de moins en moins limité au fil du temps, de l’acquisition d’ expériences et de l’autonomie, se proposent des chemins divers, car le monde n’est pas fait que de soi. Nous avons donc un libre arbitre. Mais, ce libre arbitre a une limite, de par les émotions. 

    Reply to this comment
  34. Emmanuel

    18 Apr 2013

    à 13:22

    Et comment teste-t-on cette brillante théorie ? Est-elle “falsifiable”, au sens de Popper ?

    Reply to this comment
  35. Catherine

    19 Apr 2013

    à 13:22

    Si tu veux dire qu’il faut tout prouver par les neurosciences ? laisse moi rire …
    Il y a des études cliniques qui prouvent l’interaction entre l’environnement et l’être humain. Je ne te donne pas de références sur la psycho bébé , tu en trouveras pléthore.
    Il est prouvé que garçons et filles ont le même cerveau à la naissance (lire Le cerveau a t il un sexe de Catherine Vidal).
    Il est prouvé que le nourrisson a des connexions synaptiques ultra rapides à la naissance et extrêmement nombreuses.
    Les émotions sont à la base de la demande du nourrisson.
    Le reste, je ne saurais pas expliquer mieux que de dire que mon cerveau a enregistré pas mal d’
    informations et qu’en faisant une petite introspection hier soir sur le sujet, ça a été logique, ça s’est construit… Et le résultat n’est peut être pas parfait mais il me semble très cohérent.

    Salut :-)!

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      19 Apr 2013

      à 13:22

      Si on peut prouver c’est de la science, sinon c’est de la philo (dans le meilleur des cas).
      Quant à la théorie selon laquelle filles et garçons ont des cerveaux identique, elle a l’avantage d’être réfutable (testable expérimentalement), mais l’inconvénient d’être largement réfutée (cf, au hasard : http://livre.fnac.com/a1165807/Doreen-Kimura-Cerveau-d-homme-cerveau-de-femme).
      Et c’est sans doute pour ça qu’on n’est pas d’accord : je suis un rationnel pur et dur (typiquement masculin), tu es une intuitive sensible (typiquement féminine).
      Question pour revenir au sujet : les hommes ont-ils plus ou moins de libre arbitre que les femmes ? ;-)

      Reply to this comment
      • Alexis Mandre

        20 Apr 2013

        à 13:22

        Ha très intéressante question que je reformulerais, en postulant l’inexistence du libre-arbitre, en “les hommes ont-ils plus ou moins l’impression de libre-arbitre que les femmes ?”. Sinon Catherine, si le livre de Catherine Vidal permet d’être politiquement correct il reste assez léger scientifiquement. Et quand bien même le cerveau des hommes et des femmes serait le même à la naissance, qu’est-ce que ça prouve pour la suite ? Hommes et femmes ont la même poitrine à la naissance, cela n’empêche pas que seules les femmes vont développer des seins par la suite, et sans l’intervention d’aucune pression sociale… En bref: le développement humain (biologique) n’est pas fini à la naissance. Mais bon on s’éloigne de la question du libre-arbitre là.

        Reply to this comment
  36. Catherine

    19 Apr 2013

    à 13:22

    Concernant le libre arbitre (je te vois venir!), il existe bien que les émotions soient présentes. C’est une question de place sur l’échelle du temps. Cad que nous ne sommes pas responsables de nos émotions, mais nous avons la capacité de choisir de faire, ou pas, un travail pour apprendre à nous en distancer, et meme de choisir lequel. Enfin, le libre arbitre n’implique pas de faire un “bon” choix, mais il implique d’ en faire un, et meme ne pas en faire en est un ;-)!

    Bye !

    Reply to this comment
    • La Mettrie

      19 Apr 2013

      à 13:22

      Cela signifie-t-il que nous serions capable, de manière autonome, d’aller à l’encontre de ce qui nous détermine et de créer de nouvelles causes ?
      Autrement dit, par “libre” entendez-vous causé seulement par soi, ou bien dites-vous qu’un choix libre est seulement un acte de volonté accompli sans qu’on ressente de contrainte ?

      Reply to this comment
  37. Catherine

    21 Apr 2013

    à 13:22

    La Mettrie

    “Cela signifie-t-il que nous serions capable, de manière autonome, d’aller à l’encontre de ce qui nous détermine et de créer de nouvelles causes ?
    Autrement dit, par « libre » entendez-vous causé seulement par soi, ou bien dites-vous qu’un choix libre est seulement un acte de volonté accompli sans qu’on ressente de contrainte ?”

    Ce qui nous détermine, c’est à dire nous construit, passe par notre culture. 
    Même en cas de contrainte ressentie, nous pouvons faire le choix de nous y contraindre ou pas. Le choix comme je le disais plus haut est variable sur l’échelle du temps, cad que d’ une part il est proportionnel à notre construction et autonomie (un enfant par exemple peut choisir d’ écouter ou pas ses parents), et par ricochets nos actes ont des conséquences avec lesquelles nous devrons faire, d’ une manière ou d’ une autre, par un choix. Sur l’échelle du temps aussi lorsque nous nous apercevons que nous payons le prix d’un choix ou non choix (pulsion), nous choisissons alors de rectifier le tir ou de nous braquer.
    Si nous n’étions pas des êtres qui choisissent, nous serions soit des légumes, soit enfermés, c’est aussi simple que ça. Quelque soit la manière dont nous procédons pour faire un choix, obligatoire compte tenu de notre confrontation permanente à un environnement, nous en faisons ou bien c’est que nous serions dans la pulsion (ce qui arrive et là ce n’est pas un choix). 

    Emmanuel

    Si on peut prouver c’est de la science, sinon c’est de la philo (dans le meilleur des cas).
    Quant à la théorie selon laquelle filles et garçons ont des cerveaux identique, elle a l’avantage d’être réfutable (testable expérimentalement), mais l’inconvénient d’être largement réfutée (cf, au hasard : http://livre.fnac.com/a1165807/Doreen-Kimura-Cerveau-d-homme-cerveau-de-femme).
    Et c’est sans doute pour ça qu’on n’est pas d’accord : je suis un rationnel pur et dur (typiquement masculin), tu es une intuitive sensible (typiquement féminine).
    Question pour revenir au sujet : les hommes ont-ils plus ou moins de libre arbitre que les femmes ? ;-)

    Alexis Mandre
    Ha très intéressante question que je reformulerais, en postulant l’inexistence du libre-arbitre, en « les hommes ont-ils plus ou moins l’impression de libre-arbitre que les femmes ? ». Sinon Catherine, si le livre de Catherine Vidal permet d’être politiquement correct il reste assez léger scientifiquement. Et quand bien même le cerveau des hommes et des femmes serait le même à la naissance, qu’est-ce que ça prouve pour la suite ? Hommes et femmes ont la même poitrine à la naissance, cela n’empêche pas que seules les femmes vont développer des seins par la suite, et sans l’intervention d’aucune pression sociale… En bref: le développement humain (biologique) n’est pas fini à la naissance. Mais bon on s’éloigne de la question du libre-arbitre là.
    ………
    La philo est une science (sociale).
     
    “Doreen Kimura est membre du Freedom Party, parti ultra-libéral, qui s’ oppose aux programmes d’aide sociale. conteste le rôle de l’ Eta t dans la gestion des affaires sociales, défend des enseignements séparés pour les filles et les garçons. On ne peut résumer ce chapitre très riche. On ne. peut qu’évoquer le “dopage humain” pour “affranchir la race humaine de ses contraintes biologiques”. le “neuromarketing” qui vise à activer le cerveau du consommateur pour qu’il passe à l’acte d’achat, la “neuroéthiaue” et la neurophilosophie” qui devraient permettre de résoudre les questions d’éthique et de philosophie par référence à la biologie! ”
    http://www.alternatifs.org/tribunes/tribu/l_250708_fem.html

    “Et c’est sans doute pour ça qu’on n’est pas d’accord : je suis un rationnel pur et dur (typiquement masculin), tu es une intuitive sensible (typiquement féminine).”
    Mdr.. tristement. 
    Je suis Aspie. Et mon raisonnement introspectif est du à mon syndrome, comme pour beaucoup d’ Aspie Hommes ET Femmes. Je me reconnais très bien sur de nombreux points Aspie pseudo masculins. Parce que sans cet espèce d’ idéologisme de sexe, s’ajoute maintenant de pseudo différenciations de fonctionnements hommes/femmes Aspies. 
    Le problème des stéréotypes de genre qui se retrouve à tous les niveaux de la société (médias, éducation, scolarité, sexualité etc..) se retrouve renforcé chez les femmes Asperger, souvent attirées par des domaines pseudo masculins. Comme si il fallait pour exister appartenir à un standard. Et ce qui crée les souffrances c’est qu’au lieu de se construire selon nos propres désirs, on commence par se construire selon les désirs des autres, parce que le regard de l’autre, sa considération, c’est aussi ce qui fait que l’on se sent un être humain et pas un extra terrestre. Mais ça crée forcement plus de décalages et du coup plus de souffrances plus ou moins avouées ou refoulées 
    puisque nous ne pouvons
    pas être standards mais que tout nous pousse dans ce sens. 

    Le libre arbitre n’est pas une question de sexe. Bien sûr que personne (ou presque) n’a envi de mourir et parfois les choix sont contraints, les désirs refoulés. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de libre arbitre, ça veut dire que l’on choisit de ne pas mourir. Ça veut dire aussi qu’une parti de notre potentiel est en sommeil parce qu’une société te prive de liberté. Est ce que parce que tu te tais tu ne penses pas ? Probablement pas. C’est pareil pour le libre arbitre. 

    “Hommes et femmes ont la même poitrine à la naissance, cela n’empêche pas que seules les femmes vont développer des seins par la suite, et sans l’intervention d’aucune pression sociale… En bref: le développement humain (biologique) n’est pas fini à la naissance. Mais bon on s’éloigne de la question du libre-arbitre là.”

    Les hommes et les femmes ont des fonctions génitales qui vont se développer par la suite selon leur sexe. Et alors ? Quel rapport avec ce qu’il y a dans notre cerveau ? Puisque le cerveau enregistre et traite les informations qui viennent de l’extérieur. Puisqu’ensuite nous développons une conscience qui nous permet de dire oui ou non. Franchement.. Catherine Vidal politiquement correcte ? Pourtant elle va à l’encontre de vos préjugés. C’est peut être ce qui vous gêne ? C’est tellement rassurant de mettre les gens dans une case, et de maintenir les femmes sous contrôle. Pffff.. Même vous vous êtes sous contrôle avec votre virilité à démontrer en permanence ;-)! 

    Reply to this comment
    • La Mettrie

      21 Apr 2013

      à 13:22

      “Ce qui nous détermine, c’est à dire nous construit, passe par notre culture.”

      Oui, c’est vrai. Mais nous ne sommes pas déterminé que par ce qui relève de la culture. Vous oubliez de parler de l’environnement en général, c’est-à-dire de ce qui n’entre pas directement dans le domaine de la culture. Certes, nos corps deviennent des objets de culture, mais ils n’en restent pas moins des corps, avec leur processus qui nous déterminent tout autant que ce qui se passe dans la sphère culturelle.

      “Même en cas de contrainte ressentie, nous pouvons faire le choix de nous y contraindre ou pas.”

      Étrange… Une contrainte à laquelle on peut décider, de manière complètement égale, de se plier ou pas est-elle encore vraiment une contrainte ?

      “Le choix comme je le disais plus haut est variable sur l’échelle du temps, cad que d’ une part il est proportionnel à notre construction et autonomie (un enfant par exemple peut choisir d’ écouter ou pas ses parents), et par ricochets nos actes ont des conséquences avec lesquelles nous devrons faire, d’ une manière ou d’ une autre, par un choix. Sur l’échelle du temps aussi lorsque nous nous apercevons que nous payons le prix d’un choix ou non choix (pulsion), nous choisissons alors de rectifier le tir ou de nous braquer.”

      Il semble que vous confondez capacité d’action et choix/décision. Pour vous, on dirait que le fait que les êtres humains agissent ne peut s’expliquer que par une liberté de choix, c’est-à-dire une marge de manœuvre par rapport aux stimulations du milieu extérieur. Or, je ne vois pas comment concevoir une telle sphère (celle de la “marge de manœuvre”) sans avoir à créer comme l’ont fait certains philosophes une sphère complètement fictive d’indétermination au sein de laquelle le sujet pourrait sélectionner de manière purement autonome et dans une indifférence totale ce qu’il va faire des déterminations qui s’exercent sur lui.
      Qui plus est, le fait même que nous puissions apprendre de nos actions passées démontre que ces mêmes action exercent une influence sur nous, une influence qui ne dépend pas de notre propre volonté.

      “Si nous n’étions pas des êtres qui choisissent, nous serions soit des légumes, soit enfermés, c’est aussi simple que ça. Quelque soit la manière dont nous procédons pour faire un choix, obligatoire compte tenu de notre confrontation permanente à un environnement, nous en faisons ou bien c’est que nous serions dans la pulsion (ce qui arrive et là ce n’est pas un choix). ”

      Faux dilemme. Il n’est pas vrai qu’un monde où nous serions purement déterminés serait un monde de robots ou de légumes. Ça n’est pas parce que nous ne sommes qu’un moment dans une chaîne causale infinie que nous ne sommes pas capables d’action et même de création. Simplement, nous sommes bien plus agit que nous agissons, et nous sommes plus parlés que nous ne pensons parler.
      Je trouve pour ma part qu’il est possible de tirer une certaine joie de ce qu’on participe de quelque chose qui nous dépasse et dont nous ne sommes qu’un moment insignifiant.

      Reply to this comment
  38. guillaume de Lamérie

    21 Apr 2013

    à 13:22

    Je partage pleinement le commentaire sur la production de Catherine Vidal: idéal pour rester politiquement correct. Il me semble que la meilleur réponse à ses idées est sur le site d’homofabulus : http://homofabulus.com/les-macaques-males-aussi-preferent-jouer-aux-petites-voitures/
    D’autres études, effectuées dans les Kibboutz, ou les enfants filles et garçon étaient élevés rigoureusement de la même façon montre qu’à l’âge adulte les différences homme femme sont les mêmes que dans nos infâmes sociétés sexistes…
    Cela ne veut pas dire évidemment que l’environnement n’a aucun effet sur nos comportements ni qu’il ne faut rien faire pour continuer à faire progresser l’égalité en droit des hommes et des femmes.
    Qu’ils soient d’origine génétique ou culturel (et ces derniers sont souvent plus difficile à modifier que les premier, voir les croyance religieuses par exemple), les déterminant de nos comportements peuvent être modifiés et doivent l’être si cela permet d’améliorer le bien être individuel sans mette en péril le collectif.

    Reply to this comment
  39. Catherine

    21 Apr 2013

    à 13:22

    “Cela ne veut pas dire évidemment que l’environnement n’a aucun effet sur nos comportements ni qu’il ne faut rien faire pour continuer à faire progresser l’égalité en droit des hommes et des femmes.”

    Voilà, et même pour qu’il y ait égalité des droits et que l’on arrête de dire que les filles et les femmes aiment le rose, sont douces et tendres, moins bonnes en matcher meilleures en français, orientées de facto dans les métiers dit “de femmes” (suffit de voir comment ça se passe dans les collèges) de la secrétaire à l’infirmière en passant par la coiffeuse et l’esthéticienne, de dire que les garçons qui choisissent d’ être coiffeurs sont des pedés (et si il y en a et alors ?) que les filles qui veulent conduire des camions sont des gouines (idem), même si des femmes et des filles aiment le rose sont tendres.
    Il faut arrêter de croire que le choix fait le sujet par nature et surtout, d’ organiser la culture selon ces croyances qui n’apportent rien à personne sinon du pognon pour les tireurs et tireuses de ficelles, sinon pour faire de l’ideologisme de sexes.

    Salut.

    Reply to this comment
    • Emmanuel

      21 Apr 2013

      à 13:22

      Ne peut-on pas admettre qu’il y a des différences entre les sexes et revendiquer une stricte égalité de droit ? Il n’est pas nécessaire de nier les évidences pour exiger que “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits”. C’est d’ailleurs le sens du politiquement correct : ce sont des énoncés contestables sur le plan scientifique mais qui sont utiles (voir nécessaires) au bon fonctionnement de la société.
      A mon avis, dans un combat anti-sexisme (ou anti-racisme, le problème est le même), la bonne approche n’est pas de nier les différences (cela donne trop de prises aux sexistes), mais plutôt d’éviter d’en parler et de rester sur le plan de l’égalité des droits inscrit dans la loi.

      Reply to this comment
  40. Catherine

    21 Apr 2013

    à 13:22

    La Mettrie

    « Ce qui nous détermine, c’est à dire nous construit, passe par notre culture. » Catherine 

    Ta réponse :
    Oui, c’est vrai. Mais nous ne sommes pas déterminé que par ce qui relève de la culture. Vous oubliez de parler de l’environnement en général, c’est-à-dire de ce qui n’entre pas directement dans le domaine de la culture. Certes, nos corps deviennent des objets de culture, mais ils n’en restent pas moins des corps, avec leur processus qui nous déterminent tout autant que ce qui se passe dans la sphère culturelle.”

    Je te répond : 

    J’entend par culture un sens global (j’aurais dû dire environnement). Si nous dépendons aussi de notre corps, c’est notre conscience qui nous guide dans nos choix. Je ne dis pas pour autant qu’ils ne soient pas précédés de tout ce que nous avons enregistrés, issu de notre environnement (culturel, affectif, social, naturel) de nos émotions et des attirances ou répulsions issues de notre conditionnement. Mais quand bien même, nos choix ne sont pas issus d’ un processus du corps qui nous détermine, sinon il ne s’agirait plus d’ un choix. Si mon corps est malade, je peux choisir de le soigner ou pas, d’ une manière ou d’ une autre. Si le choix que je ferai serai influencé par mes conditionnements, il n’en reste pas moins que je ferai un choix, même si le choix est de ne pas en faire et donc de ne pas me soigner, ce qui est aussi le résultat d’un ensemble de paramètres ou d’ un seul qui le précède. Ce n’est pas parce que par exemple je pense à quelque chose qui est précédé d’ autre chose que ma pensée n’existe pas. 

    « Même en cas de contrainte ressentie, nous pouvons faire le choix de nous y contraindre ou pas. » Catherine

    Ta réponse 
    Étrange… Une contrainte à laquelle on peut décider, de manière complètement égale, de se plier ou pas est-elle encore vraiment une contrainte ?

    Je te répond :
    Je reprend ton terme de contrainte de tout à l’heure. Mais effectivement, aucune contrainte n’existe vraiment, il n’existe qu’un sentiment de contrainte qui suscite souvent des émotions qui nous conduisent à opter pour une décision plutôt qu’une autre (dans le cas de la contrainte). Mais certaines personnes cèdent à leurs émotions tandis que d’autres pas, pouvant faire appel à leur raison. 
    Par exemple durant la 2ème guerre mondiale des résistants ont été arrêtés et torturés, mais n’ont pas parlé. 
    Comme je le disais dans mon second post, les émotions peuvent limiter notre libre arbitre. Mais nous pouvons choisir de faire un travail ou pas pour nous en distancer, choix que l’on fait souvent après un événement. 
    Exemple : Au Japon les gens sont exercés aux mesures à prendre en cas de tremblement de terre. Ils ne paniquent pas. Si la même chose se produisait en France ce serait un désastre pour beaucoup. Le choix politique de respecter des normes anti sismiques, d’exercer les gens à la maitrise de soi, qui a pour résultat qu’en cas de tremblement de terre les gens ne paniquent pas et qu’il y a beaucoup moins de victimes, que l’ensemble de ces mesures ne sont pas respectées dans d’autres pays qui ont les mêmes risques bien que sur d’autres types de danger prouve que nous sommes loin du déterminisme, et que le libre arbitre ne dépend pas que de notre seule volonté.

    « Le choix comme je le disais plus haut est variable sur l’échelle du temps, cad que d’ une part il est proportionnel à notre construction et autonomie (un enfant par exemple peut choisir d’ écouter ou pas ses parents), et par ricochets nos actes ont des conséquences avec lesquelles nous devrons faire, d’ une manière ou d’ une autre, par un choix. Sur l’échelle du temps aussi lorsque nous nous apercevons que nous payons le prix d’un choix ou non choix (pulsion), nous choisissons alors de rectifier le tir ou de nous braquer. » Catherine 

    Ta réponse 
    Il semble que vous confondez capacité d’action et choix/décision. Pour vous, on dirait que le fait que les êtres humains agissent ne peut s’expliquer que par une liberté de choix, c’est-à-dire une marge de manœuvre par rapport aux stimulations du milieu extérieur. Or, je ne vois pas comment concevoir une telle sphère (celle de la « marge de manœuvre ») sans avoir à créer comme l’ont fait certains philosophes une sphère complètement fictive d’indétermination au sein de laquelle le sujet pourrait sélectionner de manière purement autonome et dans une indifférence totale ce qu’il va faire des déterminations qui s’exercent sur lui.”

    Je te répond :
    Je ne confond pas au contraire. Je parlais ici de la première échelle du temps qu’est l’enfance et qui du fait d’ une dépendance à la cellule familiale (elle même inclue dans une société avec sa culture etc..), aura un champ restreint de libre arbitre. Nos choix dépendent aussi de la capacité d’ action que nous pouvons avoir dans un contexte politique et social. Mais qu’ils en dépendent ne veut pas dire que cette dépendance ne peut être dépassée. Sinon aucune dictature n’aurait jamais été renversée, aucune révolte n’aurait jamais eu lieu. C’est du déterminisme ça peut être ? 

    Tu dis : 
    “Qui plus est, le fait même que nous puissions apprendre de nos actions passées démontre que ces mêmes action exercent une influence sur nous, une influence qui ne dépend pas de notre propre volonté.”

    Je te répond : 
    Bien sûr et je ne dis pas le contraire ! Ce qui prouve bien qu’il n’y a pas de déterminisme puisque si c’était le cas, pourquoi changerions nous ? 

    Dans quel sens, volonté ? Souhait, préférence, force ? 

    « Si nous n’étions pas des êtres qui choisissent, nous serions soit des légumes, soit enfermés, c’est aussi simple que ça. Quelque soit la manière dont nous procédons pour faire un choix, obligatoire compte tenu de notre confrontation permanente à un environnement, nous en faisons ou bien c’est que nous serions dans la pulsion (ce qui arrive et là ce n’est pas un choix).  » Catherine

    Ta réponse :
    “Faux dilemme. Il n’est pas vrai qu’un monde où nous serions purement déterminés serait un monde de robots ou de légumes. Ça n’est pas parce que nous ne sommes qu’un moment dans une chaîne causale infinie que nous ne sommes pas capables d’action et même de création. Simplement, nous sommes bien plus agit que nous agissons, et nous sommes plus parlés que nous ne pensons parler.
    Je trouve pour ma part qu’il est possible de tirer une certaine joie de ce qu’on participe de quelque chose qui nous dépasse et dont nous ne sommes qu’un moment insignifiant.”

    Alors là, désolée mais c’est du pur sophisme. 

    Reply to this comment
  41. Catherine

    23 Apr 2013

    à 13:22

    Emmanuel, je ne nie pas des différences entre les sexes. Ce que je réfute est une cause biologique pure de différence entre les sexes. A mon sens, c’est bien plus complexe que ça. Les différences sont liées au sexe par des représentations sociales. Pour le comprendre il faut aller du coté de la sociologie et voir l’évolution des sociétés selon les représentations qu’elles ont de tel ou tel sujet et de voir comment les sociétés s’organisent en fonction de celles ci.
    Par exemple le fait que les femmes portent les enfants a participé à des représentations qui ont conduit les sociétés à s’organiser selon des rôles sexués. Mais ces rôles diffèrent selon les sociétés, et selon leurs évolutions politiques et sociales.
    Dire qu’une femme serait par exemple plus empathique qu’un homme relève d’une pensée très courte qui ne va pas creuser sur le pourquoi, ailleurs que dans un motif “par nature”. Idem concernant la violence, qui serait l’apanage “par nature”, des hommes, etc etc etc..
    C’est vraiment intéressant de creuser de ce coté ci, de voir comment, à partir de quoi, nous nous construisons, autrement que par le seul biais biologique. (Si c’était le cas nos sociétés n’auraient pas changées d’ un iota, sauf à penser que des mutations génétiques nous auraient conduitEs à transformer nos sociétés. Et franchement… Ça n’a aucun sens et c’est facilement démontrable).
    Que les hormones et la testostérone nous fassent adopter des comportements est une chose, mais ces comportements d’une part diffèrent d’ un individu à l’autre et s’ils peuvent modifier parfois notre humeur, ils ne sont pas pour autant ce qui fait notre humeur et encore moins notre condition sexuée. Si les neurosciences et les “études” irm (produites dans un contexte et sur un échantillonnage restreint) montrent par exemple que la zone de langage est plus épaisse chez les filles et les femmes et la vision spatiale chez les garçons et les hommes, compte tenu de la plasticité cérébrale qui est variable selon les apprentissages, cela ne veut pas dire que par nature le cerveau feminin serait différent du cerveau masculin mais que les apprentissages et comportement diffèrent, et ce, déjà avant la naissance.

    Reply to this comment
  42. Catherine

    23 Apr 2013

    à 13:22

    Cela dit, faire en sorte de promouvoir l’egalité des droits et des chances et aller dans ce sens est effectivement la meilleure voie. Le problème est que si nous allons dans ce sens, nous sommes contraintEs de par des préjugés persistants de nous battre pour y parvenir, et cela passe par la déconstruction de clichés, en nous basant entre autres sur des études sociologiques. En ne passant que par les neurosciences nous réduisons complètement les évolutions politiques et  sociales possibles. 
    C’est comme partir de “c’est comme ci! ” (fondé sur quelque chose de tres contestable et non prouvé),  et on s’organise en fonction de, plutôt que de partir sur un champ libre “aujourd’hui c’est comme cela, mais ça ne l’a pas toujours été, et ça peut évoluer, donc on ouvre la voie aux évolutions. Et là, on agrandi les possibilités de chacunEs à se réaliser, avec bien sûr des concessions puisque nous vivons en société, mais des concessions plus justes, équitables.

    Reply to this comment
  43. Métèque

    25 Apr 2013

    à 13:22

    Emmanuel dit : « Et comment teste-t-on cette brillante théorie ? Est-elle « falsifiable », au sens de Popper ?

    La « philosophie des sciences » n’est pas une incarnation de la conscience, ni un gage de rationalité. C’est la conscience qui, au travers des sentiments qui l’animent, pilote la science. En doutez-vous? Alors inutile d’essayer d’évacuer la philosophie des raisonnements, même scientifiques. Vous vous intéressez à la neurobiologie en adhérant « au savoir scientifique » mais vous le faites au travers vos propres sentiments, source de votre cohérence psychique. La raison ou la déraison ne peut pas être étrangère aux émotions qui la sous-tends.

    Il y a la sphère naturelle des idées (le cerveau, l’inné, la cause) et la sphère culturelle des idées (le produit, l’acquis, la forme, l’effet) qui n’a rien d’immuable. (Sacré Platon!)

    On peut remettre en question nos acquis (concept et entendement) mais il est inutile d’essayer de « transcender l’inné ». C’est la nature qui fait sa culture et son idéel. Mais il est vrai qu’il est souvent plus facile d’adapter la nature à la norme que de remettre en question la « forme intelligible ». Pourtant, si « Rosa Parks ne s’était pas objectée…

    Génétique et Mémétique. Il suffit de remettre les pendules à l’heure. La nature s’occupe des déterminismes biologiques et la culture (scientifique et philosophique) tente d’en assurer les conditions d’expression et de développement.

    Si les sentiments (besoins intérieurs) sont physiologiquement « prédéterminés» les «comportements» le sont moins, dépendant de la structure affective, de l’environnement naturel et social et de la « culture du sentiment » (philo). On pourra m’objecter que « le sentiment » est un « concept abstrait » au contraire de la matière, je répondrai que c’est malgré tout un mot qui décrit une réalité et qu’il rend compte des pulsions et motivations intérieures.

    Les oiseaux volent grâce ou à cause de leurs déterminismes. L’humain lui construit des objets volants bien identifiés. Cela fait partie de son pouvoir d’action et de création.

    Reply to this comment
  44. guillaume de Lamérie

    12 May 2013

    à 13:22

    Quelques remarques additionnelles après la lecture de deux livres :
    Celui de Daniel C. Dennett, « théorie évolutionniste de la liberté » chez Odile Jacob, ou il explique sur 339 pages que oui, le libre arbitre est possible dans un monde déterministe « La liberté humaine est réelle […] et c’est pourquoi elle peut être étudiée objectivement, d’un point de vue scientifiquement fiable » page 334,
    « les voix non miraculeuse qui permettent de passer sans heurt des atomes stupides aux actions librement choisies […] page 335.
    Je vous laisse découvrir les arguments très denses appuyant son propos.

    Un autre livre, plus récent, « L’impensable Hasard » chez Odile Jacob écrit par Nicolas Gisin (physicien, expérimentateur ayant mise en œuvre la téléportation quantique), préfacé et chaudement recommandé par Alain Aspect (qui a réfuté expérimentalement les inégalités de Bell, validant ainsi le phénomène d’intrication quantique).
    Ou il y expose son interprétation des corrélations non locales, vérifiées expérimentalement à de nombreuses reprises ces dernières décennies et impliquant selon lui l’existence de vrai hasard, « acte de pure création ».
    Quelques citations :

    « Un résultat au vrai hasard n’est pas prévisible car, avant de se manifester, il n’existait pas du tout : il n’était pas nécessaire, sa réalisation est un acte de pure création » Emplacement 481

    « On voit ici pointer l’importance du libre arbitre, ou plus prosaïquement l’importance de la possibilité de faire des choix indépendants : sans choix indépendants, pas de non-localité » Emplacement 1066

    « la nature n’est pas déterministe, elle est capable de réels actes de pure création : elle peut produire du vrai hasard. De plus, une fois qu’on a bien assimilé qu’il s’agit de vrai hasard et pas seulement de quelque chose de préexistant qui nous était caché, on comprend que rien n’empêche ce hasard de se manifester en plusieurs endroits, sans que cela implique une communication entre ces endroits. »
    Emplacement 2219

    « Jusqu’à l’avènement de la physique quantique, toutes les corrélations prédites et observées en science ont été expliquées par des chaînes causales se propageant de proche en proche, donc par des explications locales. Toutes ces explications préquantiques sont également caractérisées par le déterminisme. En principe, tout est déterminé par les conditions initiales. Bien qu’en pratique il soit souvent impossible de suivre en détail ces chaînes causales déterministes, les physiciens ne doutaient pas de leur existence. La physique quantique nous oblige à formuler de nouvelles bonnes explications pour les corrélations non locales. » Emplacement 2239

    « Ainsi, le concept central de ce livre implique forcément l’existence du vrai hasard, donc la fin du déterminisme » Emplacement 2263

    Au final, il semble bien que notre monde ne soit pas entièrement déterministe (au moins au niveau de la physique quantique) et qu’il soit possible, même pour un philosophe matérialiste et athée s’appuyant sur les théories scientifiques, de réfuter la thèse de l’absence de libre arbitre dans un monde déterministe.
    La question est donc toujours débattue, contrairement à ce que nous propose Alexis Mandre.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      13 May 2013

      à 13:22

      Merci Guillaume pour ces retours !

      Je ne sais pas si Dennett fournit des arguments convaincants dans son livre (autre que de dire “oui libre-arbitre est compatible avec déterminisme”) mais je n’avais pas été convaincu par les résumés de ses arguments que j’ai lus sur le web.

      Concernant le 2e livre, je ne remettais pas en cause l’existence de hasard à l’origine de comportements, je les prenais même en compte (cf mon allusion à la “Sainte Trinité” Gènes, Environnement et Stochasticité). Néanmoins, le lien entre cet existence de “pur hasard” et le libre-arbitre ne me paraît toujours pas clair. Tout du moins le “pur hasard” à l’origine du libre-arbitre s’oppose à la conception de libre-arbitre que les gens ont généralement (on est persuadés que “je” prends les décisions et pas le hasard).

      Cela dit, une fois abandonnée cette définition traditionnelle du libre-arbitre, je pense en effet que la physique quantique est la plus à même de nous apporter à l’avenir des réponses sur l’existence ou non du libre-arbitre (cf le premier commentaire, celui de Dr Goulu, et ma réponse).

      A bientôt,
      Al.

      Reply to this comment
  45. Emmanuel

    13 May 2013

    à 13:22

    L’idée que le hasard pur existe ne répond pas à la question : si c’est le hasard qui décide, il n’y a toujours pas de libre arbitre.
    La vrai question est : le conscient peut-il piloter le hasard ou, plus difficile, un système déterministe ? Si oui, comment ?
    Faire appel à la mécanique quantique pour expliquer la conscience, comme ¨Penrose, est tentant, mais ce n’est pas parce qu’on ne comprend ni l’un ni l’autre que l’un explique forcement l’autre.

    Reply to this comment
  46. guillaume de Lamérie

    14 May 2013

    à 13:22

    @ Alexis
    Le bouquin de Dennett est quasiment inrésumable : sa densité, le recours à de multiples notions très diverses (jeux de la vie, dilemme du prisonnier, concepts philosophiques de la liberté, concepts biologiques de l’évolution, concepts physiques…) qui résume 20 ans de pensée et de controverses sur la question rend difficile au final l’extraction de concepts simple. Mais il est important pour moi car il montre que l’idée de l’existence d’un libre arbitre chez l’être humain est compatible avec la pensée matérialiste d’un des meilleurs philosophes contemporains, même au sein d’un univers déterministe.
    La validation théorique et expérimentale de l’existence d’un hasard pur à l’échelle de la physique quantique n’est importante à mes yeux que parce qu’elle invalide l’idée d’un monde déterministe ou seule la contingence (croisement de chaine causale indépendante) et la nécessité aurait le droit de citer.
    Mais je n’arrive pas à voir comment l’existence d’un hasard pur pourrait avoir sa place dans la question du libre arbitre chez le vivant. Tirer au sort pour prendre une décision n’est pour moi au mieux qu’une forme très dégradé du libre arbitre, utile quand rien ne nous permet de faire un choix.
    Le libre arbitre est pour moi une propriété émergente du vivant (et pas exclusivement réservée à l’Homme), en aucun cas une substance dont serait dotée certain corps.
    Je ne suis ni physicien ni biologiste, mais (et je me répète) médecin psychiatre. J’examine régulièrement avec les corpus de la psychiatrie (essentiellement empirique) et de la loi des sujets dont on me demande de dire s’ils sont ou non responsable de leurs actes et capable de discernement. Certains le sont totalement, d’autres pas du tout et d’autres partiellement. Cette capacité dont nous sommes pourvu plus ou moins me semble-être du même ordre qu’une perception sensorielle, un processus cognitif (calcul, langage…), ou que la conscience. Pas plus qu’il n’existe la Vision, la Conscience il n’existe pas de Libre Arbitre, mais le libre arbitre en tant que propriété émergente, construite, sélectionnée par l’évolution au même titre que la conscience, la vision ou la capacité de calcul me semble bien et solidement présente.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      14 May 2013

      à 13:22

      @ Guillaume,

      je n’aimerais pas être à ta place et que mon opinion sur ces sujets aient des implications sur la vie d’autre personnes !

      Tu connais les écrits de Franck Ramus à ce sujet ? http://www.lscp.net/persons/ramus/docs/MEDDRO2011.pdf Je pense qu’il est un peu sollicité pour les mêmes questions que toi.

      Reply to this comment
  47. guillaume de Lamérie

    15 May 2013

    à 13:22

    Le travail d’expertise psy n’est pas toujours facile, mais tellement riche d’enseignement ! La connaissance empirique me semble extrêmement utile sur la question du libre arbitre.

    Je connais un peu Franck Ramus pour l’avoir rencontré et partagé une liste de discussion avec lui, mais je ne connaissais pas cet aspect de ses recherches. Merci pour cette référence, je mets l’article de coté pour une lecture ultérieure !

    Reply to this comment
  48. Métèque

    18 May 2013

    à 13:22

    Le hasard peut-il être la cause d’une chose dans ses structures et fonctions, comme tous les boulons de la Tour Effeil? Le déterminisme et le principe d’indétermination appartiennent au monde de la matière dans ses comportements alors que le hasard touche à l’interaction entre deux causes, à tout ce qui peut influer, affecter ou modifier un mouvement physique. Le hasard n’est pas une cause de matérialisation au contraire du déterminisme (atomes). “La nature ne joue pas aux dés ». Une particule subatomique est un déterminisme en puissance. Ce n’est pas parce qu’un mouvement physique s’avère imprévisible (pour un observateur) qu’il est sans pouvoir d’orientation, et qu’il perd ses capacités de liaisons et de fusion. Une quantité d’énergie parcellisée a et est son propre fondement. Encore une fois ce n’est pas parce l’esprit humain ne peut pas prédire la trajectoire subtile et virevoltante d’une abeille que celle-ci ne dispose pas d’un axe d’orientation qui la ramènera à sa ruche. La lune n’aurait de sens que si elle est regardée et sa révolution comprise?

    On a peut- être tort d’associer le hasard au principe d’indétermination. Déterminisme et indétermination sont corrélatifs et cela concerne le monde atomique et son modus operandi, la matérialisation et les axes d’orientation et de développement possibles ou probables dont l’humain peut faire partie sans présupposés téléologiques. Si il semble y avoir une contradiction entre la PQ et la relativité, c’est possiblement que notre esprit semble incapable d’admettre l’idée que le monde de la matière puisse disposer d’axes d’orientation autonomes, intrinsèques, endogènes sans devoir recourir à une quelconque cause extérieure, absolue ou hasardeuse. Si la biologie n’était que déterminisme comment aurait-on pu évoluer d’homo sapiens à homo sapiens sapiens , du Cro-Magnon à homo fabulus? C’est parce que matière s’organise que l’être humain est, par prolongement, capable d’organisation, comme la plupart des animaux.

    Le fond crée la forme. Il ne faut pas confondre le rôle déterminant de l’atome qui autorise une matérialisation avec ses comportements, c’est-à-dire sa capacité d’action et de réaction et son potentiel de liaisons physiques (principe d’intermination).

    En ce qui concerne le libre arbitre, il en appelle d’une « autorité en soi ». Tout dépend de l’état du soi. Fonction et dysfonction reposent sur les même déterminismes selon qu’ils soient « intacts ou altérés ».L’affect (le corps) est le déterminisme de l’esprit ou de l’état d’esprit. La cohérence psychique est un processus intérieur, faillible et perturbable.

    Reply to this comment
  49. [...] Est-ce là un argument en faveur de l’existence de notre libre-arbitre (pour répondre à la question d’Homo Fabulus)? Je n’aime pas beaucoup les analogies faciles entre l’indétermination quantique et [...]

    Reply to this comment
  50. Barnabé

    27 May 2013

    à 13:22

    La lecture de cet article et des commentaires de guillaume de Lamérie m’a interpelé sur un point :

    En considérant que

    - dans les établissements pénitentiaires, le pourcentage de personnes souffrant de trouble de la personnalité antisociale est estimé à un maximum de 75 % (http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnalit%C3%A9_antisociale#.C3.89pid.C3.A9miologie)

    - ce trouble est caractérisé par l’impulsivité, ou incapacité à prévoir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnalit%C3%A9_antisociale#DSM-IV-TR)

    - L’impulsivité est un trait de personnalité caractérisé par un comportement direct adopté par un individu sans que celui-ci ne pense aux conséquences de ses actes. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Impulsivit%C3%A9)

    - L’impulsivité, souvent liée à certaines formes d’agressivité interindividuelle ou retournée contre soi, a des bases neurobiologique, notamment liées à un déficit en sérotonine. Elle peut aussi être une réponse à certaines formes de stress. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Impulsivit%C3%A9#M.C3.A9canisme)

    Ce n’est que mon raisonnement, mais il semble qu’au delà de la détermination de l’existence du libre arbitre, nous prenons déjà le parti de juger responsable de leurs actes des individus jugés médicalement irresponsables de leurs actes.

    N’est-ce pas contradictoire ? Cela ne traduit-il pas un dysfonctionnement dans la détermination de la responsabilité à un niveau légal ? Ainsi qu’un dysfonctionnement dans les procédures de traitement et de prévention des situations qui nuisent à l’équilibre et au développement social ?

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      7 Jul 2013

      à 13:22

      Je ne suis pas spécialiste mais il me semble quand même que les peines sont moins sévères dans beaucoup de cas où la personne est jugée irresponsable? Après cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas quand même un peu condamner ces personnes, ce qui explique les % en prison.

      Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il y a du dysfonctionnement ou tout du moins des choses pas très logiques, peut-être un manque de réflexion, mais ce sont des questions très récentes pas facile d’avoir un avis tranché.

      Reply to this comment
  51. KidB

    29 Jun 2013

    à 13:22

    Je viens de me lancer dans la lecture de ce passionnant débat et je dois dire que je me pose énormément de questions sur le sujet, mais bon, comme nous tous hein !? Sinon nous ne serions pas là :)
    Bref toujours est-il que je trouve intéressant le fait de se dire que si le libre-arbitre n’existait pas, finalement rien ne changerai. Concrètement, si nous sommes juste le canal servant à exprimer une succession d’éléments déterminés qui nous ont construits, il va s’en dire qu’une justice doit malgré tout être présente, sans quoi ce serait clairement le chaos. Je ne dis pas que le système judiciaire doit rester le même mais finalement, je pense que ça ne changerai peut-être pas autant la face du monde de prouver l’indéterminisme total que certains aiment à le croire. Qu’en pensez-vous ?

    Reply to this comment
    • KidB

      29 Jun 2013

      à 13:22

      de prouver le déterminisme je voulais dire ^^

      Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      7 Jul 2013

      à 13:22

      Je suis assez d’accord avec vous. Le jour où a été avancée l’idée que les Hommes sont des cousins des singes, certains ont prédit l’apocalypse si cette nouvelle venait à s’ébruiter. Rien n’en a été ainsi, les Hommes s’en foutent en fait. :) Même si nous ne sommes pas responsables de nos actes, la justice est toujours nécessaire car elle fait partie de ce qui détermine nos actions.

      Reply to this comment
      • KidB

        11 Jul 2013

        à 13:22

        Tout à fait. Autrement dit, arrêtons un peu de nous prendre la tête, parce qu’à trop lire d’articles sur le sujet, il y a un peu de quoi devenir fou :-)

        Reply to this comment
  52. Jérôme V

    19 Jul 2013

    à 13:22

    Bonjour,

    Je suis un peu troublé à la lecture de cet article dans lequel je retrouve tellement de choses précises qui me chiffonnent souvent et que je ne lis nulle part. Je n’ai pas encore lu tous les commentaires (ça ne saurait tarder), mais je ne résiste pas à la tentation de rajouter tardivement mon grain de sel à cette belle montagne.

    Je vois 2 définitions au libre-arbitre (qui reprennent finalement le propos de l’article, il me semble):
    -soit le libre-arbitre est la capacité de prendre des décisions rationnelles (alors oui, le libre-arbitre existe),
    -soit il postule l’existence d’une sorte de “Moi” extrêmement vague hors de la causalité scientifique, hors du chaos déterministe, et que, à vrai dire, je ne cerne pas du tout (alors non, a priori, le libre-arbitre n’existe pas).

    La conscience est-elle spectatrice pour autant ? C’est ce que je me demandais un temps, mais finalement je pense que non, car il me semble qu’elle CONSTITUE (entre autres) ce phénomène de prise de décision rationnelle (quand tout va bien).

    Et comme certains commentaires l’évoquent, une cascade de conséquences peut en découler, par exemple sur les notions de mérite, de culpabilité ou sur la justice qui pourrait être interprétée (depuis mon fauteuil …) comme une autoprotection de la société et comme une aide à l’individu sanctionné, et non pas comme l’expression d’une vengeance (à moins que la notion de “vengeance” soit redéfinie comme une forme d’aide ou de sociabilité).

    Le sujet est infini, merci beaucoup en tout cas pour l’article.

    Reply to this comment
    • Alexis Mandre

      14 Nov 2013

      à 13:22

      Et moi je suis troublé de vous avoir troublé ! (désolé pour la réponse tardive).

      Merci de vos réflexions supplémentaires.

      Reply to this comment
  53. Laurine

    2 Oct 2014

    à 13:22

    Merci pour cet article! Un jour, sans raison (excepté qu’en fait si..), j’ai pensé cela à peu près ainsi “mais, si on n’est que génétique et environnement (comme appris au lycée), alors on n’a pas de libre arbitre…?!”. Une petite recherche google (“libre arbitre conscience environnement génétique”) m’a permis d’arriver directement sur votre site, et j’en suis ravie! C’est donc bien vrai. Perturbant en premier lieu, ensuite on s’habitue.

    Par rapport à la question de Rita Carter, une des réponse possible pourrait s’apparenter à la théorie de David Bohm tentant d’expliquer et de rationaliser (oui!) la physique quantique. Il est possible de résumer cela (grossièrement malheureusement) ainsi: notre monde serait une simulation créée par un potentiel. Ce dernier, par expérimentation, par création de concept (On, Off, premièrement binairement, Blanc, Noir, pour y ajouter par la suite toutes les nuances) aboutit à sa propre compréhension (sa “conscience”). En continuant à créer, tester, simuler, on peut alors imaginer que cela aurait aboutit à notre big bang, l’évolution qui s’en suivit débouchant sur notre conscience, et sur notre douce impression de libre arbitre, alors que nous ne pourrions être, au final, que part d’une “simple” simulation.

    Si vous voulez en savoir plus, je vous redirige vers : http://protocol00.tumblr.com/post/86627983801/skeletondan-eridanxroxy-deepthroatmom
    ou vers le livre (scientifique et assez complexe) de Teodorani sur “David Bohm – La Physique de l’Infini” (achetable sur amazon ou téléchargeable illégalement sur l’internet..)

    Pour ma part, je m’en vais découvrir d’autres de vos articles! Bonne continuation.

    Reply to this comment
    • Laurine

      2 Oct 2014

      à 13:22

      *et donc ce potentiel utilise notre conscience (déterminée) pour continuer à expérimenter et à (se) comprendre. Notre (impression de) libre-arbitre est alors nécessaire afin que nous nous imaginions comme “conscience” plus que comme “simple matière pensante”.. D’autre par, cette illusion de libre arbitre doit être bien utile d’un point vue de lutte pour notre survie!

      (effectivement, l’icône aléatoire me donne l’air bien stupide)

      Reply to this comment
  54. Dybwa

    21 Oct 2014

    à 13:22

    Je vais utiliser mon libre-arbitre pour ne pas prendre part à ce débat !

    Reply to this comment

Réagissez !

Commentez, critiquez, ajoutez vos idées... Et n'oubliez pas d'inclure les liens vers vos sources quand elles sont disponibles !

Si vous ne voulez pas être représenté par une stupide icône aléatoire, réservez votre gravatar.